Que faire quand...

Que faire quand : mon enfant pleure ? Qu’il ne s’adapte pas à la crèche ou chez l’assistante maternelle ? Qu’il refuse de manger ? Qu’il mord ? Qu’il ne dort pas ? Qu’il refuse de jouer ?

Le rôle des professionnels est de répondre aux besoins de l’enfant et de l’accompagner dans son développement dans le respect de sa personne.
L’adulte respectera donc le désir de l’enfant si celui-ci ne va pas à l’encontre de son bien être.
Un enfant a le droit de ne pas vouloir manger ponctuellement, de ne pas vouloir dormir car il s’est réveillé tard, d’avoir besoin de se ressourcer en utilisant sa tétine car il n’est pas très en forme ou traverse une période un peu compliqué.
De même, il peut ne pas avoir envie de jouer. Dans ces différentes situations, il est important d’essayer de comprendre ce qui se joue pour l’enfant à ce moment là et de faire la différence entre une attitude occasionnelle et un comportement qui dure dans le temps. 
L’important pour l’enfant est qu’il se sente entendu dans sa demande pour éviter de rentrer dans une opposition autour de l’alimentation, du sommeil…

Mon enfant pleure quand je viens le rechercher
La notion de temps chez l’enfant met longtemps à se construire (6 à 7 ans).
Quand l’enfant retrouve son parent le soir, cela le replonge dans la séparation qui a eu lieu le matin et les pleurs sont alors l’expression des émotions qui le traversent à ce moment là.
Il faut lui laisser le temps de se réapproprier ce moment de retrouvailles en le consolant.
Le professionnel est là pour rassurer les parents et leur expliquer que le fait qu’il pleure ne veut pas dire qu’il a passé une mauvaise journée au contraire et leur donner les détails de cette journée.

Mon enfant pleure le matin quand je le laisse
C’est normal que l’enfant souhaite rester avec son parent, le quitter n’est pas forcément facile.
C’est une attitude plutôt « saine » qui montre que l’enfant fait bien la différence entre ses parents et les autres adultes.
Le professionnel peut aider à la séparation en expliquant à l’enfant que ce qu’il ressent est normal, qu’il va retrouver papa ou maman ce soir après avoir bien joué à la crèche.
Les rituels de séparation permettent d’aider de mieux vivre cette « transition » : doudou, câlin, coucou par la fenêtre…

Mon enfant ne s’adapte pas à la crèche
L’enfant a besoin de temps pour pouvoir intégrer un nouvel environnement et selon les enfants ce temps est plus ou moins long.
La période d’adaptation va permettre de créer des liens et de donner suffisamment de sécurité pour se séparer dans de bonnes conditions.
Mais pour être parfaitement à l’aise, il va falloir à l’enfant quelques semaines de plus.
Il arrive parfois que certains restent mal à l’aise au sein d’un groupe et ils subissent alors la collectivité sans pouvoir s’y intégrer.
Un changement de mode de garde peu alors être bénéfique. Mais avant d’en arriver là, il faut savoir laisser du « temps au temps.
L’observation, les discussions avec les parents pour mieux connaître l’enfant et ce qu’il vit peut aider celui-ci à mieux profiter de sa journée de crèche.
La confiance des parents dans cet accueil et le fait qu’ils soient rassurés va aider l’enfant à se sentir à l’aise dans ce nouveau lieu.

La journée de mon enfant à la crèche, que fait-il ?
Il est important pour les parents de connaître la vie de leur enfant à la crèche.
Les discussions avec les professionnels qui le prennent en charge vont leur permettre de partager un peu la journée de leur enfant ; les transmissions quotidiennes, les temps de discussion sont aussi importantes pour les professionnels.
Cela permet d’avoir une attitude cohérente entre la maison et la crèche.
Selon les structures, ce partage prendra différents formes : réunions de parents, affichages photos sur les moments de vie des enfants, affichage des « activités » proposés aux enfants, entretiens individuels.

Mon enfant refuse de manger
En tant qu’adulte nous avons bien des jours où nous n’avons pas très faim et on ne nous force pas à manger….
L’enfant a donc lui aussi le droit de sauter un repas, il mangera sûrement mieux au repas suivant !
Le professionnel va observer si cet élément est isolé ou s’il y a d’autres éléments qui interpellent pouvant orienter vers une explication (par exemple manque d’appétit et déclaration d’une maladie…) cette vigilance permet, si la situation perdure, de pouvoir en parler avec les parents pour comprendre ce qui se passe et les orienter si nécessaire.

Mon enfant perd du poids
Un enfant qui perd du poids nécessite une surveillance.
Cette perte de poids peut être liée à une gastro-entérite, la surveillance du poids permet de dépister les signes d’une déshydratation et la nécessité de consulter. Un enfant dont le poids stagne nécessite une surveillance.
Il peut être judicieux de faire le point sur les apports alimentaires et la manière dont se passent les repas.
Il convient si la situation perdure de prendre l’avis d’un médecin pour trouver la raison de cette cassure dans la courbe de poids.

Il ne quitte pas sa tétine
Au niveau de la tétine, l’attitude est similaire. Notre rôle au quotidien est de pouvoir aider l’enfant à se sentir en sécurité et à se détacher progressivement de sa tétine. Si cela est compliqué pour lui, il faut lui laisser la possibilité de la prendre s’il en a besoin.

Mon enfant ne joue pas
Un enfant qui joue est un enfant qui va bien.
Avoir envie de ne rien faire à certains moments est normal chez l’enfant qui peut à ce moment rêver, se ressourcer…
Par contre un enfant qui ne veut plus jouer et dont le comportement a changé doit alerter l’adulte qui en discutera avec les parents afin de chercher ce qui pourrait être la cause de ce changement et ce qui pourrait être mis en place au quotidien pour aider l’enfant.
Si la situation perdure, le professionnel orientera les parents vers d’autres professionnels, psychologue, médecin…

Mon enfant mord
La deuxième année de vie chez l’enfant se caractérise par de nombreux bouleversements. Il acquiert la marche et « part à la conquête du monde », il va construire sa personnalité en s’opposant à l’adulte.
Il va alors régulièrement se retrouver confronté à une limitation de son champ d’exploration, cette confrontation aux limites posées par l’adulte, même si elles sont rassurantes car elles contiennent l’enfant, sont très frustrantes pour lui et comme il n’a pas encore acquis le langage, c’est avec son corps qu’il va parler !
La morsure peut être pulsionnelle, l’enfant contrarié se « décharge de son émotion en croquant le petit copain à coté de lui », ce peut aussi être une méthode pour obtenir un jouet convoité : l’enfant mord la main qui tient cet objet « si tentant », l’autre le lâche et il peut alors se l’approprier…
Il n’y a pas de notion de méchanceté dans cet acte.
Ce n’est pas l’enfant qui est méchant, c’est ce qu’il a fait qui est interdit car cela fait mal…
Dans ces situations de mordeur/mordu, il est important de réconforter tant l’enfant qui a été mordu que celui qui a mordu car souvent ce dernier est désemparé face à la réaction du copain qui pleure. Les paroles permettent d’expliquer qu’on a le droit de ne pas être content ou de vouloir le jeu de l’autre mais qu’il y a d’autres manières de le dire.
L’adulte ne doit en aucun cas mordre l’enfant qui a mordu pour lui faire voir que cela fait mal. En effet, l’adulte perd sa crédibilité : « je t’interdis de mordre mais moi je le fais ! » l’exemple qui est donné va à l’encontre du but recherché.
La morsure est donc un passage fréquent dans le développement de l’enfant, plus ou moins important et qui va disparaître en grandissant.
Dans certains cas, ce comportement devient prépondérant chez lui ; il est alors la manifestation d’un mal être qui nécessitera une prise en charge pour aider l’enfant à dépasser cette forme de communication mal adaptée.

Patricia BRIOIS
Directrice de crèche départementale
Conseil départemental des Hauts-de-Seine