27/06/2019
 | Loisirs

La Défense : souffle extatique entre les tours

« L’art au grand air », deuxième édition du parcours d’art contemporain les « Extatiques » invite, jusqu’au 6 octobre, à poser un œil neuf sur le quartier d’affaires. 

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Les Extatiques, dont le coup d’envoi a été donné le 27 juin par Patrick Devedjian, proposent au public une balade urbaine à la découverte d'oeuvres éphémères. CD92/OLIVIER RAVOIRE

Au-dessus du bassin Takis flotte une brume inhabituelle. À l’intérieur de ce nuage de vapeur d'eau, le visiteur a une autre vision de La Défense : floue et beaucoup plus poétique. Fog Sculpture 07156, de la japonaise Fujiko Nakaya, est le point de départ d’un parcours placé sous le signe de l’air et des vents. « La Défense est un lieu surélevé, de gratte-ciel entre lesquels l’air circule. L’air c’est aussi la création, l’impalpable, ce qui ne peut être défini. On parle aussi de changer d’air, de voyager, d’aller vers d’autres cultures, expliqueFabrice Bousteau le commissaire de l’exposition, nous avons bâti une exposition où les artistes jouent avec l’air sous toutes ses dimensions ! »

Le collectif malaisien Pangrok Soulap s'est inspiré de la Défense pour réaliser trois gravures sur bois inédites. CD92/JULIA BRECHLER

Les Extatiques invitent à renouer avec les origines de La Défense, premier quartier d’affaire d’Europe, qui inspire autant les artistes que les urbanistes et les architectes. « La Défense possède une collection permanente de soixante-treize œuvres majeures du XXe siècle dont celles de Calder, César, Serra ou Miró, la plus importante en France à ciel ouvert, rappelle Patrick Devedjian, président de l’établissement public Paris La Défense qui voit dans ce quartier un lieu « où l’activité économique et la culture se mêlent et se soutiennent mutuellement ».

Cette pieuvre, "attaque visuelle" des britanniques Designs in air, a pris possession d'un immeuble en chantier. CD92/JULIA BRECHLER

Entre le bassin Takis et la fontaine Agam, une dizaine d’étapes ponctuent la déambulation : féérique comme la sculpture de brouillard de Fujiko Nakaya ; décalées comme la voiture déplacée par Benedetto Bufalino en haut d’un lampadaire, ou la balançoire « hors du temps » de Philippe Ramette figée dans son mouvement ; provocatrice comme la pieuvre de Design in Air, passant ses bras dans un immeuble de bureaux. La « fleur qui respire » du coréen Choi Jeong Hwa fait réfléchir sur la place de la nature dans un environnement artificiel. À mi-parcours une rétrospective sur l’air, « exposition dans l’exposition », est présentée sur des panneaux publicitaires. Bientôt, l’autre face de ce mobilier urbain détourné abritera les clichés drôlatiques de Tadao Cern : du 19 au 20 juillet, le Lituanien accueille les badauds dans son studio photo sur l’esplanade. Avec une méthode imparable : projeter sur votre visage de l’air à 300 km/h.

Bientôt à La Seine Musicale

À un jour près, la fin des Extatiques coïncidera avec la Nuit Blanche de Paris, le 5 octobre. Pour retrouver d’autres œuvres d’art éphémères, il faudra ensuite patienter jusqu’à la troisième édition, laquelle s’installera non seulement à Paris La Défense mais aussi sur l’Île Seguin, à La Seine Musicale, qui est déjà en elle-même un petit musée à ciel ouvert.