Le risque d'inondation

Du 20 au 28 janvier 1910, la Seine monta, bouleversant pendant de longues semaines le quotidien des Alto-Séquanais. Ces crues dites centennales peuvent survenir en hiver.

Elle provoque une inondation généralisée, le fleuve débordant le long de tout son cours. Si le risque ne peut pas être éliminé, même s’il a été atténué par la création de barrages-réservoirs au siècle dernier, il peut en revanche être géré. 
 

Les services publics mobilisés

Préventivement, les services publics se mobilisent pour limiter les conséquences des inondations dues à une crue majeure de la Seine, notamment par :

  • la mise en place de protections locales ;
  • l’élaboration d’un plan de prévention du risque inondation qui émet des règles d’urbanisme ;
  • l’élaboration d’un plan de secours spécialisé ;
    Ce document élaboré par l’Etat, à l’échelle du département, est consultable sur le site du ministère de l'Intérieur.

Et si une inondation se produit, différents services informent la population et organisent les secours. À partir de 7 mètres, il devient impossible dans de nombreux quartiers de rester chez soi, de se rendre au travail ou à l’école .
 

Quels dégâts en cas de crue majeure ?

Dans les Hauts-de-Seine, une crue de type 1910 toucherait :

  • 20 % de la superficie du département ;
  • près de 300 000 personnes ;
  • 2 500 commerces.

L’évaluation des dommages en cas de crue de type 1910 est estimée de 4 à 5 milliards d’euros pour le département.*


Les conséquences d'une inondation sont nombreuses :

  • Les risques de coupure d’eau potable

Dès 6,25 mètres, les gestionnaires de l’eau potable prennent des mesures d'adaptation de la distribution pour les communes les plus exposées (Saint-Cloud, Garches, Vaucresson, Marnes-la-Coquette et Ville-d’Avray).

  • Les transports
    Les opérateurs de transports en commun prennent des mesures pour permettre le fonctionnement du service le plus longtemps possible. Le Conseil départemental protège les routes grâce au système des murettes anti-crues.
    Les transports sont réorganisés sur les itinéraires accessibles lorsque la Seine atteint 7,10 mètres à l’échelle du pont d’Austerlitz.

  • Le risque de coupure de courant et de gaz
    Dès 8,60 mètres, un tiers de la population des Hauts-de-Seine peuvent être privés d’électricité. Des groupes électrogènes mobiles permettent un approvisionnement, en fonction des priorités déterminées par le préfet.

  • La communication
    Tant que l’alimentation électrique est maintenue, les services de communication fonctionnent dans leur majorité (Internet, téléphonie, télévision). Au-delà de 8,60 mètres, la perturbation peut toucher tous les modes de communication. Il faut alors des postes radio à piles.

  •  L’évacuation des eaux usées
    Les stations de pompage du réseau d’assainissement évacuent les eaux usées quand la Seine est trop haute pour que les moyens classiques fonctionnent. Ces pompages évitent les refoulements d’eaux usées chez les usagers jusqu'à 7,30 mètres. À ce moment, le débit de la Seine est dix fois plus élevé qu’en moyenne et le fleuve peut ainsi supporter des débits d’eaux usées non traités.
    S’il pleut sur le territoire, ces stations permettent également d’évacuer les eaux de la plupart des précipitations hivernales.

* Source : plan de secours spécialisé sur les inondations Hauts-de-Seine, novembre 2005, préfecture des Hauts-de-Seine.
 

Quelles mesures de protection ?

Des dispositifs techniques ont été élaborés tout au long du XXe siècle afin de diminuer l’impact des prochaines crues « type 1924 » de la Seine (jusqu’à 7,30 m):

  • Anticiper dans les constructions et l’urbanisme

Depuis 1910, des travaux ont été réalisés pour permettre un meilleur écoulement de l’eau dans Paris et en banlieue. Les constructions modernes ont un rez-de-chaussée au niveau de la crue de 1910.

  • Les murs anti-crues pour protéger le territoire

Au-dessous de 7,30 mètres à l’échelle d’Austerlitz, les murs anti-crues évitent l’envahissement des routes départementales par l’eau. Entretenues par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine, elles sont disposées le long des routes en bord de Seine.

Lire notre article sur les murs anti-crues dans le département

  • Les lacs-réservoirs pour limiter l’ampleur des crues

Quatre lacs-réservoirs ont été construits à l’amont de l’Yonne, de la Seine, de l’Aube et de la Marne. D’une capacité de stockage de 800 millions de m3, ils permettent d’abaisser d’environ 50 cm la hauteur d’eau qui passe à Paris en cas de crue de type 1910.

Ces réservoirs sont gérés par l’IIBRBS (Institution interdépartementale des barrages réservoirs du bassin de la Seine), constituée des quatre départements de la petite couronne.