Choisir un chapitre en particulier

Le parc de la Folie Sainte-James

Le parc de la Folie Sainte-James

Sur 1,8 hectares, le parc de la Folie Sainte-James garde les traces d'une oeuvre majeure de l'art paysager français des années 1770 à 1790. Zoom sur ce jardin pittoresque de la fin du XVIIIème.

En raison de l’évolution de la situation sanitaire, afin de ne pas faire courir de risque aux usagers, les parcs départementaux des Hauts-de-Seine sont temporairement fermés au public. Nous vous remercions de votre compréhension et espérons vous accueillir très prochainement.

Plus d'information sur le plan de continuité des services du Département en cliquant ici.

Un peu d'histoire...

Les grandes dates qui ont marqué l'histoire du domaine 

1952 : Acquisition du domaine par l'État. L'Éducation nationale transforme la propriété en établissement scolaire, d'abord lycée de jeunes filles puis cité scolaire avec un premier établissement en fond de parcelle. 
1999 : La tempête de décembre a entraîné la perte d'un quart des arbres du parc ; le département des Hauts-de-Seine est intervenu pour sa mise en sécurité. 
2006 : Reconstruction de la cité scolaire de la Folie Saint-James. La propriété du nouveau collège Théophile Gauthier est transférée par l'État au département des Hauts-de-Seine. 
1er avril 2009 : le parc de la Folie Sainte-James devient le 20e parc départemental des Hauts-de-Seine. 
2010 : Une équipe pluridisciplinaire de maîtrise d'œuvre dirigée par monsieur Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques, a été désignée pour la restauration du parc.
15 septembre 2016 : Inauguration du parc après 15 mois de travaux 

La naissance de la Folie

Au moment de son acquisition, le bâtiment, construit en 1638, n'a l'apparence que d'une simple maison de maître. D'allure classique, il a la forme d'un fer à cheval. Entre 1779 et 1795, le baron ajoute sur l'angle gauche un pavillon aux lignes palladiennes, en brique et en pierre (qui sera crépi de rose en 1950). Il l'agrémente d'un « jardin-spectacle ».

M. de Saint-James sollicite le célèbre François Joseph Bélanger, premier architecte du comte d'Artois et l'un des plus grands paysagistes de son époque. L'architecte habille la façade du pavillon de néoclassique : portique à quatre colonnes ioniques, fronton armorié, frises de palmette, camées à l'antique... Pour le propriétaire, il ne s'agit ni plus ni moins que de rivaliser avec la Folie d'Artois, actuel Bagatelle, sise non loin de là, au cœur du bois de Boulogne.

«St-James Vue du chateau coté de la Seine» (extrait), lithographe sur papier de Chine, anonyme, 19e siècle. Collection Musée de l'Ile-de-France. Photo : Benoît Chain.

La création du parc

Contemporain de la maison, l'aménagement du parc a commencé dès 1777. Bélanger le conçoit sur le modèle des jardins pittoresques et anglo-chinois du 18e siècle en France, typiques des parcs à fabriques à la mode à l'époque, tels le Petit Trianon à Versailles, Bagatelle ou le parc Monceau à Paris. D'une superficie de 12 hectares, il s'étend alors des deux côtés de l'avenue de Longchamp et les parties communiquent par deux souterrains. Un canal sinueux le traverse, agrémenté de multiples ponts, de grottes et autres fabriques. Le domaine comportait une extension vers la Seine dont l'eau, via une "pompe à feu", alimentait le canal.

La pièce maîtresse du parc est sans conteste le « Grand Rocher ». Cet imposant empilement de blocs de grès, rapportés de la forêt de Fontainebleau, abrite thermes et réserve d'eau destinée à alimenter les bassins. Au centre, un temple, un portique composé de six colonnes doriques, se dresse. On pénètre alors dans « l'Antre primordiale », une grotte obscure, puis dans le « Salon des bains », réplique des thermes de Caracalla décorée de stucs jaunes et de caissons blancs. On traverse enfin une galerie pavée de galets qui débouche sur la pièce d'eau. Prix : 1 600 000 livres, dit-on... 

La fin de l'aventure

Baudard de Saint-James fit faillite le 2 février 1787. Ruiné, il vit ses biens saisis. Il mourut peu de temps après, à Puteaux, chez Jean-Maurice de Faventine, son beau-frère. Le duc et la duchesse de Choiseul-Praslin achetèrent à bon prix le domaine aux enchères. Ils le cédèrent en 1795 à la famille Bobierre qui le loua. En 1811, il est morcelé en six lots et à nouveau vendu en 1812.

Amputé par pans successifs, il se dégrada peu à peu. Il connut un regain de faste dans les années 20, quand les nouveaux propriétaires, les Lebel, le rénovèrent : ils créèrent notamment le jardin Art déco, un jardin clos avec un temple d'amour et un bassin d'inspiration mauresque.

Entre 1944 et 1947, la Folie fut occupée par les Allemands, puis par les Américains, et les communs furent fortement endommagés. La famille Lebel la vend alors à l'État.

Les points d'intérêts

Le pavillon

La cour d'honneur a gardé ses pavés d'origine. On gravit les trois marches du perron et on accède au vestibule décoré de magnifiques trompe-l'œil dans les tons ocre.
Du vestibule, on passe à la salle de billard où des griffons s'affrontent sur fond écarlate au-dessus des portes. L'escalier est orné d'une splendide rampe en fer forgé du 18e siècle. La plupart des pièces du rez-de-chaussée ont conservé leurs boiseries, cheminées de marbre, parquets d'origine et décors stuqués. À gauche, se trouvent les appartements de Julie-Augustine, baronne de Saint-James, où rideaux, alcôves et fauteuils étaient habillés de toiles de Jouy.
À droite, le grand salon d'angle est remarquable pour ses parures au plafond : stuc de Nicolas Lhuillier, écoinçons, caducée, lyre, flambeau ailé... Quatre baies vitrées donnent sur le jardin.  

Le parc

Le temple de Bacchus, le kiosque sur pilotis, la pompe à feu, le belvédère, la glacière, la laiterie et la maison chinoise ont aujourd'hui disparu. Le canal et les pièces d'eau ont été comblés.
La grotte est la seule fabrique notoire qui subsiste. Le « grand pont de pierres de taille », qui enjambe un creux, est le seul reliquat du canal.
On peut par contre admirer la « colonne antique », replacée au nord-ouest du parc, et les deux vases en pierre qui ornaient un des ponts, replacés à l’arrière du Pavillon côté parc.
Il existe également un cabinet d'histoire naturelle de la Folie, dit "la chapelle", qui demeure inaccessible au public. Situé dans la villa de Madrid, c'est un petit pavillon assez délabré, au toit en verrière conique surmonté d'une flamme en tôle. L'intérieur est splendide, notamment la coupole décorée de stucs de Lhuillier.
On peut observer le Temple de l'Amour, ajouté en 1925. Ses cinq colonnes proviennent du souterrain de Bélanger.

Infos pratiques

Parc de la Folie Sainte-James 
34, avenue de Madrid 
92200 Neuilly-sur-Seine
Accès libre 

Superficie 
1, 8 hectares

Téléphone d'urgence 
01 41 87 28 60

Horaires 

  • De novembre à février : 10h-17h
  • Mars et octobre : 10h-18h 
  • D’avril à septembre : 10h-19h

Moyens d'accès 
Métro le plus proche : station « Pont de Neuilly » 
La grille d'honneur du château est 34, avenue de Madrid 

Qualité de l'air 
Information générale sur la qualité de l’air en Ile-de-France : https://www.maqualitedelair-idf.fr/ 
Qualité de l’air au quotidien : http://www.airparif.asso.fr/

Le livre de référence 
Gabrielle Joudiou : « La Folie de M. de Saint-James », 2001 Editions Spiralinthe, 144 pages - 42,68 euros 

Contact 
parcsjardins@remove-this.hauts-de-seine.fr