La Vallée-aux-LoupsCD 92

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Châtenay-Malabry à la fin du XIXe siècle

Châtenay-Malabry à la fin du XIXe siècle

Les collections de la Maison de Chateaubriand accueillent depuis peu dix oeuvres du peintre Léon Printemps.
Acquises en 2020, lors de la vente du fonds d’atelier de l’artiste, cet ensemble regroupe des vues de la Vallée-aux-Loups et de ses alentours exécutées entre 1887 et 1900.

Inspirations châtenaisiennes

Né en 1871 à Paris, Léon Printemps hérite de son oncle sculpteur un goût pour l’art. À l’École des Beaux-Arts, il intègre l’atelier du peintre Gustave Moreau, peintre Gustave Moreau, où il côtoie Rouault, Matisse et Marquet. Fidèle à l’enseignement de son maître, sa première production est marquée par le symbolisme. La suivante est consacrée à des paysages et à des portraits. Dès 1893, il expose au Salon des Artistes Français où l’État lui achète certaines de ses oeuvres. Ses parents possèdent une maison dans le hameau d’Aulnay. Le dimanche, la famille a l’habitude de s’y réunir et l’artiste en profite pour s’y confronter à la peinture de paysage, plantant son chevalet en pleine nature pour saisir quelques impressions. Les nombreuses esquisses des environs de Châtenay-Malabry qu’il laissa  restèrent longtemps dans la famille jusqu’à ce que Jacques Noireau, petit-fils du peintre, procède à la dispersion.

Un regard sur la Vallée-aux-Loups

« Ces peintures à l’huile de petit format, réalisées sur des panneaux de bois ou du carton, sont des "pochades", des esquisses préparatoires à des oeuvres définitives, décrit Pierre Téqui, chargé de la conservation de la bibliothèque. Signées, datées et situées au dos, elles ont été soigneusement documentées par l’artiste qui les conservait dans son atelier où il pouvait ensuite les reprendre pour en faire des oeuvres définitives. Réalisées sur le motif à Châtenay-Malabry et à ses abords, elles offrent un témoignage poétique de la Vallée-aux-Loups et de ses environs avant l’urbanisation du secteur. » Ces oeuvres de Léon Printemps ne sont pas les premières à figurer dans les collections de la Maison : une peinture du même auteur, intitulée La femme à la grille, est exposée dans la salle à manger. « Elle représente une femme vêtue de noir se tenant devant la grille Colbert, entrée de la propriété à l’époque de Chateaubriand. Cette image mélancolique aux couleurs automnales est datée de 1898, période où la maison et le parc appartenaient à la famille de La Rochefoucauld. Elle a été donnée au Département des Hauts-de-Seine en 2010. Or, parmi les dix oeuvres acquises, on trouve une huile sur toile représentant le même sujet mais avec un dessin plus soigné. On a compris que celle que nous avions était en réalité l’esquisse d’une oeuvre plus aboutie que nous sommes très heureux d’accueillirHauts-de-Seine en 2010. Or, parmi les dix oeuvres acquises, on trouve une huile sur toile représentant le même sujet mais avec un dessin plus soigné. On a compris que celle que nous avions était en réalité l’esquisse d’une oeuvre plus aboutie que nous sommes très heureux d’accueillir dans nos collections. » Cet ensemble occupe ainsi d’emblée une place de choix. « On y admire des paysages boisés et des arbres qui font encore la richesse des parcs départementaux du Domaine de la Vallée-aux-Loups, observe Pierre Téqui. Témoins de l’histoire du site, ces peintures attestent d’un intérêt toujours renouvelé pour cette "maison de jardinier, cachée parmi les collines couvertes de bois" dont Chateaubriand nous transmet le souvenir dès les premières pages de ses Mémoires dans nos collections. » 

Guide Vallée-Culture n°60 Janvier-Février 2022