Arbres d'alignement : les étapes de préservation et de gestion

Le Département des Hauts-de-Seine gère actuellement la totalité des arbres des routes départementales, soit environ 33 000 sujets. 

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Le taux de remplacement actuel des arbres d'alignement est de 2% par an.

L'informatique au service de leur préservation

Le Département a pour mission d'entretenir les arbres d'alignement le long des routes départementales et d'en planter à l'occasion de travaux de réaménagement de voirie.

L’ensemble des arbres d’alignement répartis sur plus de 400 km de routes départementales est recensé sur une base de données informatique qui contient toutes les informations relatives à leur structure, à leur origine, à leur état sanitaire et à leur mode de gestion. 

 Il mène également les travaux nécessaires à la pérennité des arbres d’alignement et, plus largement, du patrimoine arboré des lieux publics qu'il gère.

Ces travaux sont de quatre ordres :

  • les élagages ;
  • les remplacements ponctuels ;
  • les plantations de régénération ;
  • les créations de nouveaux alignements.

Les plantations de régénération

Elles correspondent au remplacement complet d’un alignement le long d'une route départementale.

Elles s’inscrivent dans le cadre d’un plan pluriannuel de régénération élaboré à partir de l’inventaire phytosanitaire et paysager de l’ensemble du patrimoine.

S’il est possible de laisser vieillir les arbres dans les boisements, une attention particulière est requise en milieu urbain du fait de la nécessité d'assurer la sécurité du public. L’espérance de vie des sujets d’alignement des routes est réduite à cause des contraintes du milieu.

Le taux de remplacement actuel est de 2% par an. La durée de vie moyenne d’un arbre d’alignement est estimée à 80 ans, mais l’environnement devenu plus agressif tend à rendre nécessaire le remplacement des alignements au bout de 50 ans. L’effort de régénération est de 500 à 600 arbres par an pour les routes départementales des Hauts-de-Seine.

Généralement, il est préférable de remplacer l’ensemble de l’alignement lorsque les arbres ont atteint leur maturité. Un remplacement au pied par pied laisse en effet peu de chance à un jeune sujet pour se développer sous l’ombre de ses congénères. 

Un budget de 1 300 000 euros par an est destiné à assurer ces travaux d'entretien des arbres d'alignement.

Le choix des arbres d'alignement

Choisir un bel arbre, c’est préférer un sujet fléché, avec un tronc droit et une ramure également répartie. Chaque arbre est choisi et marqué en pépinière par les agents du Département. L’arbre est ensuite extrait de la pépinière avec une motte de terre contenant ses racines, et replanté rapidement de façon à assurer sa reprise, dans une fouille de 12m3 si possible, contenant de la terre de qualité. Des arrosages réguliers sont effectués pendant les trois premières années qui suivent la plantation.

Le choix de l’essence revêt une importance capitale car c’est sa croissance et ses caractéristiques qui détermineront le mode et le coût de gestion futurs. Le choix de la nouvelle essence tient compte des contraintes de l’environnement urbain afin d’éviter des tailles répétées, notamment l'espace vital disponible pour un développement optimal de l'arbre. Les essences résistantes aux attaques parasitaires et à la sécheresse sont privilégiées. Les principales essences présentes actuellement dans le département sont le platane, le tilleul, le marronnier et l’érable.

Depuis plusieurs années, les essences d’alignement se diversifient. La variété des espèces arborées est privilégiée pour maintenir et renforcer la biodiversité (exemples) et éviter la propagation de maladies en cas d’épidémie. Cette vision paysagère est indispensable dans un cadre prospectif; elle détermine les décisions de gestion qui engagent l’avenir sur 15 ou 20 années. 

Les règles de plantation

Les intervalles

Ils sont déterminés par l'envergure de l'arbre. La liste des arbres d’alignement peut ainsi se scinder en trois catégories selon l’envergure de l’arbre à l’état adulte :

  • Arbre à petit développement : intervalles de 5 mètres ;
  • Arbre à moyen développement : intervalles de 6 à 8 mètres ;
  • Arbre à grand développement : intervalles de 8 à 10 mètres.

Les trottoirs

Ils ne se prêtent pas tous à la plantation d'arbres. Ils doivent faire au minimum 2 mètres de largeur et l’axe du tronc ne doit pas se situer à moins de 0,50 centimètres de la bordure du trottoir et à moins de 3 mètres des façades et débordements de façades (balcons). La règle de dégagement des façades est de 2 mètres.

Les fouilles

Elles doivent être réalisées dans des conditions météorologiques satisfaisantes (pas de neige, pas de gel). La terre végétale mise en place doit se tasser naturellement et la surface de celle-ci doit être protégée des tassements de sol excessifs (pose d’un pavage provisoire). 
Un cubage de terre adapté doit être mis en place afin d’assurer une pérennité et un développement normal à l’arbre, assorti d'une analyse de sol permettant de vérifier la qualité de la terre :

  • Arbre à petit développement : 4 mètres cubes minimum ;
  • Arbre à moyen développement : 5 à 6 mètres cubes minimum ;
  • Arbre à grand développement : 8 à 10 mètres cubes minimum.

Au moment de la plantation

Une attention particulière est portée aux conditions de déchargement et de manipulation des arbres qui sont livrés en motte grillagée. Le tronc est protégé par un cannis naturel, et un système de tuteurage est généralement mis en place. Une taille de plantation est effectuée dans le but d'assurer une meilleure reprise de l'arbre, d'équilibrer la suppression d'une partie du système souterrain lors de l'arrachage en pépinière et de souligner la future charpente de l'arbre.

L'entretien et la protection

Un budget total de 1 452 000 euros par an est destiné à l'entretien courant des arbres en ce qui concerne les tailles d'entretien (bois mort, réduction des houppiers, dégagement des façades et des candélabres, remplacement ponctuels et arrosage). Cet entretien concerne non seulement les arbres d'alignement mais également tous les arbres qui se trouvent dans des espaces gérés par le Département, tels que les collèges ou les parcs.

L’entretien des plantations (arbres, arbustes, vivaces, etc.) est primordial durant les trois premières années qui suivent la plantation. Un arrosage est réalisé à raison de 100 litres d’eau tous les 15 jours en période estivale. Cette quantité peut varier selon la pluviométrie de l’année et être augmentée en période de canicule.

En ce qui concerne spécifiquement les arbres d'alignement, ils doivent être soumis à des tailles régulières de leur houppier afin de minimiser les gênes pour les habitations, la signalisation et l'éclairage. Leurs troncs doivent être protégés des risques de chocs de voitures ou de tassement du sol (grilles corset, modules de protection en bois ou en métal autour de la cuvette de l'arbre...).

Quand un arbre se trouve dans le périmètre d'un chantier, des mesures de protection sont prises : au niveau de son tronc, parfois de ses branches (houppier) et, en cas de chantiers importants, avec la création d'un entourage en madriers, scellés au plâtre dans le sol sur 40 centimètres de profondeur, afin d'éviter le frottement ou l'arrachement de charpentières par des engins de transport ou de levage.

Lors d'ouverture de tranchées, et dans le cas de rencontre de racines d'un diamètre égal ou supérieur à 10 centimètres, une attention particulière est portée à éviter le sectionnement de celles-ci et, si possible, à passer le réseau sous la racine, à la profondeur souhaitée. 

L'espace vital des arbres d'alignement étant très réduit, il convient par ailleurs de respecter la surface et le volume des fosses de plantation et de n'y installer aucun ouvrage ou mobilier urbains.

Si des sectionnements, arrachements, chocs sur le tronc ou les charpentières ont lieu lors de creusement de tranchées ou de réalisation d'ouvrages, des mesures sont prises rapidement afin de limiter l'installation de pathogènes (champignons, insectes) dans les tissus. Les coupes seront donc "reprises" de manière nette et propre par le personnels compétent qui applique également un fongicide puis une écorce de synthèse.