Dernière mise à jour : 29/07/2015

Les espèces exotiques envahissantes

Pour éviter leur impact négatif sur la santé des visiteurs et sur la biodiversité, le département surveille et contrôle la prolifération d'une trentaine d'espèces dans les parcs et jardins départementaux.

EEE
Invasion du site des Porchères (Domaine de la Vallée-aux-Loups) par la Renouée du japon. (Juillet 2012, CD92/O. Bouviala)

Pourquoi et comment ces espèces sont-ils présents en Europe ?

Depuis des millénaires, l’Homme transporte des espèces nourricières, médicinales ou ornementales au-delà de leur aire d’origine. Dès le néolithique (-6000 av JC en France), avec la naissance de l’agriculture et de l’élevage, l’Homme déplace les animaux et les plantes qui lui sont utiles ; le phénomène s’accélère pendant l’antiquité et le moyen âge avec le développement du commerce en Europe et en Asie (route de la Soie) ; puis la découverte de l’Amérique à la fin du 15e siècle et les grandes explorations qui suivirent, marquent une ère nouvelle avec l’introduction d’espèces extra continentales.

Botanistes, pépiniéristes et autres amateurs s’évertuent alors à cultiver et acclimater de nouvelles plantes exotiques. Les parcs et jardins ont été le lieu de prédilection pour accueillir les belles étrangères, qui, sans la volonté de ces curieux, n’auraient jamais fleuri sur notre continent.
Beaucoup d’espèces animales ont aussi été introduites pour les mêmes raisons : intérêt agricole, simple ornement ou nouveaux animaux de compagnie. En 1854, Isidore Geoffroy Saint Hilaire fonde d’ailleurs la société zoologique d’acclimatation, avec l’objectif d’enrichir la France de nouveaux animaux utiles ou d‘ornement ; le programme s’étendra également aux plantes. Depuis, l’introduction de nouvelles espèces s’est poursuivie jusqu’à nos jours, qui, avec le développement des échanges commerciaux internationaux, a pris une toute autre ampleur. D’ailleurs, beaucoup d’espèces sont introduites involontairement : virus, bactéries, algues, champignons, insectes et graines voyagent aisément et passent clandestinement les frontières.

En Europe, les spécialistes estiment qu’il y a 12 000 espèces exotiques dans la nature. Neuf espèces sur dix sont intégrées dans leur nouvel environnement, sans conséquence particulière. Seule une espèce sur dix est source de préoccupation. Elles sont alors considérées comme envahissantes (ou invasives). Une espèce exotique envahissante (EEE) est définie, comme une espèce en dehors de son aire de répartition naturelle, introduite par l’Homme, dont la propagation a un impact négatif sur l’économie locale ou la santé humaine ou la biodiversité.

Ce que dit la loi

Légalement, il n’y a pas encore de liste officielle de toutes les espèces exotiques envahissantes (EEE) en France. Cependant, un nouveau règlement européen en vigueur depuis le 1er janvier 2015, fixe les règles visant à prévenir et à réduire au minimum les effets néfastes de ces EEE (Règlement UE n°1143/2014 du parlement et du Conseil du 22 octobre 2014). Le règlement prévoit la publication d’une Liste des EEE préoccupantes pour l'Union et de listes nationales par Etat membre.

Toutefois, il existe déjà des textes réglementaires concernant la gestion de certaines EEE. Encadrée par la loi de protection de la nature de 1976, la lutte contre certaines espèces animales exotiques est réglementée par arrêté ministériel. L’arrêté du 30 juin 2015 fixe notamment la liste de ces espèces classées nuisibles sur l’ensemble du territoire métropolitain, les périodes et les modalités de destruction des animaux. On y trouve le chien viverrin, le vison d’Amérique, le raton laveur, le ragondin, le rat musqué et la bernache du Canada.

L’article L 411-3 du Code de l’environnement interdit l'introduction dans le milieu naturel, volontaire, par négligence ou par imprudence des espèces non indigènes au territoire, non domestiques, non cultivées, afin de ne porter préjudice ni aux milieux naturels ni aux usages qui leur sont associés, ni à la faune et à la flore sauvages. Des arrêtés ministériels fixent précisément les espèces visées. Pour exemples, l’arrêté du 2 mai 2007 interdit la commercialisation, l'utilisation et l'introduction dans le milieu naturel de la jussie (Ludwigia grandiflora et Ludwigia peploides) ; l’arrêté du 4 mars 1993 relatif à la lutte contre la caulerpe (Caulerpa taxifolia) interdit la mise en vente, la vente, l’achat, l’utilisation et le rejet en mer de tout ou partie des spécimens de l’algue ; l’arrêté du 22 janvier 2013 interdit sur le territoire national l’introduction du frelon asiatique (Vespa velutina) (espèce classée comme danger sanitaire par arrêté du 26 décembre 2012 du ministère de l’agriculture).

Le ministère de l’agriculture a également publié un arrêté le 31 juillet 2000 établissant la liste des organismes nuisibles aux végétaux soumis à des mesures de lutte obligatoire. Sont cités des espèces de tout type : virus, bactéries, champignons plantes, animaux dont certains sont évidemment exotiques : exemples du hanneton japonais ou du chancre coloré du platane et du phylloxera de la vigne, tous deux originaires des Etats-Unis.

La présence des espèces dans les parcs et jardins départementaux

Le Département est très attentif au risque de prolifération d’espèces en tout genre sur ses espaces de nature. Ce sont des milieux fragiles portant des enjeux forts pour les habitants et pour la biodiversité locale ; aussi la protection du patrimoine végétal est une priorité et la lutte contre les ravageurs est un travail de tous les jours. Citons en exemple, la lutte contre la pyrale du buis, petit papillon originaire d’Asie dont la chenille dévaste les buis. La surveillance est quotidienne car il n’existe pas de traitement préventif. Au delà des problèmes sanitaires des plantes, il faut aussi contrôler la prolifération de certaines espèces indigènes ou exotiques qui risquent de nuire à la qualité paysagère d’un site ou à sa biodiversité. Quel que soit le type de lutte envisagée, aucun pesticide de synthèse n’est utilisé. Le label Espace Végétal Ecologique (Eve ®) délivré par Ecocert, garantit la non utilisation de produits dangereux pour l’environnement.

Les espèces citées ci-dessous font l’objet d’une surveillance et d’un contrôle. Certaines espèces sont déjà présentes dans les parcs (ailante, balsamine, écrevisse…), il s’agit donc d’empêcher leur prolifération ; d’autres, non présentes, ne sont pas souhaitées et seront retirées dés leur apparition (berce du Caucase, jussie, frelon d’Asie…).


Plantes :

  • Ailante, faux-vernis du Japon (Ailanthus altissima )
  • Ambroisie à feuilles d'Armoise (Ambrosia artemisiifolia) 
  • Arbre aux papillons (Buddleja davidii )
  • Armoise des frères Verlot (Artemisia verlotiorum)
  • Balsamine à petite fleur (Impatiens parviflora
  • Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
  • Cerisier tardif (Prunus serotina)
  • Fraisier d’Inde (Duchesnea indica)
  • Jussies ( Ludwigia peploides & L. grandiflora )
  • Laurier-cerise (Prunus laurocerasus
  • Raisin d’Amérique (Phytolacca americana )
  • Renouée du Japon (Fallopia japonica
  • Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia)
  • Séneçon du Cap (Senecio inaequidens
  • Sumac de Virginie (Rhus typhina)
  • Vergerette du Canada ou érigéron (Coniza canadensis
  • Vigne-vierge (Parthenocissus inserta)

Animaux : 

  • Ecrevisse à patte grêle, écrevisse Turque (Astacus leptodactylus
  • Ecrevisse américaine (Orconectes limosus
  • Ecrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii
  • Frelon d’Asie (Vespa velutina nigrithorax
  • Perruche à collier (Psittacula krameri
  • Processionnaire du Chêne (Thaumetopoea processionea
  • Processionnaire du Pin(Thaumatopea pityocampa
  • Ragondin (Myocastor coypus
  • Rat noir (Rattus rattus
  • Rat surmulot (Rattus norvegicus
  • Tamia de Sibérie (Tamia sibiricus )
  • Tigre du platane (Corythucha ciliata)