11/10/2017
 | Institution

Grand Paris : les Départements unis

Les présidents des sept Départements d’Île-de-France ont, pour la première fois mardi 10 octobre, tenu une conférence de presse commune. Ils souhaitent faire part de leur inquiétude quant à la réforme annoncée de la Métropole.

700presidentsdepartements2
CD92/OLIVIER RAVOIRE

« Deux ans après les lois NOTRe et Maptam qui ont, au final, rajouté l’échelon métropolitain sans réfléchir à ses objectifs, il serait dangereux d’engager un nouveau big-bang ou mécano institutionnel sans projet cohérent pour nos territoires et leurs habitants. » Voici notamment ce que l’on peut lire dans la déclaration commune signée par les présidents des Départements d’Île-de-France. Alors que la Conférence territoriale du Grand Paris, annoncée cet été par Emmanuel Macron, pourrait avoir lieu début novembre, ils entendent contribuer au débat.

Démocratie locale

Tous s’opposent, pour commencer, à la suppression des trois Départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) un scénario qu’envisagerait le gouvernement. « En quoi les Départements auraient-ils failli à leur mission ? », s’interroge Christian Favier, président (PCF) du Val-de-Marne. Voirie, collèges, PMI, RSA, « le big-bang territorial pourrait finir en trou noir pour tous ces services territoriaux de proximité », s’inquiète Stéphane Troussel, président (PS) de la Seine-Saint-Denis. « Pourquoi vouloir détruire ce qui marche pour consolider ce qui ne marche pas ?, complète Patrick Devedjian. Pour être ambitieuse et stratégique, ce ne sont pas des compétences exercées par les Départements dont la Métropole a besoin mais des transports, des aéroports, du tourisme… » Supprimer les Départements au profit de la Métropole et de ses établissements publics territoriaux conduirait également à « l’appauvrissement de la démocratie locale », défend Christian Favier. « Les Départements ce sont 138 conseillers élus au suffrage universel. Les EPT, ce sont 1263 membres qui ne sont pas élus par les habitants mais désignés par les communes », avance Patrick Devedjian.

Bonne échelle

Les présidents veulent également que soit revu le périmètre de la Métropole et qu’il soit étendu à toute l’Île-de-France. Aujourd’hui, la Métropole regroupe, Paris, les trois départements de la petite couronne et sept communes des départements limitrophes de l’Essonne et du Val d’Oise, soit près de 7,5 millions d’habitants. « Si l’on compare avec le Grand Londres, on s’aperçoit que le Grand Paris est trop petit aujourd’hui pour faire face à la compétition internationale », souligne François Durovray (LR), président de l’Essonne. Autre argument : « De par son périmètre, aujourd’hui la Métropole crée un nouveau périphérique. Elle devrait bâtir des ponts et non pas des frontières, souligne Jean-Louis Thiériot, premier vice-président (LR) du conseil départemental de Seine-et-Marne. Les populations périurbaines et rurales ne veulent pas être des citoyens de seconde zone. »

« Il s’agit de réfléchir à quelle Métropole nous voulons, a conclu Patrick Devedjian. Pour ma part, je veux une Métropole ambitieuse qui a pour vocation de développer la croissance et de rayonner à l’international. Mais je veux également qu’elle soit solidaire et démocratique. Et pour tout cela, il faut revoir ses compétences, son périmètre et sa gouvernance. »

 

En savoir plus :

Lire la contribution commune