Verte Vallée de la sculpture

La première semaine du printemps dans les Hauts-de-Seine correspond, depuis 2019, à une fête de l'équinoxe propre à notre territoire : le Printemps de la Sculpture , invitation à  la découverte adressée à tous du 21 au 29 mars. 

Après l’hiver des journées courtes et des déceptions météorologiques, la lumière revient à point pour nous inciter à visiter et revisiter notre territoire au gré de son patrimoine sculptural. Parce qu’il est bigrement présent, ce patrimoine aux beautés multiples ! Entre les ateliers d’artistes d’hier et d’aujourd’hui, les musées qui leur sont consacrés, les chefs-d’œuvre installés dans l’espace public, les Hauts-de-Seine ne manquent pas d’arguments à faire valoir en la matière, qu’elle soit de métal, de bois ou de pierre. Le Printemps de la Sculpture s’organise à la manière d’une « fédération » : les villes, les lieux et les structures partenaires prennent en charge leurs propres animations, le Département pilote et soutient les activités transversales à destination des publics prioritaires, comme la jeunesse ou les personnes en situation de handicap. S’ensuit une centaine de rendez-vous culturels gratuits donnés à tout le monde – à commencer par ceux qui ne sont pas nécessairement familiers des manifestations culturelles – par les 23 lieux partenaires, dont la liste, trop longue pour être ici détaillée, est accessible sur le site du Département. Il suffit de rappeler qu’à la naissance de ce Printemps en 2019, ils n’étaient que douze, pour se convaincre de l’engouement suscité par cette fête paisible qui réunissait, l’année passée, plus de 10 000 participants.

Invitation à la jeunesse

Quand on évoque la sculpture dans les Hauts-de-Seine, un totem s’impose aussitôt : la Tour aux figures de Jean Dubuffet, dressée sur le parc départemental de l’île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. C’est à son pied ou presque, dans la Halle du parc, que se déroule, le mercredi 25 mars, la journée jeunesse destinée aux 6-15 ans, aux publics des solidarités et de l’aide sociale à l’enfance, en groupe ou en famille. Ici, guidé par les médiateurs, on met la main à la pâte ! Modelage d’un brûle-parfum dans l’esprit haute couture du Musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes, fabrication d’un tampon encreur à la manière impériale de la Malmaison, sculptures de papier inspirées par les prouesses délicates des artisans d’art du Jardin des Métiers d’Art et du Design (JAD) – voire sculpture du corps lors d’ateliers danse et renforcement musculaire. On y explore évidemment l’univers coloré de l’Hourloupe, inventé par Dubuffet dont la Tour aux figures représente la concrétisation gigantesque. Rien n’interdit d’ailleurs d’aller ensuite au musée français de la Carte à jouer, au centre-ville d’Issy, pour l’exposition consacrée à l’aventure monumentale de Dubuffet. C’est l’un des plaisirs du Printemps de la Sculpture : la variété des genres et des styles s’accorde à la diversité des activités. Quand cela ne suffit plus de proposer aux enfants de mettre la main à la pâte – à papier pour le Domaine national de Saint-Cloud ou d’amande dans l’atelier de « pastillage » organisé par Sèvres-Manufacture et musée nationaux –, il reste à prendre le grand bol d’air et dépenser son énergie en visites et découvertes : elles sont multiples.

Itinéraires artistiques

Le huitième Printemps de la Sculpture coïncide aussi avec la naissance d’un nouvel espace naturel et culturel sur l’île Seguin : le parc départemental Gauthier-Mougin. Il matérialise une circulation verte, dessinée par le paysagiste Michel Desvigne, dont l’agence réalise également la transformation verte de l’esplanade de La Défense. Au fil de l’eau, entre deux réalisations architecturales majeures sur notre territoire – La Seine Musicale signée de Shigeru Ban et Jean de Gastines, la Pointe des Arts, projet en cours d’achèvement porté par le groupe Emerige le parc départemental se visite comme un musée de sculptures à ciel ouvert. On connaissait déjà, sur la pointe aval, Ether (Égalité) de Kohei Nawa, La Défense de Rodin et le Pouce de César, on découvre en cheminant vers l’amont les œuvres de Jacques Villeglé, Peter Stämpfli, Marta Pan, Tiphaine Calmettes. Et le Tot’aime, monument aux vivants, réalisé en 1994 par Jean-Charles de Castelbajac : propriété du Département, cet hymne à la vie et à l’amour a bénéficié d’une restauration pour l’occasion. Le Printemps de la Sculpture peut ainsi s’envisager comme une saison de randonnées en plein air. Avec deux parcours en marche nordique et huit étapes « vélo-sculptures », jalonnés de brèves visites guidées, qu’on peut suivre en autonomie grâce aux applications VisoRando et VéloGéo. Libres comme l’air, portés par l’esprit de découverte et de partage. À la pause, on profite des spectacles Mythes dansés, mythes sculptés dans l’Orangerie du domaine départemental de Sceaux. À Châtenay-Malabry, la ville s’associe au sculpteur plasticien Medjid Houari pour organiser une rencontre dans son atelier. En passant par le musée Paul-Belmondo de Boulogne-Billancourt, on s’initiera au bien-être d’une « visite-sophrologie » avec un atelier d’écriture pour les plus créatifs. Au domaine national de Saint-Cloud nous attend le Temps infini, parcours de sculptures monumentales de Christian Lapie. Quant au musée d’Art et d’Histoire de Meudon, autre lieu partenaire, il a entièrement repensé et réaménagé son jardin de sculptures, dans un esprit de théâtre vert qui va bien au printemps et à ce qui fut la villégiature de la comédienne Armande Béjart, épouse de Molière.

Printemps de la Sculpture, 100 rendez-vous gratuits dans 23 lieux partenaires, du 21 au 29 mars
Programme complet sur  www.hauts-de-seine.fr/printempsdelasculpture