Sylviane Giampino

Chez l'enfant, même tout petit, surtout tout-petit, il y a un besoin de découvrir, d'explorer, de faire.
C'est donc la balance entre une nécessaire protection et cette pulsion vitale de l'enfant, cette curiosité insatiable pour le monde extérieur, qui est au cœur de la prévention.

Il faut chercher un équilibre, en évitant le leurre d'un environnement ultra sécurisé et en permettant à l'enfant de prendre conscience de ce temps suspendu entre l'envie de faire et le faire, c’est-à dire le passage à l’acte.

Pour certains petits, pas d’hésitation, l’interrogation n'existe pas ou n'a pas été transmise suffisamment tôt. Ils se mettent en danger, ce sont ces enfants qu'on dit « casse-cou ».

La recherche de cet équilibre amène à s'interroger sur la façon dont on peut responsabiliser un enfant sans tomber dans la culpabilisation, sur le mode « je te l'avais bien dit », et sur la façon dont on peut prévenir sans être dans l'anticipation négative, sur le mode « tu vas te faire mal ».

Pour un parent il s'agit aussi de comprendre s'il est dans une réelle logique de prévention ou dans la transmission de ses propres angoisses.

Se pose, enfin, la question de l'autorité.
Pourquoi doit-on se faire obéir ? Le besoin de découvrir et de tester est inhérent au développement de l'enfant. Les parents, eux, peuvent vivre cette répétition des comportements exploratoires comme une provocation.
Il est alors nécessaire de les aider à sortir de ce face-à-face stérile provocation/autorité et de cet objectif implicite de « vouloir faire plier l'enfant ». 

 

Bibliographie

  • « Les mères qui travaillent sont-elles coupables » Albin Michel, 2007
  • « Nos enfants sous haute surveillance » Albin Michel, 2009
  • « y a t-il encore une petite enfance? Le bébé à corps et à cœur » Eres, 2013