Photo : Olivier Ravoire (CD92)

À la Maison de Chateaubriand, l'exposition Atala, 1801. Voyage illustré au coeur d'un roman prolongée jusqu'au 29 mars 2026

Culture
La Maison de Chateaubriand – Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups présente actuellement une exposition consacrée à Atala, immense succès littéraire du père du romantisme français. Le Département des Hauts-de-Seine annonce aux visiteurs sa prolongation jusqu’au 29 mars 2026.

Publié en 1801, Atala, le premier roman de François René de Chateaubriand, raconte les amours contrariées entre deux jeunes Amérindiens. Il fut accueilli par un immense succès, maintes fois réédité et traduit dans la plupart des langues européennes, et inspira tous les arts. Avec sa suite René (1802), Atala porte les germes du romantisme en France.
 
L’exposition propose une immersion inédite dans l’univers du roman, grâce à douze extraits du récit accompagnés d’œuvres et objets d’art. Des estampes et livres illustrés évoquent son succès littéraire, éditorial et commercial, et sa postérité jusqu’au XXe siècle. Complétées par des prêts prestigieux, une centaine de pièces des collections de la Maison de Chateaubriand sont réunies pour la première fois.

Du voyage en Amérique au roman novateur

Atala naît en Amérique. La nature étrangère et sauvage, l’immensité et la beauté des paysages, la rencontre des Amérindiens fécondent dans l’œuvre de Chateaubriand un cycle américain qui comporte, outre Atala et René (1802), Les Natchez (1826) et le Voyage en Amérique (1827). Empreint d’exotisme, le récit d’Atala se déroule au XVIIe siècle, dans les décors sublimes de l’Amérique du Nord, où Chateaubriand a voyagé en 1791. Il est raconté par le vieil Amérindien Chactas à René, Français exilé vivant dans la tribu des Natchez.
 
L’histoire est celle de l’amour tragique, contrarié par un redoutable secret, de deux jeunes Amérindiens appartenant à des tribus ennemies, Atala et Chactas. Atala n’est toutefois pas un roman exotique parmi d’autres, nombreux depuis le XVIIIe siècle. Son style est novateur. L’Amérique, encore méconnue, semble apparaître sous la plume de l’écrivain, qui magnifie la nature en d’éblouissants tableaux. La richesse et la puissance des descriptions, les images audacieuses, la beauté de l’écriture aux accents poétiques forment une matière sonore et sensuelle inédite qui renouvelle la prose.
 
De l’édition originale en 1801 à la version définitive en 1805, Atala est imprimé douze fois, traduit, contrefait et parodié. Il est aussi critiqué et attaqué ; Chateaubriand explique dans ses Mémoires d’outre-tombe : « Atala tombant au milieu de la littérature de l’Empire, de cette école classique, vieille rajeunie dont la seule vue inspirait l’ennui, était une sorte de production d’un genre inconnu. On ne savait si l’on devait la classer parmi les monstruosités ou parmi les beautés […] Le vieux siècle la repoussa, le nouveau l’accueillit. »

Un fonds incomparable autour d’Atala et de l’œuvre de Chateaubriand

Contribuant à la popularité du roman, tous les arts — beaux-arts, arts décoratifs, poésie, théâtre, musique, arts populaires — s’inspirent des héros et de leurs aventures. Les fabricants de « produits dérivés » s’emparent de l’imagerie des Amérindiens vus par les Européens. L’engouement est tel que l’on assiste à une extraordinaire « atalamania ».
 
La Maison de Chateaubriand – Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups conserve le fonds le plus riche au monde autour d’Atala, avec 330 pièces. Ainsi, 90 % des œuvres exposées sont issues des collections et d’un dépôt de la Société de Chateaubriand, complétées par des prêts du musée du Louvre, du musée national Jean-Jacques Henner, du musée Carnavalet-Histoire de Paris, du musée de la Toile de Jouy à Jouy-en-Josas, du musée du Nouveau Monde à La Rochelle, ainsi qu’un prêt exceptionnel d’un tableau d’Henriette Lorimier issu d’une collection particulière. 

Des acquisitions récentes exposées de manière inédite

La prolongation de l’exposition permet de tirer parti de la richesse du fonds consacré à Atala et de renouveler une partie de l’accrochage ; celui-ci s’enrichit d’un prêt d’une pièce textile de la Bibliothèque Forney-Ville de Paris, ainsi que de nouvelles acquisitions : des estampes, des éditions rares, et une remarquable huile sur toile du début du XXe siècle représentant Atala et Chactas sur un radeau (don Antoine Dupré-Lafon).
 
 

La Maison de Chateaubriand – Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups

Propriété du Département des Hauts-de-Seine, la Maison de Chateaubriand est une maison d’écrivain dédiée à François René de Chateaubriand et au patrimoine littéraire du XIXe siècle à nos jours. Elle est labellisée « Maison des illustres ». La maison et son parc de 11 hectares sont logés au cœur d’un domaine de 60 hectares de nature préservée, à 8 kilomètres de Paris.
 
De 1807 à 1817, Chateaubriand y connaît une riche période de création littéraire au cours de laquelle il commence la rédaction de son chef-d’œuvre, les Mémoires d’outre-tombe. Au début du XXe siècle, le docteur Henry Le Savoureux fait de cette maison un lieu de souvenir dédié à Chateaubriand, tout en y accueillant, avec son épouse Lydie Plekhanov, de nombreux artistes et écrivains.
 
Les collections de la maison sont composées d’œuvres d’art liées à Chateaubriand, à ses proches et aux personnages de ses romans. On y conserve également de nombreux ouvrages – éditions originales ou illustrées –, ainsi que des manuscrits et autographes de Chateaubriand. De par leur nombre et leur valeur, ces documents de la main de l’auteur font de la Maison de Chateaubriand l’une des trois plus importantes institutions internationales où sont conservés des écrits et autographes de l’écrivain, aux côtés de la Bibliothèque nationale de France et de la Fondation Martin Bodmer. 
 
Lieu magique, le parc est une invitation au romantisme. C’est celui d’un écrivain voyageur : Chateaubriand y a lui-même planté une importante collection d’essences choisies en mémoire des pays où il a voyagé. C’est aussi une œuvre littéraire : l’écrivain considérait ses arbres comme ses enfants, les soignait de ses propres mains, leur adressait des odes, les associait à des souvenirs et aux personnages féminins de ses romans. Très attaché à sa propriété, il écrivit dans ses Mémoires d’outre-tombe : « La Vallée-aux-Loups, de toutes les choses qui me sont échappées, est la seule que je regrette ».
 
Une riche programmation fait de la Maison de Chateaubriand un lieu de découverte de la littérature, et de pratique de la lecture et de l’écriture. Désireuse d’être un lieu accueillant pour tous les publics, la Maison de Chateaubriand est également ouverte aux artistes et auteurs contemporains qui viennent habiter ce lieu et rendre vivant ce patrimoine à travers des expositions, des conférences, des ateliers, des concerts, des représentations de théâtre.

Pour en savoir plus – Rendez-vous sur : vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr

Exposition Atala, 1801. Voyage illustré au cœur d’un roman
Jusqu’au 29 mars 2026
 
Ouvert du mardi au dimanche : de 13h à 18h30 (jusqu’en septembre), de 13h à 18h (en octobre), de 13h à 16h30 (de novembre à février), de 13h à 18h (en mars)
Le week-end : de 10h à 12h et l’après-midi selon les horaires ci-dessus
 
Publications disponibles : Journal de l’exposition (9 €) ; Atala de Chateaubriand (édition illustrée,12 €)
 
Autour de l’exposition – visites guidées, ateliers, contes et conférences littéraires :
hauts-de-seine.fr/sortir-et-decouvrir/la-vallee-de-la-culture-des-hauts-de-seine/nos-evenements/les-expositions

Maison de Chateaubriand – Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups
87 rue de Chateaubriand, 92290 Châtenay-Malabry
vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr