José James, en concert lors de la 42ème édition de La Défense Jazz Festival sur l'esplanade de La Défense, le dimanche 30 juin 2019.

Romance à l'Alhambra

Culture Exposition - Conférence
Extrait El_suspiro_del_moro,_de_Marcelino_de_Unceta_(Museo_de_Zaragoza)DR
10 oct.
14 mars
Romance à l'Alhambra

Une nouvelle, Les Aventures du dernier Abencerage, écrite par Chateaubriand en 1807 mais publié beaucoup plus tard ; un opéra, Les Abencérages, ou l’étendard de Grenade, composé la même année par Luigi Cherubini, l’ombrageux Florentin devenu directeur du Conservatoire de Paris. Les liens romantiques entre les deux, la littérature mauresque et les fameux jardins constituent l’essentiel de l’exposition Romance à l’Alhambra, que présente la Maison de Chateaubriand à partir du 10 octobre. Le livret de l’opéra, hélas, n’est point de Chateaubriand ; c’est Étienne de Jouy qui s’en est chargé, comme il se charge de transformer Les Martyrs en livret, en profitant au passage dans ses œuvres complètes pour mettre avantageusement en lumière ses différences avec son illustre contemporain… Les Abencérages de Cherubini n’empruntent d’ailleurs que le cadre andalou à la nouvelle de Chateaubriand, laissant à celui-ci les amours impossibles entre le dernier membre de la dynastie arabe ayant régné sur Grenade et la fille du Cid. Il reste surtout de l’opéra, jamais ou presque représenté de nos jours, l’air de bravoure « Suspendez à ces murs mes armes » dans les florilèges où excelle Roberto Alagna. Ce qui ne fait que souligner, et c’est bien la plus belle des missions confiées à la Maison de Chateaubriand, l’éclat de la langue poétique où vient s’achever la nouvelle, au bord du tombeau du dernier Abencerage : « L’eau de la pluie se rassemble au fond de cette coupe funèbre et sert, dans un climat brûlant, à désaltérer l’oiseau du ciel. »