Demain, à chacun son robot ?

Les nouvelles technologies arrivent, oui, mais comment ?
Et pour qui ? Réponses de Cyril Delattre, président de À CE SOIR, société de conseil spécialisée dans les mutations sociétales en cours.

hauts-de-seine.net : Quelles sont les conditions pour que se développent les nouvelles technologies en faveur du maintien à domicile des personnes âgées ?

Cyril Delattre : Le monde économique dans lequel nous vivons est de plus en plus celui de la collaboration, de la co-évolution, du partage, de la mutualisation. Regardez les phénomènes de la co-location, du co-voiturage, des espaces de co-travail, des co-entreprises…
Par ailleurs les bonnes idées, les innovations se partagent. C’est ce que l’on appelle l’open innovation, l’open source. Ces évolutions sont très favorables aux développements des nouvelles technologies en faveur des personnes âgées et leur maintien à domicile.

Les secteurs Public et Privé (administrations, autorités de santé, entreprises, associations avec leurs communicants, chercheurs, ingénieurs, développeurs) vont faire évoluer ensemble ces technologies.

C’est ce travail collaboratif qui permettra à chacun d’apporter sa contribution utile et d’obtenir un système efficace et économique. Les uns vont être en mesure de parfaitement faire remonter les besoins et les peurs. Les autres vont y répondre à partir de leurs connaissances et de leurs recherches.

Certains vont expliquer aux personnes âgées et à leurs entourages l’intérêt et l’usage de ces technologies nouvelles. D’autres vont mettre en place les financements en amont et en aval. Il s’agit donc de la création d’un écosystème ayant pour finalité un enjeu sociétal majeur : le maintien à domicile des personnes âgées et ceci dans une harmonie entre la technologie et la relation humaine, que personne ne remplacera jamais !

 

HDS : Quels sont les modèles économiques qui pourraient permettre ce développement ?

CD : En règle générale on remarque actuellement que la tendance va vers une économie d’usage et non de possession. Ces nouvelles technologies seront principalement louées avec le service qui les entoure. D’autant plus que les évolutions seront toujours extrêmement rapides et que les “clients“ exigeront d’avoir en permanence le matériel le plus à la pointe. On ne pourra imaginer de bénéficier d’un matériel moins performant. La santé a un prix.

Il est fort probable que les organismes de santé participent à cette économie, à partir du moment où elle permettra des économies budgétaires pour les comptes publics.

Il est aussi fort envisageable que les organismes assurantiels proposent des solutions avec une participation de leur part, ou une déduction des primes. Il y aura là un double effet : servir ses clients et faire des économies.

 

HDS : Les nouvelles technologies seront-elles accessibles à tous ?

CD : Sans doute pas de façon équitable ! Nous aurons toujours des personnes à plus haut pouvoir d’achat qui pourront bénéficier du meilleur matériel ou du plus rare sur le marché. Plus les besoins seront précis et plus les coûts seront élevés. Si on pense au robot humanoïde “compagnon“ qui pourra porter, monter un escalier ou attraper des objets sur une table, il ne sera pas accessible pour tout le monde !

En revanche tous les outils connectés comme les bracelets ou les tapis de sol seront à la portée de chacun. Et plus on va avancer dans les technologies, plus les coûts baisseront.

Il n’est pas impossible également que l’on voit arriver sur ce marché comme ailleurs le phénomène du low cost (services et produits à moindre coût). N’oublions pas non plus que toutes des technologies auront un autre bénéfice qui ne demandera qu’à se renforcer : la solidarité humaine !

 

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