Dernière mise à jour : 05/08/2016

Le parc de la Folie Saint-James

Sur 1,8 hectares, le parc de la Folie Saint-James garde les traces d'une oeuvre majeure de l'art paysager français des années 1770 à 1790. Zoom sur ce jardin pittoresque de la fin du XVIIIème.

TEMPLE DE L'AMOUR
CD92/WILLY LABRE

À l'origine, le domaine de Claude Baudard de Saint-James avait une surface de 15 hectares, et s'étendait jusqu'à la Seine. Au cours du 19e siècle, un délitement progressif de la propriété et de ses jardins a aboutit au 20e siècle (1922-1925) à une recomposition du parc, introduisant des parties plus régulières et classiques dans un style Art déco : roseraie et bassin rectangulaire qui ont disparu tous les deux et le petit jardin du Temple de l'Amour, qui, lui, est toujours existant.
Aujourd'hui, le parc compte 1,8 hectare. Le département des Hauts-de-Seine, qui en est le propriétaire depuis le 4 décembre 2009, a mis en place un programme de restauration pour préserver l'histoire du site, et en particulier la présence des tracés historiques des jardins anglo-chinois du 18e siècle. Après 15 mois de travaux, le réaménagement de ce parc départemental, à la fois historique et urbain, a été inauguré le 15 septembre.

En savoir plus :lire notre article 

Le pavillon

La cour d'honneur a gardé ses pavés d'origine. On gravit les trois marches du perron et on accède au vestibule décoré de magnifiques trompe-l'œil dans les tons ocre.
Du vestibule, on passe à la salle de billard où des griffons s'affrontent sur fond écarlate au-dessus des portes. L'escalier est orné d'une splendide rampe en fer forgé du 18e siècle. La plupart des pièces du rez-de-chaussée ont conservé leurs boiseries, cheminées de marbre, parquets d'origine et décors stuqués. À gauche, se trouvent les appartements de Julie-Augustine, baronne de Saint-James, où rideaux, alcôves et fauteuils étaient habillés de toiles de Jouy.
À droite, le grand salon d'angle est remarquable pour ses parures au plafond : stuc de Nicolas Lhuillier, écoinçons, caducée, lyre, flambeau ailé... Quatre baies vitrées donnent sur le jardin. 

CD92/Willy Labre


Le parc

Le temple de Bacchus, le kiosque sur pilotis, la pompe à feu, le belvédère, la glacière, la laiterie et la maison chinoise ont aujourd'hui disparu. Le canal et les pièces d'eau ont été comblés.
La grotte est la seule fabrique notoire qui subsiste. Le « grand pont de pierres de taille », qui enjambe un creux, est le seul reliquat du canal.
On peut par contre admirer la « colonne antique », replacée au nord-ouest du parc, et les deux vases en pierre qui ornaient un des ponts, replacés à l’arrière du Pavillon côté parc.
Il existe également un cabinet d'histoire naturelle de la Folie, dit "la chapelle", qui demeure inaccessible au public. Situé dans la villa de Madrid, c'est un petit pavillon assez délabré, au toit en verrière conique surmonté d'une flamme en tôle. L'intérieur est splendide, notamment la coupole décorée de stucs de Lhuillier.
On peut observer le Temple de l'Amour, ajouté en 1925. Ses cinq colonnes proviennent du souterrain de Bélanger.

Depuis le 1er juin les fontaines du grand Rocher fonctionnent les mercredi, samedi et dimanche de 12h à 18h.

 

Une aire de jeux inspirée des jeux du XVIIIe siècle
Depuis le 17 décembre 2016, le Département des Hauts-de-Seine a ouvert une aire de jeux pour les enfants de 3 à 8 ans, côté avenue de Madrid au Parc départemental de la Folie Saint-James à Neuilly-sur-Seine.

Le Département a aménagé cette aire en s'inspirant de jeux qui étaient présents au XVIIIe siècle dans le parc départemental de la Folie Sainte-James. Les enfants pourront s'essayer à la Danse de corde, jeux acrobatiques pratiqués sur une corde et à l'Escarpolette qui était une balançoire.




L'essence de bois choisi pour la réalisation de ces jeux est le robinier. Les matériaux naturels et rustiques ont été privilégiés pour être en corrélation avec l'histoire du parc départemental.

Le Département des Hauts-de-Seine a investi 220 000 euros dans cet aménagement de loisirs.

La gestion du parc

Les constructions, le parc et la chapelle ont été classés monuments historiques en 1922.
Depuis 1952 propriété de l'État, le site fut mis sous tutelle du ministère de l'Éducation nationale après la construction du lycée Saint-James sur une partie du parc. Les élèves traversaient une partie du parc pour se rendre à la cantine, à côté du château. Le pavillon accueillait les locaux administratifs de la cité scolaire. Il ne contient donc plus ni mobilier ni objet d'art.

Parc de la Folie Saint-James

34, avenue de Madrid 
92200 Neuilly-sur-Seine

Accès libre 

Superficie 

1, 8 hectares

Téléphone d'urgence

01 41 87 28 60

Horaires

De novembre à février : 10h-17h
Mars et octobre : 10h-18h
D’avril à septembre : 10h-19h

Moyens d'accès

Métro le plus proche : station « Pont de Neuilly »
La grille d'honneur du château est 34, avenue de Madrid
En savoir plustéléchargez la plaquette (pdf)

Qualité de l'air

Information générale sur la qualité de l’air en Ile-de-France : https://www.maqualitedelair-idf.fr/

Qualité de l’air au quotidien : http://www.airparif.asso.fr/


Le livre de référence

Gabrielle Joudiou : « La Folie de M. de Saint-James », 2001 Editions Spiralinthe, 144 pages - 42,68 euros 

Contact

parcsjardins@hauts-de-seine.fr

 

Les grandes dates qui ont marqué l'histoire du domaine

1952 : Acquisition du domaine par l'État. L'Éducation nationale transforme la propriété en établissement scolaire, d'abord lycée de jeunes filles puis cité scolaire avec un premier établissement en fond de parcelle.

1999 : La tempête de décembre a entraîné la perte d'un quart des arbres du parc ; le département des Hauts-de-Seine est intervenu pour sa mise en sécurité.

2006 : Reconstruction de la cité scolaire de la Folie Saint-James. La propriété du nouveau collège Théophile Gauthier est transférée par l'État au département des Hauts-de-Seine.

1er avril 2009 : le parc de la Folie Saint-James devient le 20e parc départemental des Hauts-de-Seine.

2010 : Une équipe pluridisciplinaire de maîtrise d'œuvre dirigée par monsieur Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques, a été désignée pour la restauration du parc.

15 septembre 2016 : Inauguration du parc après 15 mois de travaux 

La naissance de la Folie

Au moment de son acquisition, le bâtiment, construit en 1638, n'a l'apparence que d'une simple maison de maître. D'allure classique, il a la forme d'un fer à cheval. Entre 1779 et 1795, le baron ajoute sur l'angle gauche un pavillon aux lignes palladiennes, en brique et en pierre (qui sera crépi de rose en 1950). Il l'agrémente d'un « jardin-spectacle ».

M. de Saint-James sollicite le célèbre François Joseph Bélanger, premier architecte du comte d'Artois et l'un des plus grands paysagistes de son époque. L'architecte habille la façade du pavillon de néoclassique : portique à quatre colonnes ioniques, fronton armorié, frises de palmette, camées à l'antique... Pour le propriétaire, il ne s'agit ni plus ni moins que de rivaliser avec la Folie d'Artois, actuel Bagatelle, sise non loin de là, au cœur du bois de Boulogne.

«St-James Vue du chateau coté de la Seine» (extrait), lithographe sur papier de Chine, anonyme, 19e siècle. Collection Musée de l'Ile-de-France. Photo : Benoît Chain.

La création du parc

Contemporain de la maison, l'aménagement du parc a commencé dès 1777. Bélanger le conçoit sur le modèle des jardins pittoresques et anglo-chinois du 18e siècle en France, typiques des parcs à fabriques à la mode à l'époque, tels le Petit Trianon à Versailles, Bagatelle ou le parc Monceau à Paris. D'une superficie de 12 hectares, il s'étend alors des deux côtés de l'avenue de Longchamp et les parties communiquent par deux souterrains. Un canal sinueux le traverse, agrémenté de multiples ponts, de grottes et autres fabriques. Le domaine comportait une extension vers la Seine dont l'eau, via une "pompe à feu", alimentait le canal.

La pièce maîtresse du parc est sans conteste le « Grand Rocher ». Cet imposant empilement de blocs de grès, rapportés de la forêt de Fontainebleau, abrite thermes et réserve d'eau destinée à alimenter les bassins. Au centre, un temple, un portique composé de six colonnes doriques, se dresse. On pénètre alors dans « l'Antre primordiale », une grotte obscure, puis dans le « Salon des bains », réplique des thermes de Caracalla décorée de stucs jaunes et de caissons blancs. On traverse enfin une galerie pavée de galets qui débouche sur la pièce d'eau. Prix : 1 600 000 livres, dit-on... 

La fin de l'aventure

Baudard de Saint-James fit faillite le 2 février 1787. Ruiné, il vit ses biens saisis. Il mourut peu de temps après, à Puteaux, chez Jean-Maurice de Faventine, son beau-frère. Le duc et la duchesse de Choiseul-Praslin achetèrent à bon prix le domaine aux enchères. Ils le cédèrent en 1795 à la famille Bobierre qui le loua. En 1811, il est morcelé en six lots et à nouveau vendu en 1812.

Amputé par pans successifs, il se dégrada peu à peu. Il connut un regain de faste dans les années 20, quand les nouveaux propriétaires, les Lebel, le rénovèrent : ils créèrent notamment le jardin Art déco, un jardin clos avec un temple d'amour et un bassin d'inspiration mauresque.

Entre 1944 et 1947, la Folie fut occupée par les Allemands, puis par les Américains, et les communs furent fortement endommagés. La famille Lebel la vend alors à l'État.