La Promenade des vallons de la Bièvre

La Promenade des vallons de la Bièvre désigne la partie alto-séquanaise de la Coulée verte du sud parisien. Itinéraire de circulation douce, "voie verte" de proximité, elle est véritable poumon de verdure francilien.

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La création de la Promenade

Tout commence en janvier 1878 avec la présentation du projet de la ligne de chemin de fer de Paris à Chartres par Gallardon à l’Assemblée nationale ; l’objectif de l’époque était de construire à terme 17 000km de voies ferrées sur le territoire français. C’est en 1913 que les premiers travaux de terrassement vont commencer avant d’être ralentis par la guerre. Suite à cette première guerre, la situation économique de l’État ne permet pas une reprise efficace des travaux et en 1929 le projet ferroviaire estimé à 230 millions d’euros devient illusoire.
En 1981 un projet renait : il s’agit de la ligne à grande vitesse de Paris à Tours et au Mans. À cette époque, entre Bagneux et Massy, l’emprise de l’ancien espace destiné à recevoir la ligne Paris Chartres par Gallardon, est une vaste étendue colonisée par la végétation, plus ou moins exploitée par les communes (terrains de sport, jardins familiaux). Ce ruban vert spontané préfigure finalement la future coulée verte. C’est donc en toute logique, que la ligne à grande vitesse fut construite en souterrain, afin de préserver les usagers du bruit et de sauvegarder les terrains végétalisés en surface, très appréciés des habitants.
Le 10 janvier 1985, l’Etat et la Région signent un protocole d’accord sur la réalisation simultanée de la ligne TGV et de la coulée verte. Le 5 mars 1985, le Syndicat Mixte d’Etude et de Réalisation de la Coulée Verte du Sud Parisien (SMER) est créé par arrêté préfectoral. Il est composé des neufs communes traversées (Malakoff, Châtillon, Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Sceaux, Châtenay-Malabry, Antony, Verrières-le-Buisson, Massy), des deux Départements (Hauts-de-Seine et Essonne) et de la Région. Les paysagistes travaillent avec les communes qui auront la charge de l’entretien de la Coulée verte. Un cahier des charges leur est fourni, pour cadrer leurs projets respectifs, les obligeant notamment à respecter le principe de continuité et d’unité de la coulée. Les travaux débutent en 1988 avec l’entreprise Paysage de France, et s’achèvent en 1996 avec une promenade qui s’étend sur 14km.

Aménagée comme un itinéraire paysager permettant une circulation douce (piétonne et cyclable) et offrant une succession d’espaces verts de proximité pour les riverains, la Coulée verte du sud parisien s’est progressivement imposée, aussi, comme un espace naturel à vocation écologique. En 2001, elle a donc été inscrite au schéma des espaces naturels sensibles (ENS) des Hauts-de-Seine. Elle représente en effet un formidable corridor écologique, avec un potentiel à développer, pour relier les espaces de nature du sud ouest parisien.

En juillet 2003, par convention signée entre les membres du SMER, le Département des Hauts-de-Seine reçoit la gestion intégrale de la Coulée verte sur son territoire (hors donc la partie essonnienne sur Verrières et Massy), afin d’en harmoniser la gestion et renforcer son identité. En 2008, suite à l’approbation du schéma des parcours buissonniers, la portion alto-séquanaise de la coulée verte est désormais appelée la Promenade des Vallons de la Bièvre, nom qui la lie plus étroitement à la géographie naturelle du lieu.

 

Une ballade au cœur du département 

Depuis sa création, deux principes ont été suivis : assurer une continuité piétonne et cyclable et maintenir ces espaces verts de proximité pour les habitants. En la parcourant aujourd’hui depuis la capitale par la porte Brancion, voici ce que l’on peut découvrir.
La Promenade est d’abord très urbanisée, avec la proximité de la gare de « Malakoff – Plateau de Vanves » et de ses parkings (voiture, vélos), le boulevard Charles de Gaulle d’un côté, et la voie de chemin de fer de l’autre. La place du végétal est limitée mais grandissante : les alignements d’arbres et les massifs arbustifs appuient la signalétique pour nous guider au travers de la promenade et végétaliser le paysage environnant. Cette perception est aujourd’hui renforcée par le réaménagement des cheminements et la plantation d’espèces ayant des floraisons pourpres et blanches remarquables. Les chiens n’ont pas été oubliés dans cette trame dense, un parc canin leur permet de se défouler. De nombreux nichoirs sont présents sur les alignements offrant le gite aux oiseaux.


Nous atteignons ensuite Châtillon et l’arrivée de son tramway, le T6, dont le terminus débouche sur notre voie douce. La promenade nous mène à travers la ville jusqu’au square Léo Malet, offrant des aires de jeux pour les enfants et des pelouses pour profiter de la verdure. La poursuite de la visite nous mène à travers la zone industrielle, secteur le plus étroit de la Promenade, où la ballade est rendue agréable par la présence d’un véritable écrin de verdure qui nous mène jusqu’à Bagneux.

Au détour d’une traversée de route, la végétation gagne sur la ville avec une promenade plus large, des pommiers viennent animer les lieux au fil des saisons (photos). Un tumulus créé lors des travaux du TGV (suite au creusement de la voie ferrée) ouvre un panorama sur Paris et les trois clochers avoisinants (Châtillon, Bagneux et Fontenay-aux-Roses).
 
 

À Fontenay-aux-Roses, de nombreux équipements sportifs sont disponibles pour le plus grand bonheur des usagers (joggers, boulistes …), puis nous découvrons la roseraie : La Promenade des vallons de la Bièvre prend alors des airs de jardin durant leurs floraisons et nous guide jusqu’à la fontaine de la place Ste Barbe. Le relief devient ensuite plus prononcé, la promenade descend vers le ru des Blagis puis remonte vers Sceaux.

 


C’est au milieu de la ville de Sceaux, au sommet du coteau que la ballade se poursuit : grâce à la topographie du lieu, un belvédère nous offre le plaisir de passer le regard au delà des bâtiments en direction du sud. On y perçoit les boisements de la Vallée-aux-Loups poursuivis par le bois de Verrières surplombant Châtenay-Malabry.

Passant d’une commune à une autre, il faut quitter le belvédère et suivre la pente pour aboutir à Châtenay. Une vue imprenable se dégage sur la perspective majeure du Domaine de Sceaux, où de nouveaux parterres de broderie de buis et de gazon ont été aménagés d’après les plans d’origine (XVIIe siècle). Laissant ce tableau sur notre gauche, nous poursuivons la promenade, de plus en plus ample. Des équipements sportifs, de vastes pelouses attendent d’être occupées pour des pique-niques et autres jeux de ballons en tous temps. Reprenant notre chemin le long de la voie TGV, nous évitons les traversées de route grâce aux tunnels, où parmi ceux-ci, une fresque futuriste a été peinte. D’autres pourraient venir s’y ajouter.

 

Sortant du dernier tunnel passant sous l’A86, au détour d’un virage, nous arrivons sur la commune d’Antony et le parc des Alisiers (4Ha aménagés en 2013 par la ville). On entre ici dans la partie la plus champêtre de la ballade avec dès le printemps l’arrivée de prairies fleuries ; seuls les croisements avec les rues nous rappellent encore la ville.


Au terme de cette promenade, plusieurs choix s’offrent à nous : Poursuivre sur la promenade sur les communes de Verrières-le-Buisson et de Massy, ou profiter du parc Heller avoisinant où les installations sportives de tous types sont présentes (poney-land, terrains de football, de rugby …).

 

Une gestion harmonieuse dans l’air du temps 

A sa création, la Coulée verte a concilié des intérêts nationaux (passage d’une ligne de chemin de fer à grande vitesse) et des intérêts locaux (itinéraires de circulation douce et espaces verts de proximité pour les habitants). C’est un exemple réussi de développement durable du territoire. Et c’est dans cet esprit de rapprochement des intérêts, des usages, que le site devra évoluer. C’est pourquoi aujourd’hui, la Promenade des vallons de la Bièvre affiche trois vocations fortes : itinéraire de circulation douce, espace vert de proximité et continuité écologique qu’il convient de préserver. Elle est d’ailleurs labellisé Eve® (Espace végétal écologique) tous les ans, depuis 2012.
Afin d’en assurer une gestion cohérente le travail du gestionnaire s’appuie sur un outil : le plan de gestion.
C’est une programmation sur cinq ans des actions principales à conduire pour préserver et améliorer la valeur patrimoniale du site (patrimoine naturel et culturel). Il garantit le juste équilibre entre ses différentes vocations (écologique, paysagère, sociale, historique …). La finalité et les moyens sont pensés dans une logique de développement durable.

L’actuel plan de gestion de la Promenade des vallons de la Bièvre (2014-2017) repose sur trois grands axes d’amélioration, précisés par des objectifs à mettre en œuvre dans les cinq prochaines années. Il s’agit d’améliorer la qualité d’accueil et de faciliter les usages, d’améliorer la qualité paysagère, pour la diversité des ambiances, selon l’environnement naturel et urbain des lieux, et enfin d’améliorer la gestion environnementale.

Les travaux prévus sur la Promenade des vallons de la Bièvre

Nous vous rappelons que tout chantier peut générer du bruit et des déviations de parcours. Les dates seront précisées 2 semaines avant le début du chantier.

Consultez les travaux prévisionnels sur la promenade (carte mise à jour le : 15/09/2016)
Entre Malakoff et Bagneux (format jpeg)
Entre Bagneux et Sceaux (
format jpeg)
Entre Châtenay-Malabry et Antony (format jpeg)
 

En savoir plus : 

> Consulter la synthèse du plan de gestion paysager 

>Consulter notre plaquette (pdf)

ECOCERT Eve® 

 

 

Contact :
01 41 87 28 00
parcsjardins@cg92.fr

Superficie :
34ha répartis sur les sept communes : Malakoff, Chatillon, Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Sceaux, Chatenay-Malabry, Antony.

Accès libre à toute heure.

Moyen d’accès :
- RER B : gare de Fontenay-aux-Roses ou gare de Robinson
- Métro ligne 13 station : Malakoff – Plateau de Vanves, Malakoff - rue Etienne Dolet, ou Châtillon Montrouge.
- Tramway T6 

 

La ligne de chemin de fer de Paris à Chartres par Gallardon

Le projet de cette ligne est inscrit dans le plan-programme présenté en janvier 1878 à l’Assemblée nationale, visant la construction à terme de 17 000 km de lignes de chemins de fer à travers la France. Le tracé de la ligne Paris-Chartres fut ensuite longuement discuté et plusieurs fois modifié selon les protestations et sollicitations provenant des Départements traversés, des enquêtes publiques et des municipalités intéressées par les dessertes de cette voie (stations de voyageurs et gares de marchandises). Finalement, la loi déclarant d’utilité publique le chemin de fer de Paris-Montparnasse à Chartres par (ou près de) Gallardon, est adoptée le 21 juillet 1903.

En 1913, les travaux de terrassement débutent. L’administration des Chemins de fer de l’Etat dépose alors les déblais argileux sur des terrains situés sur la commune de Verrières-le-Buisson. La guerre 1914-1918 ralentit les travaux. Après la guerre, la situation économique de l’Etat ne permet pas une reprise efficace des travaux. En 1921, certains terrains sont mêmes revendus pour, en théorie, financer la poursuite du chantier. Mais en 1929, suite à un programme de restriction des dépenses au sein du Réseau de l’Etat, l’achèvement de la ligne du chemin de fer de Paris à Chartres par Gallardon, estimé alors à 230 millions, devient illusoire.
Le projet initial est abandonné dans sa forme intégrale, ainsi, le 15 mai 1930, le tronçon à voie unique entre Chartres et Massy-Palaiseau (70 km) est mis en service : trois omnibus, dans chaque sens, relient Chartres à Massy en 2h. Mais les régions traversées sont exclusivement agricoles et le trafic reste faible. La vocation de cette ligne « en cul-de-sac » est critiquée. Le 1er aout 1939, les trains de voyageurs sont finalement supprimés.


Le projet de l’autoroute A10 Sud Ouest,

En 1956, un projet d’autoroute Sud Ouest voit le jour dans le cadre du projet d’aménagement de la région parisienne. Cette nouvelle autoroute doit partir des boulevards de Paris, à la limite des communes de Malakoff et de Vanves, et traverser Châtillon, Fontenay, Sceaux, Chatenay-Malabry, exploitant ainsi la trouée laissée par les travaux inachevés de la ligne de chemin de fer. Evidemment les municipalités concernées s’opposent au projet qui mènerait à « la stérilisation de vastes espaces de terrains et d’importantes destructions ». Malgré l’avis défavorable recueilli dans l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique de cette autoroute, l’Etat poursuit la procédure avec des acquisitions de terrains. Mais la densité du tissu urbain et la proximité du parc de Sceaux et de la forêt de Verrières remettent en question le projet. Finalement sa suppression est envisagée dans le nouveau schéma directeur d’aménagement de la région et entérinée par décret le 16 mai 1984.


Le TGV atlantique et la Coulée verte

Le projet de construire une ligne à grande vitesse vers l’Ouest est envisagé par la SNCF dés 1975. En 1981, le Président de la République François Mitterrand lui demande officiellement de préparer ce projet de nouvelle ligne de chemin de fer à grande vitesse de Paris à Tours et au Mans. Après enquête publique, un décret du 25 mai 1984 déclare la future ligne d’intérêt publique.

A cette époque, entre Bagneux et Massy, l’emprise de l’ancienne plateforme destinée à recevoir la ligne avortée Paris Chartres par Gallardon, est une vaste étendue colonisée par la végétation. Les terrains appartenant toujours à la SNCF sont plus ou moins exploités par les communes (terrains de sport, jardins familiaux). Ce ruban vert spontané préfigure finalement la future coulée verte et dès 1980, des associations locales en demandent d’ailleurs un aménagement et une reconnaissance officielle en tant que telle. C’est donc en toute logique que l’enquête publique de 1982 révèle le souhait des habitants : la mise en souterrain de la ligne afin de se préserver du bruit et de sauvegarder les terrains en surface très appréciés des habitants. Le 1er février 1983, le Conseil régional d’Ile de France lance une étude de coulée verte entre Paris et Massy en intégrant au mieux le TGV atlantique.

Le 10 janvier 1985, l’Etat et la Région signent un protocole d’accord sur la réalisation simultanée de la ligne TGV et de la coulée verte. C’est L’IAURIF (Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile de France) qui est en charge du projet de coulée verte sur les terrains de l’Etat et de la SNCF.

Le 5 mars 1985, le Syndicat Mixte d’Etude et de Réalisation de la Coulée Verte du Sud Parisien (SMER) est créé par arrêté préfectoral. Il est composé des neufs communes traversées (Malakoff, Châtillon, Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Sceaux, Châtenay-Malabry, Antony, Verrières-le-Buisson, Massy), des deux Départements (Hauts-de-Seine et Essonne) et de la Région. La maitrise d’ouvrage est déléguée à l’Agence des Espaces verts d’Ile de France

Neufs paysagistes travaillent avec les communes qui auront la charge de l’entretien de la Coulée verte. La Maitrise d’ouvrage leur donne un cahier des charges pour cadrer leurs projets respectifs, qui devront notamment respecter le principe de continuité et d’unité de la coulée. Les travaux de la Coulée verte débutent en 1988 avec l’entreprise Paysage de France.

En 1996, la Coulée verte est achevée. Elle s’étend sur 14 km depuis le boulevard périphérique à Malakoff (Porte Brancion) jusqu’à l’intersection avec la ligne RER à Massy. Sa superficie totale est d’environ 48 hectares.

Aménagée comme un itinéraire paysager permettant une circulation douce (piétonne et cyclable) et offrant une succession d’espaces verts de proximité pour les riverains, la Coulée verte s’est progressivement imposée, aussi, comme un espace naturel à vocation écologique. En 2001, elle a donc été inscrite au schéma des espaces naturels sensibles des Hauts-de-Seine. Elle représente en effet un formidable corridor écologique, avec un potentiel à développer, pour mettre en réseau les espaces de nature du sud ouest parisien.

En juillet 2003, par convention signée entre les membres du SMER, le Département des Hauts-de-Seine reçoit la gestion intégrale de la Coulée verte sur son territoire (hors donc la partie essonnienne sur Verrières et Massy), afin d’en harmoniser la gestion et renforcer son identité. Le premier plan de gestion (2005-2010) a principalement cherché à renforcer le caractère naturel des différents paysages traversés, tout en conservant l’accueil et la circulation des usagers.

Suite à l’approbation du schéma des parcours buissonniers des Hauts-de-Seine (11 avril 2008), la portion alto-séquanaise de la Coulée verte est désormais appelée « Promenade des vallons de la Bièvre », nom qui la lie plus étroitement à la géographie naturelle du lieu. Celle-ci traverse en effet les vallons du ru des Blagis, du ru d’Aulnay, du ru de Châtenay et du ru des Godets, tous affluents de la Bièvre.

Le Syndicat Mixte d’Etude et de Réalisation de la Coulée Verte du Sud Parisien (SMER) est officiellement dissout par arrêté préfectoral le 20 décembre 2012, suite aux derniers travaux d’aménagements réalisés sur la Commune de Sceaux.