Maria Maillet, l’art de recoudre les cœurs
Maîtresse de maison à la Cité de l’enfance au Plessis-Robinson, Maria Maillet s’occupe des enfants placés au titre de l’Aide sociale à l’enfance : entre l’entretien des chambres et la préparation des repas, elle réchauffe les cœurs.


"Je suis arrivée en 1992 à la Cité de l’enfance", explique-t-elle avec un large sourire. "J’avais 24 ans et je rêvais de faire un métier au contact des enfants". Lorsqu’elle a su qu’un poste d’agent d’entretien se libérait, elle a tout de suite postulé. Elle commence par le service de nettoyage des bureaux, puis passe à la buanderie. La Cité de l’enfance accueille une quarantaine d’enfants, âgés de 3 à 13 ans, répartis en quatre pavillons dont un réservé aux 3-6 ans. Chaque pavillon comprend une grande entrée, une cuisine, une grande salle à manger, une salle télé, des chambre doubles et individuelles et des salles de bain, au sein d’un environnement arboré.
À la fin des années 1990, à la suite d’un départ à la retraite, Maria Maillet accède au poste de couturière : "À l’époque, il y avait une couturière par pavillon, on réparait les draps et les vêtements, mais aussi les doudous… et les chagrins. Nous confectionnions également des déguisements pour les fêtes, les enfants adoraient." Ce métier a disparu en 2012, le linge abîmé est recyclé.
Un métier intense
Après différents postes tels qu’aide-cuisinière, Maria Maillet devient maîtresse de maison en 2022 : "J’interviens dès l’arrivée des enfants. Ils entrent ici souvent en urgence et n’ont que les vêtements qu’ils portent sur le dos. Je prépare leur chambre et on leur fournit un kit d’accueil d’urgence avec des vêtements et des produits d’hygiène. Je les aide à ranger leur chambre et à s’installer." C’est un métier dur, physiquement d’abord : il faut nettoyer une douzaine de chambres tous les jours, faire les sols, réceptionner les cartons de briques de lait et de jus de fruits… Et psychologiquement, il faut tenir devant la détresse des enfants : "Surtout au début, il faut apprendre à avoir de la distance. Je ne suis pas leur mère, je suis là pour les réconforter et faire en sorte qu’ils se sentent bien."
La journée type est bien remplie avec différentes tranches horaires : 7h-15h ou 9h-17h. Dans le premier cas, elle prépare le petit déjeuner en veillant à mettre ce que chacun aime, puis s’occupe du ménage et du linge, et sert le déjeuner : "Nous sommes en liaison froide : nous recevons les plats déjà prêts et nous les faisons réchauffer." Dans la seconde configuration, elle s’occupe du goûter : "J’aime bien leur confectionner des gâteaux, tartes tatin, moelleux au chocolat... " À travers les taches du quotidien, Maria Maillet s’attache à prendre soin du moral des enfants : "Nous sommes en général deux maîtresses de maison par pavillon et nous sommes là chaque jour, du lundi au vendredi, pour les aider et leur donner des repères : je leur demande toujours comment s’est passée la journée, j’aime blaguer et les faire rigoler."
Une solidarité d'équipe
Quand quelque chose ne va pas, elle sait et transmet aussitôt l’information, car ici, "c’est un travail d’équipe, avec les chauffeurs, les techniciens, les éducateurs, les maîtresses de maison… : l’enfant est au premier plan et nous nous adaptons à eux", précise Félix Médéric, le responsable logistique. "Ici, c’est comme une petite famille", souligne Maria Maillet. "Je prépare toujours un gâteau pour les départs, et une petite fête en lien avec les éducateurs. Quand un problème surgit, il faut savoir rester calme, expliquer les choses, consoler aussi, recueillir les confidences. Et si l’enfant est demandeur, faire des câlins ! Quand un enfant va mieux, ça me prend le cœur, je suis heureuse ! Ce métier est une vocation, je ne me verrai pas faire autre chose."



























