Le Chagrin et l'intimité

1mn10s de lecture

Culture Création Théâtre

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Culture Création Théâtre
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Il y a tant de choses, au fond et à la surface de cet Étang donné en création aux Amandiers de Nanterre, un peu avant Noël. Date fatidique pour l’auteur, méconnu chez nous : Robert Walser, né Suisse allemand en 1878 et mort, en Suisse toujours, le 25 décembre 1956, au bout d’une déambulation dans la neige qui ressemble beaucoup à sa vie. L’un des plus subtils écrivains de langue germanique, auteur de poèmes, de romans publiés et de milliers de « microgrammes » composés minuscules à la mine de plomb. Encore quelques périodes d’écriture puis ce sera le silence durant les vingt-cinq années qu’il passera à l’hôpital psychiatrique avant d’en sortir un soir de Noël… L’Étang, c’est un court texte de jeunesse, rédigé en dialecte alémanique, destiné aux seuls yeux de sa sœur. Une histoire de chagrin et d’intimité familiale, d’un adolescent qui simule une noyade pour mieux se faire aimer de sa mère. « La vie, il a dit, c’est rien qu’une veste en lambeaux, rapporte un frère de Walser. Il fallait qu’il aille la rapiécer. » Du chagrin mais beaucoup de douceur dans la mise en scène de ce récit dialogué qui n’est pas du théâtre mais le devient par la grâce de Gisèle Vienne, plasticienne, chorégraphe, marionnettiste. Avec autant de poupées qu’il y a d’enfants au village et deux actrices pour incarner la jeunesse – Adèle Haenel – et les mères – Ruth Vega Fernandez. Le chagrin aussi de la disparition l’an passé de Kerstin Daley-Baradel, avec qui la pièce avait été conçue et à qui le spectacle est dédié.

 

Nanterre-Amandiers, du 2 au 19 décembre.

nanterre-amandiers.com