Les Chanteraines font potager ouvert

Environnement et cadre de vie

Environnement et cadre de vie
Lancée en juillet cette action a déjà trouvé son public. Parmi les clients, de nombreux riverains du parc départemental. CD92/WILLY LABRE
La ferme départementale des Hautes-Bornes à Villeneuve-la-Garenne, propose depuis peu des paniers de légumes produits sur place. Le public est sensibilisé à une agriculture urbaine respectueuse de l’environnement et aux circuits courts.

Un festival de courgettes vertes ou jaunes, rondes ou oblongues, des pommes de terre violettes, de petites tomates et de tous petits poivrons dont la saveur promet d’être grande, des échalotes, des salades intactes malgré l’absence de pesticides… Voilà la récolte que dame Nature a livré à la ferme départementale des Chanteraines en ce début août. Devant la grande table où ces légumes ont été regroupés par famille, chacun compose son panier guidé et servi par l’équipe de la ferme. « Cette action correspond à notre mission pédagogique. Le public voit que les légumes ne sont pas là que pour faire joli mais s’inscrivent dans un cycle agricole, explique Pascal Moutymbo, le fermier-maraîcher qui tient la caisse dans une ambiance animée. Les gens sont sensibilisés non seulement à nos méthodes mais aussi aux circuits courts et à la vente directe. » « Avec le covid, fin 2020 la production s’était complétement arrêtée. Là on est bien repartis et on est content de partager ces légumes avec le public », confie de son côté Charles Couka, le responsable de la ferme. Obtenir des rendements réguliers est toutefois un défi et la météo, alternant pluie et chaleur qui a « fusillé pas mal de plantes » n'a pas servi les fermiers ces dernières semaines. « Jusqu’à présent on était dans une logique de diversification maintenant il faut produire des séries, détaille le maraîcher. Pour notre première vente, on a fait cinq lots seulement, aujourd’hui une dizaine. » Les volumes produits aux Chanteraines resteront donc modestes. 

Consommer mieux

Au détour d’une promenade, en juillet, Sylviane, de Gennevilliers, est tombée sur ce petit marché. Elle est repartie chez elle avec des fèves, de petits oignons et des bleues d’Artois, variété ancienne de pomme de terre…. « Je les ai cuites simplement à la vapeur, pas besoin de plus, juste un peu de sel et de beurre, c’était fameux. » Chaque vente est désormais inscrite à son calendrier, assure-t-elle. Comme elle, la plupart des clients sont des riverains. Méline, de Villeneuve-la-Garenne, qui fréquentait déjà les Amap (association pour le maintien de l'agriculture paysanne Ndlr.) préférant acheter « moins mais mieux », découvre l'initiative : « Je viens aux Chanteraines depuis toujours mais j’ignorais qu’il y avait ces ventes. Ce sera pratique de se fournir ici. De chez moi je vois quasiment pousser tous ces légumes ! » Salade verte et ratatouille seront au menu du dîner familial pour tirer parti du panier du jour. D’autres sont davantage intéressés par les œufs du poulailler mais le stock est à présent épuisé. Qu’à cela ne tienne ! Ségolène Le Pivain, chargée des soins animaliers, est partie recueillir la dernière ponte. « C’est du frais ici », sourit Pascal Moutymbo.

Avant ou après ses emplettes, chacun peut partir à la découverte du potager et du verger avoisinant, cultivés selon des méthodes inspirées de l’agriculture biologique et qui prennent en compte la vie du sol. « Le sol n’est pas juste un support, avertit le maraîcher. Il abrite beaucoup d’organismes vivants, un peu comme la flore que nous avons dans notre estomac. Il faut les préserver. » L’équipe est accompagnée toute l'année dans cette démarche par des spécialistes de la permaculture. Sur leurs conseils, les animaux de la ferme contribuent au développement du potager. Les oies participent ainsi au désherbage tandis que le cheval est invité à paître sous les arbres du verger et que le fumier des ruminants sert d’engrais pour les plantes. Quant au paillage du sol, il permet d’éviter la déshydratation et forme une couche nourricière de compost.  Des méthodes que les cucurbitacés, dont les courbes généreuses et la belle couleur orangée se devinent sous de larges feuilles, semblent apprécier.  « C’est encore un peu tôt », informe le maraîcher que sa clientèle interroge déjà sur leur maturité. Pour profiter au mieux du potager, il faut suivre le rythme des saisons.

Les premiers mercredis du mois jusqu’en octobre

Les légumes (et parfois les fruits du vergers) sont vendus depuis cet été chaque premier mercredi du mois de 13 h 30 à 15 h 30 avec deux formules au choix : un petit panier (deux ou trois variétés de légumes et/ou fruits) pour 4 € ou un grand panier familial (quatre ou cinq variétés) pour 8 €. Des herbes aromatiques (0,50 € la botte) et des œufs du poulailler (2 € les six œufs) sont aussi proposés. Prochains rendez-vous, les 1er septembre et 6 octobre.  En fonction de la maturité des légumes, des extras peuvent être organisés les autres mercredis, aux mêmes horaires. Dans ce cas un affichage est prévu à l’entrée des lieux. Le temps de la vente, des visites guidées du potager et du verger sont aussi proposées.