Le parc départemental André-Malraux, un espace de verdure du Département des Hauts-de-Seine situé au pied de La Défense.

Un « pacte territorial » pour la nature

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Nature Environnement et cadre de vie

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Nature Environnement et cadre de vie
Dans une actualité marquée par de fortes chaleurs, les élus départementaux ont débattu, vendredi 3 juillet, de la Stratégie nature 2026-2030. CD92 / Willy Labre
L’assemblée départementale a adopté le 3 juillet la Stratégie nature 2026-2030. Tout en poursuivant les ouvertures de parcs et jardins, le Département avec cette feuille de route va renforcer la présence de la nature et accompagner l’adaptation au changement climatique.

Ce document-cadre répertorie depuis 2021 toutes les ambitions du Département de préservation et d’amplification de son patrimoine naturel : la « Stratégie nature ». De la première du nom, les derniers parcs de la Roseraie, à Châtenay-Malabry, ou Gauthier-Mougin, à Boulogne-Billancourt, en sont les fruits fraîchement cueillis. Avec sa successeure, l’objectif est de franchir un « gradient » d’ambition supérieur. « Face au changement climatique et ses effets, je pense aux récentes canicules, avoir de l’ambition n’est pas juste nécessaire,c’est une responsabilité collective, a expliqué le président Georges Siffredi. En renforçant la place de la nature sur notre territoire, nous faisons le choix d’un département plus résilient, plus agréable à vivre et plus solidaire, où chacun peut bénéficier de lieux de respiration aisément accessibles. »

Dans le détail, la vision offerte par ce schéma, dans la continuité « sans être la simple reconduction » du précédent, comme l’a souligné Yves Révillon, vice-président chargé de l’Environnement, engage la création de vingt hectares d’Espaces Naturels Sensibles (ENS) – soit un total de 658 hectares d’ici à cinq ans. Articulée à l’Agenda 2030 et aux projets locaux de voirie, en particulier Cœur&Seine, la Stratégie nature sera mise en œuvre non sans concertation avec les acteurs publics, en premier lieu les villes.

Nouvelle agriculture urbaine

Le Jardin des Papeteries, dont l’ouverture aura lieu demain 4 juillet, est un exemple d’œuvre concertée, ayant impliqué le Département et Nanterre, avec un concours substantiel de l’État dans le cadre du Fonds Vert (80 % du total). D’ici 2030, le Delta Vert, prolongement de l’Axe historique cette fois dans le secteur du Champ de la Garde, rétablira une continuité physique et paysagère, jetant des ponts avec le Parc à La Défense en pleine éclosion et les Terrasses de Nanterre.

À Rueil-Malmaison, il s’agira de raviver le passé agricole de tout un territoire. Confondu dans la forêt de la Malmaison et les domaines de Bois-Préau et de la Malmaison, le vallon des Gallicourts, haut lieu de maraîchage à l’époque gallo-romaine, puis de maraîchage, porte en lui une identité que le Département entend valoriser.

« La Stratégie nature en fait un parc démonstrateur d’une agriculture urbaine repensée », a expliqué M. Révillon. Cet écrin de verdure verra s'établir le premier paysan depuis la disparition de cet état dans les Hauts-de-Seine. À l’opposé des sites préservés tels que celui-ci, la stratégie intègre les paysages urbains dégradés. Il en va ainsi de l’échangeur de la Manufacture de Sèvres, - une opération de simplification de voirie incluant une désimperméabilisation des sols - ou le boulevard Patrick-Devedjian, plus au nord, dans une démarche de végétalisation en « collier de perles » à La Défense.

Une Promenade Verte de 50 km

« La Stratégie nature 2026-2030 marque surtout l’introduction d’une logique de réseaux », a pointé M. Révillon, en lieu et place d’une logique de parcs et de jardins cloisonnés. D’un côté, la volonté d’un maillage d’espaces interconnectés tant entre eux qu’aux gares et aux pistes du Plan Vélo départemental. De l’autre, l’impérieuse multiplication des corridors écologiques, sorte « d’autoroutes à migrateurs » luttant contre la dispersion des espèces migratrices, notamment.

« C’est tout le sens de la Promenade verte qui se déploiera sur 50 kilomètres d’Antony à Gennevilliers », a poursuivi M. Révillon. Un achat localisé et réfléchi de foncier matérialisera ce qui n’est encore visible qu’à vol d’oiseau, exception faite des berges entre Nanterre et Rueil, déjà contiguës. À cette « Promenade verte » en partie ouest répondra le Parc Bleu-de-Seine, en partie est. Le Département a, de longue date, fait de la reconquête de son fleuve et de ses rives un enjeu d’attractivité. « À l’horizon 2030, 8 km supplémentaires seront aménagés en particulier dans le cadre de l’opération Cœur&Seine », à Villeneuve-la-Garenne, Asnières-sur-Seine, Courbevoie, Gennevilliers et Boulogne-Billancourt.



Vers des parcs autonomes

L’horizon 2030 verra enfin l’avènement de parcs sobres en énergie et en arrosage, capables de produire par eux-mêmes les ressources nécessaires à leur gestion. Manière de rupture dans la continuité, le « parc autonome » ainsi imaginé, incarnera une nouvelle génération d’espaces verts départementaux, tant il est vrai, malgré les efforts consentis, qu’ils restent dépendants de la ressource extérieure. « Des vagues de chaleur plus fréquentes, la raréfaction de l’eau aussi, l’érosion de la biodiversité et les attentes citoyennes imposent de repenser les pratiques. »

D’ici à 2030, trois sites feront le grand saut, retenus pour leur bâti non classé propice aux panneaux solaires et leur surface suffisante de recueillement de pluies : les parcs du Chemin-de-l’Île à Nanterre, Pierre-Lagravère à Colombes et des Chanteraines à Villeneuve-la-Garenne. Non seulement eux, mais l’ensemble des espaces verts au nombre de trente sous gestion départementale intègreront le « Plan canicule » en cours d’élaboration, puisque « la nature ne constitue plus un simple agrément paysager mais un facteur de santé et de résilience climatique et de cohésion territoriale ».

 

Faire de l’arbre un marqueur paysager

Symbole de résilience urbaine, l’arbre est la nature du quotidien des habitants, usagers de ses bienfaits sur la santé et le cadre de vie. Avec un objectif chiffré de 30 000 nouveaux sujets d’ici 2030, contre 19 000 sur la période 2021-2025, le Département affirme sa vision dans la continuité de son Guide de l’Arbre lancé en 2025 pour mieux protéger et valoriser ce patrimoine vivant. « Ce volontarisme résume à lui seul notre passage à un niveau d’ambition supérieur, souligne M. Goulouzelle. Planter mieux et planter plus fort suppose de quitter la notion de propriété départementale pour penser plus globalement le territoire. » Les réserves foncières n’englobent pas seulement les alignements le long des routes ou les parcs et jardins existants, mais aussi, dans le cadre de démarches partenariales avec, par exemple, le bailleur Hauts-de-Seine Habitat ou via le programme de requalification « Quartier d’Avenir », des quartiers bâtis. Ainsi du parc Léonard-de-Vinci, à Châtenay-Malabry, des espaces publics du quartier Barbusse ou du parc de la Cité des Poètes, tous deux à Malakoff, du Petit-Colombes ou du centre-ville même de Villeneuve-la-Garenne, pour un peuplement total de près de 2 500 arbres de toutes essences. « Nous poursuivrons, a dit M. Revillon, la végétalisation de manière progressive des cours de nos collèges et créer un véritable archipel vert en ciblant 2000 petites parcelles départementales, afin de permettre de créer des jardins et des squares diffus ».

Stratégie 2021-2025 : objectifs atteints

En 2021, le Département a fait un choix fort : placer la nature au cœur de son action publique. Cinq ans plus tard, les engagements pris ont été tenus ou sont en voie de l’être. Les résultats clefs :

  • 19,8 hectares de nouveaux espaces de nature ouvert au public ;
  • 4,9 km de promenades créées ;
  • 56,5 hectares d’Espaces naturels sensibles (ENS) restaurés ;
  • 18 728 arbres plantés ;
  • 95 % des Alto-Séquanais à moins de 15 minutes de marche d’un espace de naturel ;
  • 23 M de visites annuelles enregistrées dans les parcs départementaux ;
  • 30 espaces naturels gérés par le Département, représentant 638 hectares ;
  • Amélioration de la qualité écologique et préservation de la biodiversité grâce à une gestion plus exigeante ;
  • Tissage de partenariats avec l’Office national des forêts (ONF), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et le comité départemental de randonnée pour multiplier les animations et les sensibilisations au vivant.