17/01/2018
 | Institution

Des vœux en défense des libertés locales

Les vœux communs des Départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines, mardi 16 janvier à La Seine Musicale à Boulogne, ont affiché l’union des élus locaux contre le projet de suppression des Départements franciliens.

700 voeux2018
CD92/WILLY LABRE

Moins d’un mois avant une conférence des territoires consacrée à l’avenir du Grand Paris, les vœux communs des présidents des Yvelines et des Hauts-de-Seine ont été l’occasion de sonner la charge contre le projet – réputé « privilégié » par l’exécutif – de supprimer les Départements de la petite couronne et, à plus long le terme des autres Départements franciliens. Sur ce thème, comme sur celui d’une Métropole du Grand Paris étendue à la région, les sept présidents concernés font front commun. Christian Favier, président communiste du Val-de-Marne était ainsi présent mardi soir aux côtés de Patrick Devedjian et Pierre Bédier ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher, et la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse. Absents sur la scène de l’Auditorium, Marie-Christine Cavecchi (Val-d’Oise), François Durovray (Essonne), Jean-Jacques Barbaux (Seine-et-Marne) et Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis) se sont exprimés en vidéo.

« Les Départements ne se laisseront pas flouer par cette recentralisation à marche forcée, qui condamnerait à terme tous les élus locaux, tous les maires, à faire de la figuration ! », a déclaré Patrick Devedjian. Le projet prêté à l’administration préfectorale par la presse propose en effet de remplacer les trois Départements de la petite couronne par onze Établissements publics territoriaux, des entités créées avec l’actuelle Métropole du Grand Paris. « Est-ce vraiment de la simplification de remplacer trois Départements par onze « sous-Départements », s’est interrogé M. Devedjian. Est-ce cela la démocratie, remplacer les 138 conseillers départementaux de la petite couronne élus au suffrage universel par 1 263 délégués des communes ? On a beau tourner la question dans tous les sens, on se demande vraiment pourquoi on supprimerait un échelon qui marche, pour conforter ce qui ne marche pas… » « C’est nous qui assurons l’essentiel de l’investissement public, a renchéri Pierre Bédier. C’est nous qui organisons le service public de proximité. Nous le faisons à notre échelle, suffisamment grande pour être efficace, assez réduite pour ne pas perdre le sens des réalités que vivent nos concitoyens. »

Mainte fois repoussée, la conférence des territoires sur le Grand Paris qui doit permettre au président de la République de préciser son projet est désormais annoncée pour le 14 février. « Que l’on ne vienne pas dire que nous ne proposons rien, que nous sommes les tenants du statu quo, a conclu Pierre Bédier. Notre combat n’est pas celui du conservatisme. Avec Patrick Devedjian et les élus de nos conseils, nous portons le premier projet de fusion volontaire de deux Départements depuis la Révolution ! »