Les incontournables de juillet et août
Dans les jardins du XXIe siècle
Jusqu'au 21 septembre au musée départemental Albert-Kahn, la troisième édition du festival de photographie Mondes en commun inventorie nos manières d'habiter la planète.
Mondes en commun s'inscrit dans la descendance des Archoves de la Planète, un ensemble d'images réalisé au début du XXe siècle qui constitue le coeur des collections du musée départemental : il s'agit d'aller, ici ou ailleurs, regarder comment nous partageons la nature vivante. Organisé en partenariat par le Département et l'association des Amis du musée - laquelle décerne et finane un prix -, le festival multiplie les points de vue sur la place de l'humain dans la nature, fût-elle surnaturelle comme celle dans ancêtres revenants de la série Egungun du photographe béninois Léonce Agbodjelou, lauréat de cette saison. L'intensité des couleurs, des costumes et des coutumes répond ainsi, du plus profond d'une tradition enracinée dans le vodun, à celle légère et facétieuse des Exactitudes du binôme néerlandais Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek qui épingle notre civilisation écartelée entre la singularité de chacun et l'uniformité des communautés sociales. Les oiseaux fragiles, les champignons exubérants, le défilé des métiers sur piédestal ou l'inventaire des immeubles au numéro un des rues de Paris - " mention spéciale " des Amis du musée pour Thierry Boët - font partir des propositions internationales exposées en grand format et la plupart en plein air durant tout l'été.
Des nuages passent
Fontenay-aux-Roses accueille à la médiathèque jusqu'au 26 août une exposition rétrospective à l'occasion du centenaire de la naissance de J.J. Rigal, graveur et peintre.
À quatre ans, Jacques Joachim Jean Rigal (1926-1997) reçoit des mains de son père Edmond un nécessaire de gravure, comme pour le conduire sur le chemin. Un chemin qu'il creuse autour de la rue Guérard à Fontenay-aux-Roses où la famille s'est installée en 1927 et où J.J. Rigal – sa signature d'artiste – s'éteindra après avoir un peu voyagé et beaucoup prolongé le savoir-faire paternel. À 8 ans, sa première exposition était préfacée par André Malraux. Le dessin et la peinture, il les travaille avec Pierre Bonnard, leur voisin de Fontenay ; sa bibliophilie passe par un autre voisin, Paul Léautaud : on ne peut donc faire plus fontenaisien que ce grand de la gravure française au XXᵉ siècle, maître de la technique exigeante de l'aquatinte : « Telles des étoiles dans le firmament, les innombrables grains de colophane saupoudrés sur le cuivre puis chauffés et mordus par l'acide, les couleurs riches et profondes juxtaposées et superposées contribuent à l'impalpable mystère de l'aquatinte pour suggérer l'harmonie musicale et irréelle souvent inattendue que je souhaite. » L'exposition de la médiathèque sera suivie d'un autre temps fort du centenaire, consacré plus particulièrement à l'œuvre peinte de Rigal, à partir du 8 septembre à l'espace Rosa-Bonheur.
J.J. Rigal, graveur et peintre, fontenay-aux-roses.fr
L'art en partage
Depuis trois ans, le Centre d'Art Contemporain de Malakoff a évolué « centre d'art nourricier » attentif aux enjeux sociétaux et environnementaux. Avec 76 artistes et un centaine d'œuvres, principalement des multiples et des affiches, le cycle À domicile – artothèque, jusqu'au 10 octobre, « s'inscrit dans un modèle d'économie contributive, pour rendre accessibles et partageables des œuvres ». Un dispositif scénographique établi en collaboration avec l'artiste Josselin Vidalenc accompagne la prise en main des œuvres, leur emballage, un mur d'exercice joue avec la notion d'accrochage : « À domicile – artothèque » est un terrain ludique de découverte de l'art : on choisit, on teste, on déplace, on change d'avis. On crée des histoires.
Fleurs impériales
Le parfum des Roses & Pivoines embaume le château de Bois-Préau, musée national à Rueil-Malmaison. Un dialogue délicat s'instaure entre les aquarelles et planches botaniques en couleur de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), le « Raphaël des fleurs » dont Joséphine fut la mécène, et une vingtaine d'oeuvres en noir et blanc de l'artiste allemand Thilo Westermann (né en 1980), dont la technique démontre une passion minutieuse pour l'univers floral, incisant point par point une couche de peinture noire sur le verso d'une plaque de verre pour y faire apparaître le motif dont il révèle les ombres et les plans en appliquant une couche de peinture blanche. Conçu avec l'École supérieure du parfum et de la cosmétique, un chemin sensoriel de rose et de pivoine enrichit l'exposition - que l'on se doit de prolonger par une promenade dans les jardins.
Nature et sculpture
La Fondation Arp à Clamart engage jusqu’au 20 décembre un dialogue entre l’art du maître des lieux et celui de son voisin meudonnais : Arp Stahly, histoires naturelles.
Le mot « organique » fait partie du vocabulaire artistique contemporain ; pour un peu, tout serait organique : une performance, un spectacle vivant, une musique, sans que l’on sache exactement ce que cela recouvre, sinon une structure en développement, une inspiration en mouvement, bref, de la vie. Or, s’il y a bien quelque chose d’organique dans l’histoire de la sculpture moderne, ce sont les formes nées de l’observation de la nature dans l’œuvre de Jean Arp (1886-1966) et celle de François Stahly (1911-2006) : « Plantes, pousses et torses croissent et se répondent, en gardant toujours l’aléatoire et le vivant comme base de l’expression des artistes. Dans un dialogue de creux et de courbes, leurs œuvres s’animent d’un souffle biomorphique », écrivent les commissaires de l’exposition consacrée à deux maîtres de l’art moderne. Deux sculpteurs d’origine germanique et de résidence française qui se sont à peine croisés mais qui partagent un imaginaire de palpitations lentes, innervées, où la nature se réinvente corps de femme et architecture géométrique. Côte à côte, face à face, ensemble ou séparément, leurs « histoires naturelles » sont de toute beauté.
Bain de forêt
L’été, le vagabondage est un art de vivre au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups, transformé en cour de récréation culturelle.
Les Japonais appellent cela shinrin-yoku (« bain de forêt »), notre culture penche plutôt pour la « sylvothérapie » : vous avez sans doute déjà expérimenté ce bien-être assez indescriptible de l’enchantement sous les frondaisons – ce qui tombe assez bien dans le parc de l’enchanteur Chateaubriand ! Certains alors vont jusqu’à embrasser les arbres dans un geste que l’artiste botanique Christophe Guinet, alias Monsieur Plant, traduit en mousse avec son installation Tree Hug autour des troncs des arbres plantés chez lui par l’écrivain romantique. Présentée dans le cadre des Jardins ouverts en Île-de-France, l’œuvre poétique, aussi belle que souriante, signe « la possibilité d’une réconciliation entre l’humain et son environnement » et accompagne notre été au jardin. On y suivra des visites contées par le personnage de Benjamin, le jardinier des Chateaubriand, et des visites guidées par une élégante en costume d’époque, détentrice des clés de la Chapelle et de la tour Velléda – qui nous sont ordinairement fermées – et de pas mal de secrets de voyage dans le temps des artistes romantiques. Des lectures provençales à haute voix et des légendes d’arbres magiques à travers le monde complètent le programme. Réservations sur le site.
Electrique éclectique
Les plus jeunes festivaliers de l'édition 2026 n'étaient pas nés quand le premier Rock en Seine branchait les amplis de Massive Attack, PJ Harvey, Beck... il y a maintenant plus de 20 ans dans le parc du domaine national de Saint-Cloud. On annonce cette année jusqu'à 180 000 spectateurs en cinq jours, plus de 80 concerts sur quatre scènes, à partir du mercredi 26 août. Avec en têtes d'affiche Tyler The Creator, Lorde, Nick Cave and The Bad Seeds, Deftones, quantité de pointures - Franz Ferdinand, The Black Keys - et une multiude de talents émergents ou révéléscomme Wet Leg. Pour les stars du dimanche 30 août - The Cure - et leurs voisins de scène Interpol ou Mogwai, le seul espoir réside dans l'officielle bourse aux billets, mais il faut être très très réactif...
Salon d'été
Les Estivales de Sceaux, festival d'art contemporain du Grand Paris, sont placées sous la direction artistique du commissaire d'exposition Christophe Delavault. La galeriste Marion Papillon et le plasticien Lionel Sabatté - Sculpteur d'immenses bestiaires étranges, photographe d'images sous la poussière, fouilleur d'une abstractionde terre et de feu qui semble remonter au paléolithique - en parrainent la 8e édition et font partir du jury qui a sélectionné les oeuvres présentées à l'hôtel de ville. Si vous avez peur de l'art contemporain, réservez sans crainte pour une visite commentée et gratuite. Et si vous êtes simplement curieux, les visites libres sont ouvertes jusqu'au 5 septembre.




































