Il faut avoir l’œil botanique pour les repérer. Des arbustes papyrifères, regroupés en îlots, accueillent le promeneur du Jardin des Papeteries. « Nous avons retenu des plantes qui ont servi à faire du papier au cours de l’Histoire pour faire un clin d’œil à l’histoire du site », explique Éric Goulouzelle, directeur des parcs, des paysages et de l’environnement au Département. A savoir, par exemple, du betula papyrifera dont les « écorces se désquament, que les Indiens d’Amérique utilisaient pour comme papier » ou encore du tetrapanax papyfera « originaire du Sud de la Chine avec lequel on confectionnait des rouleaux ».
Fin 2023, était inaugurée la première tranche de ce jardin, une coulée verte entre le quartier République et la Seine, où l’on peut admirer des vestiges des ponts roulants desanciennes Papeteries. Il gagne à présent 3,8 hectares dont 2,2 ha réalisés sur l’ancienne emprise industrielle, auxquels s’ajoute 1,6 ha provisoirement réaménagés en 2012. Les deux segments du jardin des Papeteries, complémentaires, s’intègrent dans le parc départemental né en 2006 d’une friche plus ancienne.
Chaîne de l'eau


Comme le parc originel, auquel il a été relié par de nouvelles allées, le projet a tiré parti des aspérités du terrain. Ainsi une butte a-t-elle été transformé en belvédère sur la Seine. Ainsi la dépression créée par les silots décanteurs de l’usine accueille-t-elle mares et prairies humides, propices au développement de la biodiversité. « L’eau est le fil conducteur de parc donnant sur la Seine. Elle est puisée dans le fleuve, mise en scène dans des bassins filtrants successifs avant de rejoindre le contre-fossé et d’arroser le parc (contre-fossé qui contribue, associé à un ingénieux système de remontée de nappe, à alimenter également ces mares, NDLR). Ce jardin maintient cette chaîne de l’eau, en la déclinant sur le thème de l’eau des milieux naturels. » Les visiteurs profiteront également d’une prairie centrale dès que l’herbe aura poussé. « Le mois de juin dernier et sa canicule resteront dans toutes les mémoires. Dans ce contexte, ce jardin n’est pas un supplément d’âme mais un outil, chaque mètre carré de pleine terre est une réponse au dérèglement climatique », souligne Raphaël Adam, maire de Nanterre.
Au bas du jardin, le bâtiment des Pompes, qui puisait de l’eau de Seine pour alimenter l’usine demeure clos. « Il s’agit en réalité d’un ensemble de bâtiments de différentes époques, emboîtés entre eux. Le plus ancien, doté d’une grande verrière, est une trace que nous aimerions pouvoir conserver mais cela nécessite des études complémentaires », poursuit Éric Goulouzelle. En attendant, sur les palissades, des panneaux de la Société d’Histoire de Nanterre reviennent sur l’histoire des Papeteries.
Ce projet exemplaire a bénéficié d’une subvention de l’État au titre du Fonds vert, à hauteur de 80 % du montant des travaux, pour cette nouvelle tranche. Il participe au bilan de la Stratégie nature 2021-2025 du Département qui aura permis l’ouverture de près de 20 hectares d’espaces de nature supplémentaires. Et alors que le parc départemental du Chemin de l’île doit s’étendre, à l’avenir, vers l’axe historique de La Défense, il annonce en même temps la Stratégie 2026-2030 des Hauts-de-Seine. « Il est le point de départ d’une nouvelle ambition qui démontre, s’il le fallait encore, la capacité de notre collectivité à transformer profondément notre territoire et ses paysages », souligne Georges Siffredi.





























