Les Hauts-de-Seine et les Yvelines prennent leur avenir en main

Lors de la séance publique du 5 février 2016, les assemblées des deux Départements ont approuvé la création d’un établissement public de coopération et la fusion de leurs sociétés d’économie mixte de développement local.

C’est un premier pas vers ce qui sera peut-être demain une seule et unique collectivité locale à l’ouest de Paris. Les conseillers départementaux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, réunis simultanément vendredi 5 février à Nanterre et à Versailles, ont approuvé la création d’une structure juridique commune. Cet établissement public de coopération interdépartemental dans lequel siégeront l’ensemble des élus des deux assemblées n’engendrera aucune dépense nouvelle : il fonctionnera avec les moyens mis à disposition par les deux collectivités.

« Je sais bien que ce projet surprend beaucoup de monde, pour la bonne raison qu’il est un peu iconoclaste, a déclaré Patrick Devedjian. C’est vrai qu’en France, on aime bien conserver les vieux cadres. Pourtant rien ne nous empêche de sortir de ce cadre et de libérer les énergies locales ». Pour le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, il s’agit aussi d’apporter un contrepoids à une menace réelle : la disparition annoncée des Départements de la petite couronne à l’horizon 2020. « J’ai du mal à y être indifférent parce que je me soucie des missions que notre Département conduit, avec efficacité et professionnalisme », a-t-il souligné, en pointant notamment les services de proximité rendus aux habitants « presque au cas par cas lorsqu’il s’agit de solidarité ». « Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs on s’acharne sur le Département, a insisté M.Devedjian. Alors que personne ne se pose de questions sur la CAF qui verse autour de 75 milliards d’euros par an d’aides sociales et qui est exactement calquée sur le Département à un gros détail près : à la CAF, les dernières élections remontent à 1983 ! » Avec trois millions d’habitants, la nouvelle échelle départementale Hauts-de-Seine/Yvelines qui a pour elle la cohérence géographique le long de la Seine resterait dans la norme : sa superficie ne représenterait ainsi que 44 % de l’ancien département de Seine-et-Oise créé après la Révolution…

Économies d’échelle

Mais le principal argument avancé par Patrick Devedjian et Pierre Bédier pour expliquer le rapprochement des deux collectivités est économique. La baisse des dotations de l’État est, par exemple, de - 64 % sur les trois dernières années pour le Département des Hauts-de-Seine… L’objectif du rapprochement est de démontrer qu’il est possible de réaliser des économies d’échelle et, partant, de libérer un potentiel de développement et d’investissement plus important. « Ces économies ne se feront pas au détriment de l’emploi, a assuré M. Devedjian. Nous avons besoin de maintenir des services de qualité, des services humains, avec des agents qui sont à la portée de la population et qui dialoguent avec elle autrement qu’à travers un formulaire ». « Le principal enjeu est le développement économique, a confirmé Pierre Bédier. Nous allons devenir le moteur économique dont la région capitale a besoin ».


Patrick Devedjian et Pierre Bédier ont tenu une conférence de presse commune le 5 février à Nanterre. (C292/Olivier Ravoire)

 

Les premières pistes de coopération annoncées vendredi 5 février, sont des démarches communes dans le domaine de l’action sociale comme la création d’un établissement interdépartemental pour personnes handicapées et la mise en commun des moyens d’entretien et d’exploitation de la voirie. Les deux assemblées ont également approuvé le principe de la création d’un outil commun de prospective et d’aménagement en fusionnant leurs sociétés d’économie mixte de développement local. « Avec ce rapprochement, nous formerons en quelque sorte un laboratoire d’innovation publique à la recherche d’une meilleure gestion et d’une meilleure efficacité territoriale », a conclu Patrick Devejian. Dans les Hauts-de-Seine, la création de l’établissement public de coopération interdépartemental a été approuvée par l’ensemble des élus de la majorité ; l’opposition a voté contre.

 

 

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