Le tigre du platane : un insecte déplaisant

Sans danger pour l'Homme, cette punaise phytophage prolifère dans les Hauts-de-Seine car le platane représente plus d'un tiers du patrimoine arboré du Département. Les services départementaux utilisent des solutions écologiques et diversifient les essences plantés pour réduire leur présence. 

Tigre Platane gf

Le platane a été planté abondamment depuis le XIXe siècle. C’est l’arbre d’alignement le plus représenté dans les villes.
Dans le Département des Hauts-de-Seine il représente à lui seul 39 % du patrimoine arboré des routes départementales. Cette dominance est liée aux qualités de cette espèce.
Il s’agit d’une essence majestueuse qui tolère parfaitement le milieu urbain notamment la pollution. De plus, jusque dans les années 80, il était peu atteint par les parasites et les maladies. Une autre qualité de cette essence est de supporter parfaite-ment les tailles...
Les pathogènes et les parasites qui l’affectent aujourd’hui confortent la politique de diversification des essences engagée depuis plus de 15 ans. Parmi ceux-ci, une punaise phytophage particulièrement présente en été : le tigre du platane.

Comment le reconnaître ?

Le tigre du platane est originaire des Etats Unis. Il est apparu en Italie dans les années 1960, puis dans le sud de la France en 1975. Ce n’est que dans les années 2000 qu’il fait son apparition en Ile-de-France.
Le tigre du platane ou Corythucha ciliata est un insecte piqueur-suceur, d’environ 3 mm de long, aux ailes membraneuses, blanchâtres tachées de noir, évoquant la dentelle. Il se nourrit en piquant les feuilles qui prennent alors une coloration jaune (dépigmentation) caractéristique.

L’insecte adulte passe l’hiver sous l’écorce des platanes qui lui procure un abri contre le froid.
C’est au début du mois d’avril que l’insecte migre vers les feuilles de l’arbre. Les femelles y pondent entre 200 et 350 œufs le long des nervures.
3 à 4 générations de tigres du platane se succèdent pendant l’année. Cet insecte pique les faces inférieures des feuilles pour se nourrir du contenu des cellules. Il provoque des décolorations des feuilles, pouvant aller jusqu’à donner un aspect dépérissant à l’arbre. Cet affaiblissement de l’arbre est sans gravité pour sa pérennité.

Un insecte agaçant mais sans danger pour l’homme

Insecte volant, il crée une gêne pour les riverains, en rentrant dans les habitations ou en se posant sur les passants. Directement sur la peau, il devient vite insupportable… Cependant, aucune allergie n’a été déplorée.

Un insecte saisonnier

Les populations de tigre du platane sont importantes du 15 juillet au 15 octobre. C’est en effet à partir du 15 juillet que les populations croissent rapidement jusqu’aux prémices de l’automne.

Que fait le Département ?

Le Département ne réalise plus de traitement chimique depuis 2007 et recherche des solutions respectueuses de l’environnement.
Les produits chimiques sont potentiellement dangereux pour l’homme, ils détruisent les insectes utiles, ils polluent les nappes d’eau et les cours d’eau, ils sont difficile à pulvériser sur l’ensemble de l’arbre, ils sont chers à mettre en œuvre…
Ces dernières années, différentes actions alternatives ont été menées pour lutter contre le tigre du platane...
Les troncs des arbres ont été traités avec des produits biologiques à base de micro nématodes, des lâchers d’auxiliaires comme des chrysopes ont été réalisés dans les houppiers des arbres mais ces interventions sont difficilement réalisables sur l’ensemble du patrimoine, ont un coût important et au final une faible efficacité.
D’autres alternatives sont réalisées comme la pulvérisation d’eau à haute-pression sur le tronc des arbres pour déloger les insectes qui se trouvent sous les écorces et les exposer aux températures hivernales, le traitement à base d’huile végétale, la diversification des plantations avec de nouvelles essences d’arbres, la plantation de végétation hôte favorisant les insectes auxiliaires, la pratique de la taille douce*…

Le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine est à l’écoute des avancées de la recherche et échange avec les organismes de protection des végétaux et d’autres collectivités territoriales pour trouver les meilleures solutions de lutte contre ce parasite.

*) La taille des arbres favorise les pathogènes d’autant plus si l’élagage est sévère. Après une taille radicale les jeunes pousses et les feuilles qui en résultent, surabondées de sève, croissent vigoureusement et produisent des tissus tendres extrêmement réceptifs aux champignons pathogènes tel que l’oïdium et aux parasites piqueurs suceurs comme le tigre du platane, les acariens ou les pucerons.