L'arboretum : un lieu dédié à la botanique

Dégageant une atmosphère particulière et un charme tenu secret par ses visiteurs, l’arboretum s'étant sur les anciennes terres de chasse de Louis XIV. Conçu comme un jardin à l’anglaise, il est classé à l'inventaire des sites remarquables. Sa particularité : il comprend un ensemble unique de plus de 1000 espèces végétales réparties harmonieusement sur plus de 12.7 hectares.

arboretum
CG92/OLIVIER RAVOIRE

Au cœur du val d'Aulnay, l'arboretum du domaine départemental de la Vallée-aux-Loups est dédié depuis son origine à l'art du végétal. Il était autrefois le cœur d’un vaste territoire, allant de Robinson à Bourg-la-Reine et Sceaux, que le paysagiste Edouard André qualifia, au XIXe siècle, de « terre promise de l’horticulture parisienne ». Ici se trouvait l’un des établissements horticoles les plus prestigieux de France : les pépinières Croux. 

Naissance d’une entreprise familiale

Jean-Gabriel Croux, descendant d’une ancienne dynastie de « marchands d’arbres fruitiers » de Vitry-sur-Seine, s’y installe en 1856. Il y trouve un terrain favorable à la production horticole : riche, profond, argilo-sableux, non pierreux et extrêmement humide à cause de nombreuses sources d’eau. Il fait réaliser alors un système de drainage pour rendre ces terres cultivables.

En 1878, l’affaire familiale est reprise par son fils, Gustave. Si, dans un premier temps, l’entreprise est spécialisée dans les arbres fruitiers, elle développe également les gammes d’ornement, notamment les plantes de terre de bruyère et les arbres de grande taille. Chaque année, de nouvelles variétés viennent enrichir les catalogues ainsi que les jardins de démonstration ouverts au public, comme la roseraie et l’« école-fruitière ». A la fin du XIXe siècle, les catalogues Croux proposent environ 1500 variétés d’arbres fruitiers, 300 de rhododendrons, 180 d’azalées, 330 de rosiers et plusieurs variétés de conifères et d’arbres forestiers. 

L’époque de l’horticulture

D’autres pépinières naissent peu à peu dans le vallon, notamment l’établissement Busson-Dumas, spécialisé dans la production d’hortensias, azalées et chrysanthèmes. En 1911, les Croux rachètent les pépinières Paillet, l’autre grand établissement horticole de Châtenay-Malabry, fondé en 1857. A cette époque, l’établissement s’étale sur près de 100 hectares et emploie plusieurs dizaines de jardiniers.

En 1936, Maurice Croux,petit fils de Gustave,prend la direction de l’entreprise.

De la pépinière à l’arboretum

Le cœur historique de l’établissement, avec le château du XVIIIe siècle où la famille a longtemps résidé, est racheté en 1986 par le Département des Hauts-de-Seine. Le site devient alors un arboretum afin de perpétuer la vocation horticole du lieu. 

Le Conseil départemental met en valeur le cœur historique et aménage autour différents jardins à thèmes en rapport avec l’histoire du lieu (jardin des fruits, jardins des châtaigniers, jardin des aulnes, jardin de l’automne flamboyant…). Lauréate en 1993 d’un concours européen sur la conservation du patrimoine, la propriété ouvre au public à partir de 1995.
Aujourd’hui, l’arboretum, classé à l’inventaire des sites remarquables et pittoresques, comprend une collection unique de plus de 500 espèces d’arbres et d’arbustes. Ses arbres centenaires constituent un patrimoine horticole unique, dont le sujet le plus exceptionnel est le cèdre bleu pleureur classé arbre remarquable au niveau national.
L’arboretum abrite également une collection des convolvulacées confié par le botaniste et créateur Patrick Blanc, qui est reconnu depuis 1999 comme collection nationale par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées).