Le parc départemental André-Malraux, un espace de verdure du Département des Hauts-de-Seine situé au pied de La Défense.

Orientations budgétaires : préserver les solidarités et l’investissement

6min et 12sec de lecture

Égalité femmes-hommes Environnement et cadre de vie

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Égalité femmes-hommes Environnement et cadre de vie
Vendredi 20 février, Georges Siffredi a présidé les débats ayant entouré le budget primitif fixant les grandes orientations politiques pour l'année 2026.CD92 / Stéphanie Gutierrez-Ortéga
Réunis en séance publique, les élus départementaux ont débattu vendredi 20 février du budget primitif (BP), qui fixe les grandes orientations pour 2026. Qualité de vie, services de proximité et projets d’avenir en sont les lignes directrices, au service de tous les Alto-Séquanais.

Comme l’an dernier, la préparation du budget 2026 du Département s’est inscrite dans un contexte particulièrement contraint. « La loi de finances adoptée au début du mois est venue mettre lourdement à contribution les collectivités locales, et singulièrement notre Département des Hauts-de-Seine », s’est alarmé en préambule le président Georges Siffredi. Principale ressource, pour près d’un tiers du total, les deux fractions du produit de la TVA, après leur gel en 2025, s’afficheraient en recul de 1 %, à 752,9 M€.

« Au-delà d’une inquiétude sérieuse sur la TVA, les DMTO (les « frais de notaire », dernière recette territorialisée, Ndlr), en dépit d’une infime reprise, demeurent très aléatoires (à défaut d’une)sortie pérenne de la crise immobilière », a souligné Pierre-Christophe Baguet, vice-président chargé des Finances et du Budget. Quant aux baisses de la dotation globale (ou DGF), de 86,7 M€ à 85,2 M€ en 2026, ce qui peut sembler marginal, elle s’accumule exercice après exercice : plus de 1,9 Md€ de manque à gagner depuis 2013 – soit plus d’une année de dépenses réelles de fonctionnement.

Ponction des recettes

« Malgré l’aggravation continue de la précarité qui rend plus impérieuse que jamais notre mission de chef de file en matière de solidarités, le budget adopté est venu reconduire plusieurs dispositifs créés l’an dernier, destinés à ponctionner nos recettes, et portant atteinte, une fois de plus, aux principes constitutionnels d’autonomie financière et de libre-administration des collectivités », a expliqué Georges Siffredi.

En témoigne le DiLiCo (dispositif de lissage conjoncturel, NDLR), apparu en 2025, qui se voit maintenu en 2026 : les Hauts-de-Seine en resteront le premier contributeur, devant Paris (22 M€). « Nous affectons désormais près de 400 millions d’euros à la péréquation, autant d’argent que nous ne pouvons consacrer aux Alto-Séquanais », a ajouté Georges Siffredi. À cela, s’ajouteraient des allocations individuelles tel le RSA, dont la hausse (30 M€, +5 %/BP25) s'opérerait, une fois de plus, sans la moindre compensation par l’État – « une violation des dispositions des lois de décentralisation, grevant une fois encore notre capacité à agir. »

Fort investissement

Malgré d’étroites marges de manœuvres, une enveloppe de l’ordre de 1,7 Md€ en fonctionnement est programmée – dont 1 056 Md€ alloué aux dépenses de solidarités (+2,2 %/BP25). Invariable est le cap fixé : accompagner tous les Alto-Séquanais, et à tous les âges de leur vie, selon divers parcours : « Petite enfance » (11 M€) ; « Protection de l’enfance » (247 M€) ; « Jeunesse » (19 M€) ; « Séniors » (169 M€) ; « Personnes handicapées » (245 M€), etc.

À la fois ambitieuse et maîtrisée dans ses projets, la collectivité recourrait à un moindre emprunt en 2026 (près de 300 M€ contre 363,7 M€ en 2025). Un fort investissement n’en est pas moins attendu dans les mobilités (144 M€ pour le prolongement du T1, ou le projet Cœur & Seine), de même que dans ses collèges (125 M€), certains s’achevant (Gustave-Eiffel à Châtenay-Malabry, Charlotte-Delbo à Malakoff et Claude-Nicolas-Ledoux au Plessis-Robinson), d’autres débutant (à Asnières, à Bagneux et à Gennevilliers) pour offrir les meilleures conditions possibles d’enseignement.

Solidarités de proximité

En parallèle, apporter une réponse de proximité dans sa politique de solidarité reste une priorité du Département.Un 14e SST (Service des solidarités territoriales) devrait ainsi « arriver à maturité »au cours de l’année, ainsi que la Maison de l’Avenir (à Nanterre) ; un des nombreux projets innovants destinés aux jeunes de l’Aide sociale à l’enfance avec la Maison des fratries et un IME à Rueil-Malmaison.

Si l'on inclut le Musée du Grand Siècle (32,6 M€), à Saint-Cloud ou la piscine de La Grenouillère, à Antony (22 M€), le Département continue de répondre aux enjeux qui s’imposent à lui pour renforcer les solidarités, soutenir l’attractivité du territoire et assurer son développement durable. « Puisque notre Département porte des politiques essentielles en matière de solidarités, d’amélioration du cadre de vie ou de transition écologique, il est ainsi plus que temps de mettre un terme à cette gestion sans horizon par l’État, et placer au cœur des débats la question de la décentralisation et de l’efficacité de l’action publique », a conclu Georges Siffredi.

 

L’Agenda 2030 du Département en progression

À travers l’adoption du rapport sur le développement durable, l’Assemblée départementale a pu constater la poursuite des objectifs de l’Agenda 2030, adopté à l’unanimité en février 2024, qui présente un taux d’avancement arrêté fin 2025 de 36 %. « Après avoir atteint 24 % dès la première année, son rythme d’application est donc particulièrement soutenu, et conforme à la trajectoire que nous nous sommes fixés », a souligné Yves Révillon, vice-président chargé de l’Environnement. Plusieurs actions emblématiques ont été mises en avant à l’occasion des débats, couvrant les 5 piliers de cette feuille de route globale et transversale, qui engage l’ensemble des politiques publiques départementales sur la voie de la transition écologique et solidaire : « Prendre soin des habitants », « S’engager pour mieux vivre ensemble », « Se reconnecter à la nature » et « Choisir les Hauts-de-Seine ». « À cinq ans de l’échéance, l’Agenda 2030 est déjà bien engagé et démontre le rôle fondamental du Département pour agir sur le temps long comme sur les besoins immédiats, a conclu Yves Révillon. Au-delà des chiffres et des indicateurs, c’est bien l’avenir des générations futures que nous bâtissons. »

Une nouvelle stratégie en faveur de l’égalité

À l’unanimité, l’Assemblée départementale a adopté la stratégie en faveur de l’égalité femmes-hommes pour la période 2026-2028 et le plan d’actions associé. Dans la continuité de la feuille de route initiée en 2023, ce nouvel élan confirme la volonté du Département d’agir durablement pour promouvoir les parcours de réussite auprès des filles et des femmes du territoire, sensibiliser aux inégalités dès le plus jeune âge et intensifier la lutte contre toutes les formes de violences. « Autant de travail que nous allons évidemment poursuivre, avec un focus nouveau sur les violences économiques, les femmes isolées, précaires et monoparentales, et la finalisation d’un travail de diagnostic sur la monoparentalité », a indiqué Camille Bedin, conseillère départementale déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes, après s’être félicitée de la nette progression de l’index égalité professionnelle au sein de l’administration départementale. L’ensemble des perspectives pour la période 2026-2028 seront détaillées lors de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain.