Dernière mise à jour : 21/07/2015

La méthodologie des plans de gestion paysagers

Le Département travaille dans un objectif d’amélioration continue des méthodes de gestion, de protection de l’environnement et de sensibilisation du public. Zoom sur les plans de gestion paysagers.

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Les plans de gestion paysagers conçus par les équipes techniques de la direction des parcs, jardins et paysages du département des Hauts-de-Seine, fournissent des outils adaptés aux contraintes et aux particularités de chaque site. Il se définit de la façon suivante :


C’est une programmation sur cinq ans des actions principales à conduire pour préserver et améliorer la valeur patrimoniale du site (patrimoine naturel et culturel). Il garantit le juste équilibre entre ses différentes vocations (écologique, paysagère, sociale, historique …). La finalité et les moyens sont pensés dans une logique de développement durable.


Pour construire un plan de gestion, une équipe projet regroupe un coordinateur et l’ensemble des agents responsables de l’entretien du site. Ce travail s’effectue en plusieurs étapes, débutant par un diagnostic, poursuivi par la définition du caractère du lieu, puis par la construction d’un plan de travail sur les cinq ans à venir. Le plan de gestion est soumis à une validation technique et politique. A des fins de communication, une synthèse illustrée et rédigée présente l’ensemble de ce travail.

 

Le diagnostic

Il s’agit de rassembler toutes les données nécessaires à la caractérisation précise du site. Ce sont d’abord des recherches bibliographiques : regrouper les principaux documents d’études existant (études historiques, archéologiques, paysagères, écologiques, plan de gestion forestier…). Viennent ensuite les documents de cadrage de la gestion du site. Ils fixent des contraintes de vocation et/ou d’objectifs (schéma d’aménagement, plan départemental ou régional, classements éventuels …).


Après avoir achevé cette première partie, le diagnostic paysager débute. Il faut alors délimiter et nommer les unités de gestion sur carte, les décrire, déterminer leur code de gestion différenciée, et les consigner dans un cahier ad hoc appelé « cahier descriptif des unités de gestion ».

> Cahier descriptif des unités de gestion du Jardin Albert Kahn : lire la fiche d’identification N°6

 

Une enquête auprès du public est faite. C’est un simple questionnaire qui recueille les avis des usagers sur la gestion du site. Les résultats de l’enquête sont complétés par des entretiens, menés auprès des professionnels.

Après ce premier constat, des études et expertises pertinentes peuvent être commandées pour compléter le diagnostic (inventaires faune/ flore, bioévaluation, études des réseaux, de solidité d’ouvrages…).

 

 

 

Fort de ces connaissances, l’élaboration peut commencer

Il s’agit d’abord de définir le caractère du lieu. L’équipe projet doit déterminer ce qui constitue la valeur patrimoniale du site, ce qui le caractérise et le différencie des autres. Ce texte guidera les gestionnaires dans leurs décisions. Il permettra de définir le champ d’actions pour accompagner l’évolution du site (ce que l’on peut changer, ce que l’on doit conserver).

En s’appuyant sur le caractère du lieu et le diagnostic, toutes les propositions et préconisations de gestion sont listées de façon exhaustive. Des visites terrains sont faites avec l’ensemble de l’équipe projet, afin d’échanger et de faire émerger des propositions. Elles sont ensuite analysées pour retenir celles qui sont pertinentes et qui pourront être réalisées dans les cinq ans.

À titre d’exemple pour le domaine de la Vallée-aux-Loups, douze réunions ont été conduites entre le lancement du projet le 14 février 2013 et le comité de pilotage final le 18 décembre. Quatre réunions en salle ont permis de définir le caractère des lieux et cinq réunions sur le terrain ont complété ce travail avec des projets et des orientations de gestion précis.

Enfin, le plan de travail est construit en classant les actions en fonction d’axes d’amélioration déclinés en objectifs. Un ordre de priorité pourra être attribué. Une année de lancement/d’exécution est prédéfinie. L’ensemble de ce travail est ensuite présenté au comité de pilotage réunissant l’équipe managériale de la direction. Chaque opération est expliquée dans le but de : la valider, la corriger, la reporter ou l’annuler. C’est ici que le texte introductif définissant le caractère du site est définitivement validé.

Ce comité de pilotage donne naissance au squelette du tableau de bord. En effet, il reste encore à consigner l’ensemble des opérations validées par année d’exécution et surtout, à leur attribuer une enveloppe budgétaire et un agent « pilote ».

 

La rédaction de la synthèse

Pour le coordinateur c’est un travail conséquent. Il s’agit de présenter de façon concise et pédagogique le diagnostic du site et le plan de travail. Cette synthèse est rédigée (limitant ainsi le jargon technique) et illustré par des cartes, dessins et photos. La vocation du document est de communiquer sur les plans de gestion paysagers, la richesse des sites et leur gestion. Il présente aussi la méthode d’élaboration des plans de gestion, ainsi que les personnes qui y ont contribué.

 

La validation du plan de gestion

C’est un aboutissement pour l’équipe : cette étape marque le lancement du programme des travaux pour les cinq prochaines années. C’est une validation technique de la direction, mais surtout une validation politique par le Président du Conseil départemental.

 

Sa mise en œuvre

Le tableau de bord est l’outil de suivi de l’exécution du plan de gestion paysager. Il est régulièrement actualisé, au cours de réunions regroupant les responsables techniques. Il faut aussi garder à l’esprit que durant les cinq années d’exécution du plan de gestion, de nombreuses autres opérations, non prévues, s’imposeront (choix politiques, décisions hiérarchiques, contraintes budgétaires, aléas). Il faut donc porter une attention particulière à la conciliation des nouveaux projets avec la programmation du plan de gestion. La réalisation du plan doit rester une des priorités.

Enfin, au terme des cinq années, un bilan critique sera fait à partir du tableau de bord en s’appuyant sur le pourcentage d’actions annulées, reportées ou effectuées. Les retours d’expérience de l’équipe technique sur l’exécution de la programmation étayeront ce bilan. En fonction de cela, un nouveau plan de gestion paysager pourra voir le jour (retour au diagnostic).
Au terme de la création de ces plans de gestion, lors de la rédaction des synthèses, les responsables de parcs ont consigné leurs avis sur ces plans de gestion, en voici quelques uns :

« Le plan de gestion m’a permis de formaliser tout ce que j’avais en tête, il permet de figer les méthodes de travail. Cet outil fournit une base écrite, c’est un support pour les responsables et jardiniers, pour communiquer.
Ce document est aussi à destination du futur : il renseignera nos successeurs, pour assurer la continuité du jardin. »

Michel Farris, Responsable en chef des jardins de collections (Albert Kahn et l’Arboretum de la Vallée-aux-Loups).
 

« Si le sécateur, la binette ou le râteau sont nécessaires pour entretenir un parc, l’outil indispensable pour garder les traces des travaux passés et pour prévoir ceux à venir, c’est le PLAN de GESTION. Véritable « road book » il indique au responsable de parc et aux différents intervenants (entreprises, paysagistes…) le cap à suivre pour l’entretien et l’aménagement de celui-ci.

Comme la nature qui évolue au rythme des saisons, le plan de gestion vit au rythme des projets et des travaux du parc. Au contraire des « Tables de la loi » gravées dans la pierre, le plan de gestion n’est pas un document figé, il évolue et s’enrichit des créations et des réalisations de chacun. »

Thierry Dmytruk, Responsable technique de la Promenade des Vallons de la Bièvre.

 

« Le travail collectif pour l'élaboration du plan de gestion a été productif. D'une part, les visites sur site par les membres de l'équipe projet et le ressenti du lieu par chacun, ont été une ouverture des fenêtres sur le caractère des lieux. D'autre part, le travail en collaboration sur les fiches descriptives des unités de gestion a été essentiel, apportant un véritable enrichissement de la vision du parc.
Maintenant place au réalisme ! A nous, les responsables de parc, de mettre en œuvre ce plan de travail 2014-2018, de concrétiser et de suivre les grands aménagements, comme les actions plus simples, de gestion quotidienne. Ces dernières sont fondamentales : jour après jour, elles peuvent contribuer au caractère des lieux, ou au contraire, l'effacer peu à peu, si elles sont négligées… Enfin, j'ai retenu que le plan de gestion est une œuvre collective; nous en sommes donc tous responsables. »

Philippe Davoust, Responsable technique du Parc boisé et de la Maison de Chateaubriand

 

Synthèse des plans de gestion 

Vous trouverez ici les synthèses des plans de gestion paysagers déjà éditées par le département, à savoir :

> Parc de Sceaux
> Domaine départemental de la Vallée aux Loups
> Jardin Albert Kahn
> L'Etang Colbert
> La Promenade des Vallons de la Bièvre
> Le parc départemental Henri Sellier
> Le parc départemental de l'île Saint-Germain
> Les bois départementaux de la Garenne et de la Solitude 
> Le parc départemental des Chanteraines