Dernière mise à jour : 16/11/2016

La politique départementale en faveur de l'économie collaborative

Entre 2010 et 2015, le Département s'est engagé en faveur de l'économie sociale et solidaire dans l’objectif d’apporter des réponses à des besoins peu ou non couverts sur le territoire des Hauts-de-Seine, y compris en matière de création d'emplois.

Le Département des Hauts-de-Seine a soutenu 68 projets à hauteur de 3 531 189 €.
La politique en faveur de l’économie sociale et solidaire a généré 1 462 emplois directs et indirects, dont 657 créés pour les bénéficiaires alto-séquanais du revenu de Solidarité active (rSa) grâce aux clauses sociales dans les marchés publics du conseil départemental.

Tous les lauréats de l'appel à projets départemental d'Economie sociale et solidaire

En 2015, le Département a étendu son soutien vers l’économie collaborative en créant une vice-présidence déléguée.


Promouvoir des projets innovants 

Fort de ce bilan, il nous faut aujourd’hui, imaginer de nouvelles solutions pour être prêts à répondre aux enjeux de notre territoire. L’économie collaborative, encore appelée économie du partage, décuple les initiatives solidaires et sociales, participe à la résurgence d’anciennes formes de solidarité en leur injectant le facteur numérique. Pour le conseil départemental, il s’agit de renforcer l’attractivité du territoire par la promotion de projets innovants qui prennent en compte la mutation des pratiques professionnelles et des modèles de consommation, les enjeux de mobilité et la nécessaire transition énergétique.

Marie-Pierre Limoge
vice-présidente chargée de l’économie collaborative

Suite à la promulgation, en août 2015, de la loi n°2015-991 portant nouvelle organisation de la République, dite moi NOTRe, l'appel à projets départemental de l'économie sociale et solidaire a été suspendu mais le Département a souhaité continuer à soutenir ce secteur à fort potentiel économique, social et d’innovation pour les Hauts-de-Seine, en redéfinissant et modernisant ses modalités d’intervention.

Le Conseil Départemental de l'Economie Collaborative des Hauts-de-Seine (CDEC) 

Instauré en janvier 2011, ce conseil est composé de 11 conseillers généraux, du préfet des Hauts-de-Seine et des personnalités qualifiées. Sa composition a été mise à jour suite aux élections départementales du 29 mars 2015.

Ses missions :

  • suivre l'avancement de l'ensemble des actions entreprises dans ce domaine ;
  • identifier les besoins dans les Hauts-de-Seine ; 
  • se montrer force de proposition.

11 conseillers généraux :

› Marie-Pierre Limoge
› Alice Le Moal
› Aurélie Taquillain
› Isabelle Caullery
› Armelle Tilly
› André Mancipoz
› Christian Dupuy
› Anne-Christine Bataille
› Nicole Gouéta
› Pierre Ouzoulias
› Catherine Picard

Le préfet des Hauts-de-Seine (ou son représentant)

Des personnalités qualifiées :
› Jean-Yves Durance (président de la CCIP 92)
› Jean-Philippe Milésy (délégué de Rencontres Sociales)
› Catherine Coupet (PDG Groupe Up)
› Pierre Tapie (président de l'ESSEC)
› Jean-Pierre Dupressoir (administrateur de l'ADIE)
› Hugues Sibille (président de la fondation Crédit coopératif)
› Arnaud Richard (président de l’Atelier)
› Bernard Quinio (vice-président Université Paris Ouest Nanterre)


Les actions départementales 

♦ Les initiatives collaboratives : vers un renouveau de l'action sociale

• Les Entretiens Albert-Kahn

Le Département des Hauts-de-Seine a initié durant plus de six mois, une expérimentation "Pour un renouveau des pratiques d’accompagnement de l’action sociale" afin de mieux comprendre comment l’économie collaborative pouvait répondre à des besoins concrets exprimés par les usagers des services sociaux. Cette expérimentation, proposée par le Laboratoire d’Innovation publique du Département "Les entretiens Albert-Kahn", devait répondre à trois objectifs :

  1. Mieux comprendre les besoin des publics en difficulté 

    La parole a été donnée aux usagers et aux travailleurs sociaux : une nouvelle grille d’entretien partant des besoins et des valeurs des personnes a été utilisée par une dizaine de travailleurs sociaux volontaires répartis sur le département. Le questionnaire a permis de mieux appréhender la personne dans sa globalité, de ne plus la considérer uniquement dans ses difficultés et de dégager plusieurs pistes pour l’aider à gagner en pouvoir d’agir, à la fois dans sa vie personnelle comme dans sa vie professionnelle.
     
  2. Identifier comment les dispositifs d'économie collaborative peuvent compléter l'offre traditionnelle de services publics 

    L’économie collaborative peut contribuer à la dynamisation économique d’un territoire en suscitant de nouveaux comportements plus respectueux de l’environnement, plus efficaces économiquement et socialement. L’étude de ce secteur ont permis d’affiner les connaissances, de mesurer les potentiels et les limites et surtout d’appréhender parmi toutes les pratiques collaboratives, celles qui serviront plus spécifiquement l’action sociale
     
  3. Créer un nouvel outil au service du travail social : un guide d'initiatives collaboratives

    Cet outil est le fruit de l’alliance des connaissances des besoins sociaux et des acteurs de l’économie collaborative. Les contributeurs à l’expérimentation ont recensé, tout au long de l’expérimentation, des initiatives collaboratives nationales et locales présentant une utilité pour les personnes accompagnées par les services sociaux. Ce guide papier a pour vocation d’évoluer en version numérique pour un accès direct actualisé, à l’image des plateformes Internet collaboratives: les professionnels comme les habitants auront la possibilité de l’alimenter et d’exprimer des avis et commentaires. Mais surtout ils auront à leur disposition un outil simple et efficace, leur proposant des solutions pour améliorer leur vie quotidienne.

L’expérimentation en chiffres :

- une équipe projet de 3 personnes
- une équipe pilote de 10 travailleurs sociaux

- 32 entretiens réalisés avec 8 hommes et 24 femmes, usagers des services sociaux

- Près de 600 initiatives collaboratives référencées 

♦ Les tiers-lieux collaboratifs : des nouveaux espaces de travail pour préserver la qualité de vie 

Les tiers-lieux (comme les espaces de coworking, les fablabs ou les télécentres) sont des espaces de travail partagés où des entreprises partagent leur espace de travail selon des formules de réservation flexibles allant de quelques heures à plusieurs mois.

Les occupants y mutualisent leurs ressources (bureaux équipés, accès à un réseau internet, équipements informatiques performants, partage de salles de réunion) et créent du lien avec les autres « coworkers ». En effet, dans ces espaces de travail conviviaux et stimulants, des personnes qui n’appartiennent pas à la même entreprise peuvent échanger leur expérience, enrichir leurs réseaux professionnels et multiplier les collaborations commerciales.

Certains tiers-lieux favorisent l’émulation entre les coworkers grâce à une animation régulière de l’espace (organisation d’ateliers, de conférences, de petits-déjeuners…) afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté professionnelle. Levier d’innovation économique, ils assurent des ponts avec d’autres acteurs socio-économiques locaux implantés sur leur territoire : associations, collectivités territoriales, amap… Ils favorisent l’attractivité des communes qui les entourent en apportant aux travailleurs indépendants et aux PME des solutions d’hébergement économiques et de proximité.

On dénombre aujourd’hui environ 40 tiers-lieux dans l’ouest francilien.. Deux tiers-lieux ont été créés dans les Hauts-de-Seine avec le soutien du Département : Casaco à Malakoff et Sceaux Smart à Sceaux.

En images

 


Le Département a soutenu l’organisation de l’arrivée du "Tour de France du Télétravail" à La Défense en juin 2014.

L’objectif de ce tiers-lieu éphémère, le plus grand jamais construit, a été d’en illustrer les différents usages et de sensibiliser les acteurs locaux (publics, privés et associatifs) à l’évolution des pratiques managériales.

Cette rencontre a permis en outre d’identifier et de cristalliser une communauté d’intérêts et d’acteurs autour de cet enjeu. Elle se poursuit par des ateliers de travail et une réflexion est en cours pour déterminer la manière la plus concrète mais aussi la plus pertinente pour le Département de s’inscrire dans cette dynamique.

♦ Les clauses sociales

En décembre 2010, le Département a décidé de faire des clauses sociales dans ses marchés publics, un de ses axes d’action au service de l’insertion en se fixant l’objectif d’inclure des clauses sociales dans au moins 10 % de ses marchés. Il était le seul Département de France à avoir voté par délibération un tel objectif de clauses à atteindre.

Aujourd’hui, l’objectif du Département est dépassé avec plus de 14%. (Seuls 6,7% des marchés en France contiennent à ce jour des clauses sociales selon RTES).

De 2011 à 2017 : 654 marchés clausés ont permis à 1 055 Bénéficiaire du rSa de travailler 581 805 heures. Le Département a pu faire une économie théorique de 4 700 060 € (rSa non versé – coûts pour le Département).

L’organisation à la fois souple, lisible et collaborative que le Département à mise en place est de plus en plus reconnue : les services du Département accompagnent Paris La Défense, l’Etablissement Public Interdépartemental, la Mairie de Courbevoie et tout récemment l’Université Paris Nanterre pour la mise en place et le développement de clauses dans leurs marchés.

Les années 2018 et 2019 devraient être marquées par l’élargissement des collaborations à d’autres structures (communes entre autres), l’objectif étant d’accroître chaque année le nombre de retours à l’emploi des bénéficiaires du rSa.

Ce dispositif a fortement contribué à l’obtention par le Département en 2017 de la labellisation "Charte des Achats Responsable". Le Département est la 1ère collectivité française à avoir reçu ce label.

Si vous êtes une collectivité et que vous souhaitez mettre en place les clauses sociales dans vos marchés publics, rapprochez-vous de
Henri de Saint-Ceran au 01 41 20 29 16 ou hdesaintceran@hauts-de-seine.fr 

♦ Les Matinées de l’Economie Collaborative

Cet évènement annuel organisé depuis 2011, a pour ambition de valoriser les réussites, les initiatives innovantes et les nouvelles formes de coopérations. Il encourage les débats et la réflexion autour des enjeux stratégiques pour le développement de nouveaux modèles économiques.

À travers ces matinées, le Département a réuni des enseignants, des chercheurs, des étudiants, des entreprises locales, des porteurs de projets, des acteurs de l’Économie Sociale, Solidaire et collaborative et les collectivités. Il est l’occasion d’informer, de favoriser les rapprochements, de susciter des partenariats et de faire émerger des projets innovants sur le territoire.

Le premier rendez-vous, en 2011 à l’Espace Grande Arche de la Défense, a rassemblé près de 500 personnes dont 40% d’entreprises du secteur marchand traditionnel.
Le second forum, sur le thème de l’innovation sociale, a rassemblé environ 300 personnes, soit la capacité maximum de la salle de conférence de l’Hôtel du Département.
La troisième édition qui ciblait particulièrement les étudiants, s’est tenue à la faculté de Nanterre Paris Ouest la Défense, 380 personnes ont participé à l’évènement.
A l’Hôtel du Département, l’édition 2014 qui présentait les contours, enjeux et initiatives de l’économie collaborative, a rassemblé 290 personnes.
La dernière édition destinée exclusivement aux élus des Hauts-de-Seine et des Yvelines a réuni 107 participants : députés, maires et adjoints, conseillers départementaux, conseillers régionaux, porteurs de projet et le délégué interministériel de l'ESS.

L’édition 2018 devrait marquer l’évolution du concept d’Economie Sociale et Collaborative vers celui, plus moderne et en lien avec notre territoire, d’Innovation Collaborative.


Zoom sur les projets d’économie collaborative

♦ Banque alimentaire Paris-Île -de France (BAPIF)
La BAPIF est au service des associations d’Île-de-France à qui elle fournit des produits alimentaires, qu’elles mettent à disposition des plus démunis.
Ouverture d'un centre d’approvisionnement et de distribution de 2 000 m² dans le port de Gennevilliers.
Il s’agit d’un emplacement stratégique qui permettra de:
- faire économiser en temps, en frais de transport, les associations des Hauts-de-Seine qui pourront s’approvisionner davantage,
- collecter des produits supplémentaires auprès de la grande distribution, très présente sur le territoire,
- servir de nouvelles associations.
Subventions attribuées :
- fonctionnement : 100 000 €
- investissement : 50 000 €

 




♦ CASACO, Espace de co-working à Malakoff (siège social à Malakoff)
Création d'un lieu dynamique regroupant des entrepreneurs afin de casser leur solitude. Un lieu réunissant des conditions optimales de travail avec connexion très haut débit, accès à des salles de réunion, cuisine, un petit potager en libre service, et des espaces détente et de convivialité.
Subventions attribuées :
- fonctionnement : 35 000 euros
- investissement : 32 408 euros

 




♦ Dire le monde à Clamart
Création d’ateliers pédagogiques de découverte des musiques du monde pour les établissements scolaires et socioculturels, les maisons de quartiers, médiathèques et autres festivals culturels.
› Subvention accordée :
- fonctionnement : 50 000 €

 




♦ Solidarité étudiante

"CoopCampus P10"
- Améliorer la situation des étudiants (budget et santé) par le développement de la cafeteria sociale de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.
- Retisser du lien social entre les étudiants par le biais d’actions culturelles et citoyennes ; acheter des équipements pour la gestion de la cafétéria.
Subvention : 70 833 €

 




♦ Théâtre de l’Avant-Seine à Colombes
Création d’un café culturel au sein de l’Avant-Seine / Théâtre de Colombes
Création d’une nouvelle offre de service de restauration appelée "café culturel" avec des produits respectueux de l’environnement, solidaires, éthiques et issus du commerce équitable, afin d’attirer un nouveau public et de dynamiser l’offre .en centre-ville.
Subvention attribuée : 30 000 euros 




♦ Tumclasst
Bouquiniste-Salon de thé-Laverie à Colombes
Dans le quartier de la gare du stade, place Facel Vega à Colombes, création d’un nouveau service de proximité favorisant les rencontres et la mixité sociale entre habitants d’un même quartier.
Subvention : 50 000 euros