Trois sens de la vie

1mn4s de lecture

Culture Classique Musique

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Sous le titre Révérence, comme un dernier adieu, trois compositeurs de la jonction tumultueuse entre le XIXe et le XXe siècle affrontent le sens de la vie. Au cœur du programme, les Quatre derniers Lieder (1948) de Richard Strauss, chant du cygne d’un compositeur allemand de 84 ans qui a vu s’écrouler tout ce en quoi il croyait ou fut sommé de croire : une culture, un pays, disparus dans la destruction physique de tous les symboles de celle-là dans celui-ci. Les Danses symphoniques (1940) de Serguei Rachmaninov sont aussi un testament musical, celui d’un compositeur russe exilé depuis la révolution aux États-Unis, une danse avec la mort, la sienne qui approche et celle de la civilisation dont il est issu ; mais sans le moindre pathos, en dépit de toute la nostalgie russe et des citations multiples, en conservant même de l’énergie jusqu’à la danse finale, imprégnée de foi orthodoxe. La grande Totenfeier (1888), la fête des morts inaugurale selon Gustav Mahler – qui deviendra plus tard le premier mouvement de sa Symphonie Résurrection – est d’une trempe différente. C’est l’œuvre d’un homme qui n’a pas encore 30 ans, son premier manifeste métaphysique sous la forme d’une puissante – et parfois terrible – marche funèbre pour orchestre déployé jusqu’à la démesure. Certes, ces trois chefs-d’œuvre ne font pas dans le barnum ! Mais quelles beautés dans ces musiques qui signent, chacune à leur manière et leur époque, des fins du monde...

 

Suresnes - Théâtre Jean-Vilar le15 novembre.

www.theatre-suresnes.fr