D’un côté des recettes « atones » à la structure fragile en l’absence de tout levier fiscal, de l’autre une hausse continue des dépenses, tributaires des décisions de l’État : c’est sur le constat d’un effet ciseaux accablant que s’est ouverte cette séance d’examen du budget 2026. « Les dépenses liées aux allocations individuelles de solidarités devraient de nouveau augmenter de 5,86 %, soit près de 50 millions d’euros supplémentaires à la charge de notre collectivité, annonce d’embléeGeorges Siffredi, président du Département. Et malgré cette situation, les ponctions et les contraintes qui pèsent sur notre budget ne cessent de croître. »
La liste en est longue : une dotation globale de fonctionnement (85 M€) amputée de deux tiers en 12 ans, la sous-compensation « massive » des dépenses liées aux allocations individuelles de solidarités (le « reste à charge » pour le RSA, l’APA et la PCH s’établit à 200 M€ en 2025), la reconduction du dispositif « conjoncturel » de participation des collectivités au redressement des finances de l’État (DiLiCo, à hauteur de 22 M€, le Département détrônant Paris au rang du plus gros contributeur national) et près de 400 M€ de péréquation supportés par les Hauts-de-Seine. « Quand l’État cessera-t-il de se défausser sur nos collectivités, qui sont un acteur essentiel de la cohésion de notre société, en agissant au-delà du strict champ de leurs compétences obligatoires ? », interroge M. Siffredi.
La principale embellie, celle du marché immobilier entraînant la reprise des « frais de notaire » (DMTO), doit être mise au regard de l’écrêtement de la dynamique des fractions de la TVA, pour près de deux tiers dans les recettes. « Loin de la promesse d’une ressource dynamique, il s’agit d’une dotation de fait, sur laquelle les gouvernements successifs peuvent rogner allègrement », déclare Pierre-Christophe Baguet, 1er vice-président en charge des finances et du budget qui n’a pas manqué d’interpeller le préfet Alexandre Brugère (voir encadré ci-dessous) sur cette crise profonde du modèle de financement des Départements.
Le Département n'est pas, et ne sera jamais, un opérateur de l'État, nous avons été élus sur un projet


C’est donc à sa gestion « rationnelle et maîtrisée » que le Département doit la poursuite de son action, à tous les âges de la vie, auprès des Alto-Séquanais. Il consacre même 62 % de son budget de fonctionnement (1,065 Md€ sur 1,708 Md€) aux solidarités, proportion inédite. « Le Département des Hauts-de-Seine n’est pas, et ne sera jamais, un opérateur de l’État, poursuit M. Siffredi. Nous sommes une collectivité territoriale et avons été élus démocratiquement sur un projet, pour agir et faire des choix. Voilà pourquoi nous poursuivrons en 2026 les politiques publiques pour lesquelles les Alto-Séquanais nous ont fait confiance. »
Les services du quotidien dans le champ de l’accompagnement des allocataires du RSA (214 M€), de l’autonomie des personnes en situation de handicap (246,2 M€) et des personnes âgées (169,4 M€) ainsi que de la protection de l’enfance (248,3 M€), sont maintenus avec un niveau d’ambition élevé. Dans ce dernier domaine, le Département porte une stratégie innovante « pionnière pour la santé mentale des enfants accompagnés », tout en développant « de nouveaux équipements spécifiques » :Maison d’accueil des fratries à Rueil-Malmaison, Maison de l’Avenir à Nanterre ou Institut médico-éducatif de Villeneuve-la-Garenne. Des crédits conséquents vont aussi au fonctionnement des collèges et à la restauration scolaire, aux projets pédagogiques et citoyens (124 M€) ainsi qu’à la culture et au sport (95 M€).
C'est un budget de vérité, de responsabilité et de résistance qui vous est présenté
Des économies renforcées en 2025 autorisent un niveau élevé d’investissement pour un emprunt limité (297,4 M€ contre 363,7 M€ l’an passé) afin d’accroitre l’attractivité et la durabilité du territoire et de mieux préparer l’avenir. « Pour chaque politique publique, nous menons une stratégie globale et volontariste, qui voit aujourd’hui de nombreux projets prospérer grâce à l’engagement de 587 M€en 2026. »
Le premier axe porte sur la jeunesse, avec six collèges construits ou réhabilités (82 M€) dont Gustave-Eiffel à Châtenay-Malabry, Charlotte-Delbo à Malakoff, et Claude-Nicolas-Ledoux au Plessis-Robinson livrés cette année. La deuxième priorité est la qualité de vie dans un environnement dense : du sport à la culture, les deux grands projets en cours du complexe aquatique de la Grenouillère (21,9 M€) à Antony, et du Musée du Grand Siècle à Saint-Cloud (32,6 M€), y contribuent aux côtés du réseau de parcs et jardins (14,3 M€) tandis que la Stratégie Nature 2026-2030 doit donner, d’ici à l’été, une nouvelle impulsion à des enjeux décisifs : « ouvrir de nouveaux parcs, renforcer les continuités écologiques et paysagères, garantir un maillage du nord au sud du Département, l’animer et innover dans sa gestion. »
Troisième axe d’intervention, les mobilités avec le Plan vélo, les opérations en cours de transports en commun (prolongement des tramways T1 et T10, pôles gare du Grand Paris express) et de voirie, dont l’emblématique projet Cœur & Seine, avec une phase décisive autour de l’échangeur de la Manufacture de Sèvres, mobilisera 145,9 M€, le double de 2025. « C’est un axe fort de notre politique de lutte contre le changement climatique, tout comme notre mobilisation pour le développement des énergies renouvelables. »
Enfin et en dépit du contexte, le Département maintient son soutien aux investissements structurants de ses 36 communes, à travers le dispositif Quartier d’Avenir et ses contrats de développement (26 M€ en fonctionnement, 71,3 M€ en investissement). « C’est un budget de vérité, de responsabilité et de résistance qui vous est présenté, conclut Georges Siffredi. Il refuse le renoncement et poursuit, avec constance, nos priorités au service des Alto-Séquanais. »

Le rapport d’activité 2025 des services du Département
2025 est une année symbolique à de nombreux égards. En 2025, le budget des solidarités a franchi pour la première fois le milliard d’euros. Le dispositif des contrats de ville a passé ce même cap avec plus d’un milliard d’euros versés depuis 2013 aux communes. Autre exemple dans le cadre de la Stratégie Nature, l’objectif des 20 hectares de nouveaux espaces de nature créés a été atteint. L’ensemble des politiques et réalisations pendant cette année, marquée par une cyberattaque d’ampleur que la collectivité et ses services ont su surmonter, se trouve résumée dans ce document et dans la synthèse qui l’accompagne.
Alexandre Brugère présente le bilan 2025 des services de l’État
Le préfet Alexandre Brugère a présenté à la séance le bilan 2025 des services de l’État dans les Hauts-de-Seine, en lien étroit avec les collectivités locales et les acteurs du territoire. Dans les domaines régaliens (sécurité, immigration, lutte contre l’islamisme), les résultats sont au rendez-vous. « Je vous félicite monsieur le préfet, ainsi que vos services, des résultats transmis qui font partie des meilleurs au niveau national. Nous serons plus forts ensemble pour améliorer les conditions de vie des Alto-Séquanais, en partageant une même vision de l'intérêt général », a souligné Georges Siffredi. Le préfet a aussi répondu aux questions des conseillers sur les divers versants de la politique de l’État et estimé que les jeunes, « premières victimes des crises économique, sanitaire et climatique » devaient être une priorité. « Il est une autre fonction régalienne, qui constitue une responsabilité première, c’est celle qui consiste à s’occuper de notre jeunesse, et je vous propose que cela soit le fil rouge de notre action commune cette année. »




























