Le parc départemental André-Malraux, un espace de verdure du Département des Hauts-de-Seine situé au pied de La Défense.

Le parc départemental Gauthier-Mougin, une respiration face à la Seine

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Nature Culture Sculpture

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Samedi 31 janvier, Georges Siffredi et Pierre-Christophe Baguet, étaient entourés, à gauche, de Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris et de Laurence-Souleau Mougin, veuve de Gauthier Mougin ; à droite, de Sophie Deschiens, conseillère régionale ainsi que d’Yves Révillon, vice-président du Département en charge de l’environnement.CD92/WILLY LABRE
De la friche industrielle à l’île jardin, l’ancien site Renault vit un renouveau. Samedi 31 janvier a été inaugurée la première tranche du parc départemental Gauthier-Mougin, un espace qui allie nature et culture en invitant à découvrir pas moins de onze œuvres monumentales en plein air.

Sitôt ouvertes les grilles, les visiteurs prennent d’assaut les allées en stabilisé. Il y a là les joggers qui hument l’air des berges et les promeneurs, dont certains s’accoudent au « bastingage » de l’île paquebot ou marquent une pause devant les nombreuses œuvres d’art. Lézarder au soleil sur la grande pelouse s’avère prématuré mais les qualificatifs sont unanimes : calme, sérénité, respiration. « L’ouverture d’un parc est très émouvante. On peut se dire que c’est la fin de quelque chose mais pour nous paysagistes, tout commence », se réjouit Michel Desvigne, grand prix de l’urbanisme 2011 dont le geste, une grande pelouse inclinée plein sud face à la Seine, tire tout le parti de ce beau méandre du Val de Seine. « Je rêvais, ayant vu des tableaux impressionnistes et de photos d’Henri Cartier Bresson, d’une pente enherbée en bord de Seine où venir s’allonger en regardant le paysage sans qu’une profusion d’équipements ne viennent la troubler : le luxe de ce parc, c’’est sa simplicité. »

Si d’aucuns ont en mémoire le jardin provisoire ouvert de 2010 à 2016, il s’agit là de la première surface végétalisée définitive de l’île, artificialisée depuis les tanneries d’Armand Seguin au XIXe siècle et bâtie dans ses moindres interstices sous l’ère Renault. Sa réalisation par la SPL Val de Seine Aménagement a été financée par le Département à hauteur de 24 millions d’euros ; elle a dans le même mouvement été intégrée aux parcs et jardins en tant que 30e espace naturel sensible départemental. « Son ouverture marque le point final de notre stratégie nature départementale pour la période 2021-2026 qui a permis de valoriser et de renforcer la trame éco-paysagère altoséquanaise et de mettre à disposition des Alto-Séquanais 20 hectares de parc supplémentaires, indique Georges Siffredi. Face au changement climatique, ils constituent chaque jour une ressource de plus en plus précieuse. »

Site modèle

« Un effort d’imagination » est toutefois nécessaire pour entrevoir le parc dans son complet épanouissement. Sur la voie sud, les peupliers et le saules berges formeront avec le temps une voûte au-dessus des promeneurs. « Il faudra y ajouter tous les arbres des berges basses, le fleuve sera en quelque sorte amplifié par cette végétation », dit Michel Desvigne. Quant aux bosquets de chênes de la pelouse, ils sont comme « échappés du futur boisement » réalisé à horizon 2029-2030. « Le parc définitif ce sera cette clairière entourée d’un bois. L’île qui fait 11,5 hectares comportera 7,6 hectares d’espaces publics, 2,5 hectares de parc, une pelouse et un boisement à l’arrière et près d’un hectare de berges ouvertes à la promenade, ce qui considérable. »

« Après l’inauguration de La Seine Musicale en 2017 et l’aménagement de ses abords, puis l’ouverture en septembre de la passerelle qui la relie directement au métro, ce parc marque une étape décisive dans l’aménagement de l’île Seguin (entamé il y a plus de 20 ans, après dix années de déconstruction et dépollution, NDLR), souligne Georges Siffredi.  Il symbolise notre volonté de faire de l’île un lieu de vie animé, aux multiples activités et services qui contribue à la qualité de vie des Altoséquanais. » Son nom rend hommage à Gauthier-Mougin, ancien président de la SPL Val de Seine Aménagement et premier adjoint au maire, qui s’était jusqu’à son décès en 2021, voué corps et âme au renouveau de l’île Seguin et des quartiers attenants de Boulogne-Billancourt.

Une déambulation culturelle à ciel ouvert

L’empreinte de pneu de Peter Stämpfli, incorporée à même la grande pelouse, Le Grand Labour de Didier Marcel, la banquette Extase de Tiphaine Calmettes où la végétation laissera sa marque, la Pierre d’Abraham Poincheval qui a moulé son corps à l’intérieur d’un rocher où les enfants s’installent déjà… Issues de prêts du fonds de dotation Emerige, du Centre national des arts plastiques et du fonds régional d’art contemporain d’île de France, ces onze œuvres déclinent la thématique de la trace et de l’empreinte.   « Nous voulons faire de nos parcs de véritables musées à ciel ouvert et cette dynamique prend vie à Boulogne-Billancourt, souligne Georges Siffredi. Ces œuvres font de l’ile Seguin le phare de notre Vallée de la culture altoséquanaise, avant même l’ouverture de la Pointe des Arts, qui offrira un panorama sur l’art contemporain et un cinéma de dernière génération. » À découvrir également, Cuadrato de Bruno Romeda ou la Sphère Coupée 226 de Marta Pan, distinguée par le Prix Praemium Imperiale du Japon, équivalent du Prix Nobel pour les Arts plastiques ou le Tot’aime, Monument au vivant, de Castelbajac, déplacé vers l’entrée du nouveau parc. « Ce parcours, qui doit se poursuivre sur les autres espaces publics, permettra de découvrir des artistes extraordinaires qui ont marqué de leur empreinte le territoire. Nous obtiendrons le parc de sculptures le plus envié de France, voire au plan international », estime Laurent Dumas, président d’Emerige.