Les expositions dans les musées départementaux et aux archives départementales

L’exposition La Curiosité à l’œuvre, la collection de dessins de Pierre Rosenberg, présente au pavillon de préfiguration du musée du Grand Siècle, une sélection d’œuvres rassemblées par le mécène. Pour mieux comprendre cette collection unique, le musée du Grand Siècle vous propose un cycle de conférences, assuré par des spécialistes de la période. Une programmation qui sera clôturée par une rencontre exceptionnelle avec Pierre Rosenberg. Les inscriptions sont ouvertes.  En savoir plus et s'inscrire 

Le 2 décembre 2022, le Petit château de Sceaux a rouvert ses portes avec une nouvelle exposition et un nouveau parcours de visite. 

Le Pavillon de préfiguration du musée du Grand Siècle a connu une nouvelle métamorphose après une première phase d’ouverture en 2021. « À l’usage, le système de climatisation préexistant s’est révélé insuffisant pour répondre aux normes muséales, explique Alexandre Gady, directeur de la Mission de préfiguration. Nous avons mis à profit des travaux indispensables pour gagner deux salles supplémentaires et rétablir une distribution logique dans le Petit château. Ce bâtiment accueillera les expositions du musée du Domaine départemental de Sceaux une fois le musée du Grand Siècle  ouvert en 2026 à Saint-Cloud. »

Au fil de la visite
Après la maquette du futur musée, matérialisation du projet de l’architecte Rudy Ricciotti  la nouvelle exposition permanente dévoile les thèmes majeurs du musée du Grand Siècle, à commencer par le pouvoir. Des portraits immortalisent en grand format Louis XIV et des membres de la famille royale, dont le Grand Dauphin et le Grand Condé, ainsi que d’illustres militaires et parlementaires. Entre cour et jardin, une salle se consacre ensuite à l’art de vivre. « C’est un aperçu de l’art décoratif des grandes demeures du XVIIe siècle en attendant la reconstitution d’un appartement que nous préparons pour le futur musée. Nous exposons des meubles, des objets d’art - deux captifs en bronze attribués à François et Michel Anguier -, et des modelli de décors peints pour des plafonds. » La foi, élément central de la vie à l’époque, occupe une salle du premier étage avec des tableaux religieux inspirés du Nouveau Testament, un crucifix, une chasuble… « Un petit espace attenant préfigure le futur "cabinet des collectionneurs", précise Alexandre Gady. L’ambiance y est celle d’une maison, avec des tableaux à touche-touche suivant un accrochage ni thématique, ni chronologique, mais guidé par le goût du collectionneur, rappel de l’esprit de la donation de Pierre Rosenberg. »
En fin de visite, portraits et scènes de genre introduisent le visiteur dans l’intimité de la société française : une mère regarde ses enfants jouer au pousse-épingle, des enfants sont à leur ouvrage, une femme est à un bal masqué, une rixe éclate… « Ce parcours est aussi une bonne manière de "tester" la présentation des oeuvres du futur musée, conclut Alexandre Gady. Nous venons ainsi d’ajouter sur certains cartels des QR codes vers des podcasts dédiés à des oeuvres emblématiques. » Autant de belles découvertes qui attendent les visiteurs.  (Guide Vallée-Culture n°65 - novembre-décembre 2022)

L’exposition temporaire

Invité d’honneur du Salon du Dessin qui s’est tenu au Palais de la Bourse en mai dernier à Paris, le musée du Grand Siècle prolonge en décembre sa saison graphique au Petit Château de Sceaux à travers l’expositionLa Curiosité à l’œuvredessins de la donation Pierre Rosenberg. Fruit de soixante ans d’acquisitions par l’un des meilleurs spécialistes de l’art, cette collection éclectique allant du XVIe au XXe siècle et qui constituera le noyau du futur musée du Grand Siècle, comporte aussi bien des feuilles importantes de grands maîtres (Baroche, Guerchin, Claude Lorrain, Nicolas Poussin, Fragonard) que quelques surprises (redécouvertes d’artistes méconnus, caricatures…).
Du 2 décembre 2022 au 5 mars 2023
Tarif : 4 € - Tarif réduit : 3 €

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Michel Dorigny (1616-1665) Homme ailé et étude de bras tenant un disque, pierre noire, rehauts de blanc sur papier beige, musée du Grand Siècle, donation Pierre Rosenberg © Suzanne Nagy
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Georges Dorignac (1879-1925) Portrait noir de profil dit l’Egyptienne, 1913, musée du Grand Siècle, donation Pierre Rosenberg. © Suzanne Nag

Le parcours permanent

Agrandi de deux nouvelles salles et doté d’un espace d’exposition temporaire, le Petit château rouvre ses portes avec un parcours amplifié.
Après une salle introductive présentant le projet architectural du musée à Saint-Cloud, les acquisitions faites pour celui-ci, auxquelles ont été ajoutées durant la fermeture des œuvres importantes, se déploient désormais dans quatre salles thématiques. Le pouvoir est illustré par des portraits du roi et de la famille royale, mais aussi par ceux de grands militaires et de parlementaires. Tableaux d’autel et de dévotion privée permettent ensuite d’aborder la question de la foi. L’art de vivre est évoqué par des éléments de grand décor ainsi que des objets d’art et mobiliers. La société, enfin, est donnée à voir par des représentations de la vie quotidienne, mais aussi par des objets liés aux lettres et aux sciences.
De 13h à 17h
Tarif : 4 € - Tarif réduit : 3 €

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Grand Dauphin huile sur toile  D'après Mignard  ©DR

nullPierre MIGNARD, Ecce Homo, v. 1685, huile sur toile  Musée du Grand Siècle ©DR
nullCharles Le Brun (1609-1690) Le Char d’Apollon, vers 1650, huile sur toile, Musée du Grand Siècle ©DRnullLE-NAIN (entourage des frères), Les Enfants à leur ouvrage, vers 1640, huile sur toile, Musée du Grand Siècle ©DR
Visites sonores - Podcasts

Ecoutez des micros fictions et découvrez quelques œuvres majeures du musée du Grand Siècle.
Huit pastilles sonores enregistrées (podcasts) à destination de tous les publics à partir de 12 ans, autour des œuvres phares de la collection, sont disponibles gratuitement en téléchargement avec son smartphone et ses écouteurs personnels. Écoute au Petit château devant les œuvres, ou en ligne.
Gratuit.

Livrets de visite pour les familles

Le Grand Siècle des enfants !
Les familles sont à l’honneur au Petit château avec six livrets thématiques destinés aux enfants à partir de 3 ans. Avec un support de visite conçu spécifiquement pour les adultes désireux de guider des enfants ou des petits-enfants au musée, le musée du Grand Siècle propose six parcours de visites différents :
♦ Le spectacle de la nature. Arbre, fleur, fruit, rivière, jardin… comment la nature apparait-elle dans les œuvres ? 
Se coiffer au Grand Siècle. Perruque, diadème, aigrette, chignon… comment se coiffe-t-on au Grand Siècle ?
Sur la piste des animaux. Chat, chien, cheval, chèvre, perroquet… quels animaux retrouve-t-on dans les œuvres ?
Le monde des êtres volants. Chimère, angelot, renommée, divinité ailée… qui sont les êtres volants qui peuplent les œuvres ?
L’enfance au Grand Siècle. Bébé, fille, garçon, enfant sage, enfant joueur… qui sont les enfants au Grand Siècle ?
S’habiller au Grand Siècle. Manteau, culotte, fraise, chapeau… comment s’habille-t-on au Grand Siècle ?

Livret de visite en autonomie à emprunter à l’accueil
Tarif d’entrée au Petit château : 4 € pour les adultes, gratuit pour les enfants

Publication

Pour mieux découvrir cette collection unique, un catalogue complète cette exposition.
Publié à l’occasion du Salon du Dessin 2022 (18 au 23 mai 2022), puis de l’exposition au musée du Grand Siècle au Petit château de Sceaux (2 décembre 2022 au 5 mars 2023), cet ouvrage présente une cinquantaine de dessins français et italiens choisis parmi les plus belles feuilles de la donation de Pierre Rosenberg. Cette publication permet de révéler, pour la première fois, l’originalité et la richesse de cette collection éclectique, accumulée par l’un des plus grands historiens de l’art français.

Rendez-vous

Cycle Dessins :
« Dessiner à l’aube du Grand Siècle »
Dominique Cordellier, conservateur général au département des Arts graphiques du musée du Louvre
Jeudi 12 janvier 2023

« Pratiques d’ateliers et techniques du dessin dans la France du Grand Siècle »
Bénédicte Gady, conservatrice du Patrimoine en charge des collections d’arts graphiques du Musée des Arts décoratifs
Jeudi 19 janvier 2023

« Entre nature et idéal »
Frédérique Lanoë, conservatrice chargée des arts graphiques, Mission de préfiguration du musée du Grand Siècle
Jeudi 26 janvier 2023

« Dessiner l’architecture »
Alexandre Gady, directeur de la Mission préfiguration du musée du Grand Siècle
Jeudi 2 février 2023

« Collectionner les dessins anciens »
Conversation avec Pierre Rosenberg, membre de l’Académie française, ancien Président-directeur du musée du Louvre. Avec Frédérique Lanoë conservatrice chargée des arts graphiques, et Alexandre Gady, directeur de la Mission préfiguration du musée du Grand Siècle
Jeudi 9 février 2023

Petit Château de Sceaux, salle de conférences
18h00. Durée 1h30
Tarif : 6 € - Tarif réduit : 4 €

Informations pratiques

Petit château de Sceaux – Pavillon de préfiguration du musée du Grand Siècle
9 rue du Docteur-Berger
92 330 Sceaux

Achat des billets : au distributeur de billets dans la cour du Petit château (paiement en CB)
Informations : https://museedugrandsiecle.hauts-de-seine.fr/

Le Département propose un voyage dans le temps à travers cette exposition inédite en plein air, qui se tient dans le parc de l’Île Saint Germain à Issy-les-Moulineaux du 10 novembre 2022 au 30 juin 2023. L’exposition retrace l’aventure des débuts de l’aéronautique dans les Hauts-de-Seine qui commence avec les premiers ballons militaires, au château de Meudon, à la fin du XVIIIe siècle.

 

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Astra Ville de Bruxelles, Issy-les-Moulineaux en juillet 1909 ©Monde et Caméra / Coll. musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget

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Astra Torres, Issy-les-Moulineaux 1911 ©Monde et Caméra / Coll. musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget

L’histoire des ballons et des dirigeables est un aspect de l’histoire aéronautique méconnu dans les Hauts-de-Seine. Il a pourtant laissé une trace photographique extraordinaire. Ces objets singuliers bénéficiaient à l’époque d’une couverture médiatique importante. Les clichés qui leur furent consacrés permettent de contempler aujourd’hui les Hauts-de-Seine entre 1884 et 1914.
Trois lieux des Hauts-de-Seine qui ont accueilli ces engins volants : Saint-Cloud, avec le premier aéroclub mondial (l’actuel Stade municipal des Coteaux), Issy-les-Moulineaux, au sein de sonterrain de manœuvre, devenu par la suite l’héliport de Paris et les usines proches de Surcouf Astra à Boulogne et le site de Meudon Chalais, dédié aux essais militaires et aéronautiques par la Convention républicaine en 1793. Ce dernier devint le lieu de nouveaux essais publics à la fin du XIXe siècle.
L'exposition est réalisée à partir de photos et plans provenant des Archives départementales des Hauts-de-Seine, des Archives de Boulogne, du Musée de la carte à jouer d’Issy-les-Moulineaux et du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

 

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Le dirigeable République au-dessus de Saint-Cloud. © Archives départementales des Hauts-de-Seine
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Panorama sur la Seine depuis Sèvres avec l’Astra Clément Bayard © Archives départementales des Hauts-de-Seine


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La France ,Fonds Renard R 1054, photo prise de l’observatoire de Meudon le 23 septembre 1883 ©Observatoire de Meudon / Coll. musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget
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Dirigeable Lebaudy Republique à Meudon © Monde et Caméra / Coll. musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget

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Dirigeable Zodiac Conte de la Vaulx au-dessus de la passerelle du Avre © Monde et Caméra / Coll. musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget

Dédiée à l’histoire des mobilités, l'exposition retrace l’évolution des moyens de transports dans les Hauts-de- Seine et traite également de la structuration de la banlieue, de la conception des réseaux et des relations entre Paris et sa périphérie.  Elle commence avec une carte de la France en 1700, lorsque l’administration de Colbert prend conscience de l’état du réseau routier quasiment inchangé depuis l’époque romaine, et s’empare de la question. Les Ponts et Chaussée sont créés, un réseau en étoile se développe autour de Paris et des ouvrages d’art sont construits. Plans, gravures et notes évoquent ainsi le pont en pierre de l’architecte Perronet qui remplace l’ancien pont de Neuilly en bois.
 

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Photographie de la reconstruction du pont de Suresnes. Cliché H. Baranger (1941) © CD92/Archives départementales

Accélération

Au XIXe siècle, les autorités tracent des lignes de chemin de fer pour relier Paris aux grandes villes de province. Celle qui va de la capitale au Pecq, puis à Saint-Germain-en-Laye via les Hauts-de-Seine, est la première à accueillir du public en Europe continentale. Les premières gares alto-séquanaises, ouvertes en 1837, se situent à Nanterre, Asnières et Clichy. La ligne Versailles rive droite, visible sur une carte d’époque présentée en vitrine, est opérationnelle en 1839, celle de Versailles rive gauche en 1840. Six ans plus tard, la ligne de Sceaux sert de prototype avec ses virages serrés entre Bourg-la-Reine et le terminus.
D’autres archives, dont un croquis tiré d’un rapport de police et une aquarelle, évoquent la « catastrophe de Meudon » en 1842, première catastrophe ferroviaire de l’histoire. 

Densification du réseau

Fiacres, omnibus et tramways desservent la banlieue. Au XIXe siècle, ce dernier est un véhicule hippomobile sur un rail, appelé « américain », qui circule sans arrêt, les voyageurs descendant et montant en marche. « La première ligne de tramway s’étend sur un kilomètre entre le centre-ville de Rueil-Malmaison et sa gare », précise Julien Le Magueresse, chef du service des publics aux Archives départementales et commissaire de l’exposition. Le réseau s’étoffe par de nouvelles gares, et par de nouvelles destinations à partir de Saint-Cloud, ce qui permet de desservir Garches et Vaucresson. « Un tracé rejoint la nouvelle gare des Moulineaux. Il suit la Seine en desservant d’autres villes, à l’emplacement de l’actuel tramway T2, et se branche au réseau parisien pour acheminer le public au Champ de Mars lors des Expositions Universelles ».

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Carte des lignes de chemin de fer de Paris à Saint-Germain et de Paris à Versailles (1839)  © CD92/Archives départementales

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Carte postale. Vue du funiculaire et de la voie prise
de l’arrivée à la station supérieure (XXe siècle) © CD92/Archives départementales

 
Révolution automobile

Au XXe siècle, il faut adapter le réseau routier : entretenir différemment les routes pavées ou en terre battue, les arroser pour limiter la poussière, faire du cyclindrage pour tasser la terre... Des vues des années 1930 montrent aussi le bitumage et l’enlèvement des rails du tramway qui disparait alors au profit des bus. Études, photographies et plans révèlent la genèse de l’autoroute A13, premier grand aménagement autoroutier français réalisé à la même période. « Le premier Grand prix automobile d’après-guerre est organisé pour son inauguration en 1946, souligne Julien Le Magueresse, avec un circuit dans le tunnel de Saint- Cloud et dans les rues de la ville. »

Mieux desservir la banlieue

Le métro sort de Paris à la même époque, quand la ligne 9, la première à arriver dans les Hauts-de-Seine, est prolongée jusqu’au pont de Sèvres. Le quartier d’affaires de La Défense se développe avec l’arrivée du RER, de nouvelles interconnections, des réflexions sont menées sur le métro et sur un train monorail envisagé pour rallier Cergy-Pontoise. L’exposition s’achève sur les projets en cours ou à venir : la création
du tramway T10, le prolongement de la ligne 4 du métro et du RER E, Eole... Photographies et documents matérialisent les étapes de ces grands projets, enquêtes publiques, études préalables et plans d’aménagement. Des projets qui s’inscrivent désormais dans une dynamique de développement durable donnant une nouvelle occasion de rappeler l’action départementale pour les mobilités présentes et futures.

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Dessin sur calque d’un projet du prolongement de l’autoroute A13 vers le boulevard périphérique (1968) © CD92/Archives départementales
 

Informations pratiques
Sur route et sur rail : se déplacer dans les Hauts-de-Seine (XVIIIe-XXIe siècle) 
Du 18 septembre 2022 au 16 juin 2023
Archives départementales à Nanterre
Ouvert du lundi au vendredi  de 9h à 18h
Gratuit
L’exposition se prolonge au parc départemental André-Malraux , à deux pas des Archives départementales
archives.hauts-de-seine.fr

Un sujet du Guide vallée-culture septembre-octobre 2022