Rien au sein de ce projet, de ses abords pavillonnaires en centre-ville de Nanterre à sa propre architecture, simple et claire comme un dessin d’enfant, n'augure autre chose qu’une vie bien tranquille. L’aspiration légitime de tout jeune placé, en proie à des débuts chaotiques : aller à l’école, rentrer à la maison pour faire ses devoirs, se restaurer, s’adonner au sport et à la culture, etc.
À l’horizon 2027, soixante-dix jeunes faisant l'objet d'une mesure, soit de placement judiciaire, soit d'aide éducative, selon deux régimes interne/externe, sentiront de ce cadre bienveillant sourdre une espérance, celle d’avoir ici un avenir personnel, scolaire et professionnel, tenant à un accompagnement innovant, élaboré avec l'appui du célèbre pédopsychiatre Marcel Rufo. « Alors que les enfants confiés à l’ASE, souligne Georges Siffredi, le président du Département, sont quatre fois plus nombreux à redoubler dès le primaire et ont quatre fois plus de risques d’être déscolarisés à 16 ans, il est de notre devoir de tout mettre en œuvre pour leur donner les mêmes chances de réussite que chaque enfant alto-séquanais. »
Innover pour mieux protéger
L’expertise du groupement emmené par Tolila+Gilliland a saisi cet esprit « comme à la maison » au cœur d’une approche inédite en un projet entre passé, présent et futur. « Notre idée directrice, explique l’architecte Gaston Tolila, était que ces futurs adultes puissent advenir par eux-mêmes dans une architecture à la fois contenante et rassurante, dont les traces du passé, pavillon et rotonde à l’angle de la parcelle, seront réhabilitées. Il s’est agi de reprendre cette esthétique pour leur adjoindre trois petites “cabanes” de bois aux toits en pente donnant sur la rue : une figure aussi archaïque que rassurante de l’architecture. »
Plus en retrait, un édifice se dédiera de tout son long aux activités collectives de jour (dont le tutorat assuré par des étudiants de l’Université Paris-Nanterre, tout proche), et de consultations médico-psychologiques – 40 % des entrants dans un parcours d’ASE présentent des troubles psychiques. L’intérêt supérieur de l’enfant croisera en ces lieux une autre priorité du Département qu’est le développement durable. Majoritaire en façade avec ses bardeaux tout de châtaignier, le bois associé à la terre crue en intérieur affirmera la démarche de valorisation ayant porté jusqu’ici les prémisses de ce projet voulu modèle à tout point de vue. Au total, pas moins de 9,2 M€ vont être investis en parfait accord avec l’adage de la Stratégie départementale de projection de l’enfance : « innover pour mieux protéger ».

Pavillon de préfiguration : l’heure d'un premier bilan
Établi à la rentrée 2024 non loin de son emplacement définitif, le pavillon de préfiguration de la Maison de l’Avenir affiche des résultats plus que prometteurs. « Ses premiers occupants, sélectionnés pour leur motivation et leurs potentiels, ont investi le bâtiment et en ont d’ores et déjà fait leur maison », explique Georges Siffredi.Au terme de la première année scolaire, l’un des huit jeunes accueillis en internat a obtenu son brevet avec mention et des stages ont été réalisés en lien avec les projets professionnels de chacun d’entre eux : cabinet d’architectes, atelier de couture, auprès d’un juge ou de la direction des systèmes d’information du Département. En outre, ils ont bénéficié d’activités et de sorties mobilisant l’offre départementale et les partenariats noués avec la ville et l’Éducation nationale, encore récemment un match de l’équipe de basket Nanterre 92, un stage d’équitation, ou une visite du Jardin des Métiers d’art et du design à Sèvres, en vue d’éveiller des vocations. « En d’autres termes : ces jeunes vivent ici, dans cette Maison de l’avenir, comme n’importe quel adolescent de leur âge, et c’est bien là toute notre ambition. »






























